Samedi, tous dans la rue pour Steve, pour Zineb. Pour la vie.3 min

Il peut paraitre parfois vain de sortir dans la rue crier sa colère et son indignation face à un drame, face à une injustice. Mais nous n’avons pas d’autres choix. Car ne pas sortir, ne pas manifester, ce serait laisser s’installer un peu plus l’inacceptable dans nos vies. Laisser la mort s’installer partout.  Laisser l’injustice devenir la norme.

Steve Maia Caniço est mort noyé dans la Loire le soir de la fête de la musique.  Son crime ? Avoir dansé au delà de l’horaire “autorisé” par la préfecture.
Zineb Redouane est morte dans son salon le 02 décembre dernier. Son crime ? Avoir eu sa fenêtre ouverte pendant une manifestation de Gilets Jaunes.

Ces morts sont une honte pour la République. Une tâche qui ne s’effacera jamais dans l’histoire de notre pays. Car au delà des morts qu’ils ont causées, ce qui rend la chose encore plus affreuse et intolérable, c’est l’attitude du pouvoir et de toutes les structures capables à un moment donné d’offrir justice aux proches des victimes.

Aujourd’hui, l’État persiste à dédouaner totalement et sans aucune mesure l’ensemble des forces de police, des chaînes de commandement, de la préfecture et du ministère de l’intérieur pour ces deux drames. L’affaire Legay nous a montré qu’un procureur a volontairement menti pour “protéger” le président de la République. l’IGPN enchaîne les rapports totalement ubuesques dignes de régimes totalitaires n’acceptant pas la moindre remise en cause. 14 personnes sont tombées dans la Loire suite à la charge policière du 21 juin à Nantes. Comment accepter qu’un rapport de l’IGPN puisse conclure qu’aucun lien ne peut être établi entre cette charge policière et la mort de Steve ?

Aujourd’hui, la police des polices n’est qu’une coquille vide. La séparation des pouvoirs, un lointain souvenir. Ce qui se passe actuellement en France est particulièrement dangereux pour nous tous, et pourrait se révéler totalement mortifère à moyen et long terme. Si nous acceptons aujourd’hui que la pouvoir musèle la justice et les instances censées contrôler/punir les corps de l’État, que se passera-t-il quand ce pouvoir sera aux mains de personnes encore plus dangereuses ?

C’est pour cela qu’il ne peut y avoir qu’une réponse samedi face à cette situation : la mobilisation, la colère et la résistance. Pour honorer la mémoire de Steve mais aussi pour refuser cette nouvelle démocratie qui n’a plus rien de démocratique. Si nous ne nous levons pas aujourd’hui, nous courrons le risque de rester à genoux pendant des décennies.

Les Gilets Jaune ont soutenu depuis le lendemain de la fête de la musique les recherches autour de Steve. Ils se sont mobilisés pour maintenir la pression. Aujourd’hui, ils appellent à manifester pour que la vérité soit faite sur les conditions de la mort de Steve. Et que justice soit rendue.

Certains pourraient trouver que cette attitude relève de la récupération puisque Steve n’était pas GJ et qu’il participait “simplement” à la fête de la musique. Sauf que les GJ sont parmi ceux qui comprennent le mieux ce qui est en train de se jouer depuis plusieurs mois en France : le glissement totalitaire et ultra sécuritaire. L’attitude ultra offensive des forces de l’ordre, qui attaquent pour mieux se défendre. Le principe du présumé coupable par simple présence sur un lieu.

Alors oui, les Gilets Jaunes sont révoltés par le drame de Steve. Et c’est tout à fait normal. Non, ce qui pose question, ce qui n’est pas normal, c’est que si peu d’autres citoyens (non GJ), ne descendent dans la rue et s’opposent à cette nouvelle France où l’on peut mourir pour avoir été à la fête de la musique. Où l’on peut mourir pour avoir ouvert sa fenêtre.

C’est toute la société qui devrait être mobilisée et révoltée : les syndicats, les partis politiques, les ONG, les associations, le monde de la culture.  Et tout un chacun.

Alors samedi, plus que jamais, soyons tous dans la rue, à Nantes, à Paris et partout ailleurs. Pour Steve, pour Zineb, pour la vie.