JOURNÉE DE LUTTE DANS L’ENSEIGNEMENT SUPÉRIEUR5 min

Report de cette journée par Lille Insurgée
Partout en France, depuis quelques semaines, un mot tournait. Le 5 mars, l’Enseignement Supérieur et la Recherche (ESR) s’arrêtent contre la Loi de Programmation Pluriannuelle de la Recherche (LPPR), qui va précariser l’enseignement et la recherche dans le supérieur ; la réforme des retraites et plus récemment le 49.3.

À Lille, aujourd’hui, nous pouvons dire que l’ESR s’est arrêté.

🔸 LILLE 2

Ce matin, pour le 3ème jour consécutif, la fac de droit de Lille était bloquée dès 6h30. Une immense banderole a été déployée sur la façade du campus.

Vers 8h15, la sécurité du campus a réussi à ouvrir une entrée où les étudiant.e.s se sont engouffré.e.s pour aller en cours.
Rapidement, les personnes mobilisées ont vidé les salles de cours de leurs chaises et leurs tables pour empêcher la tenue des cours.

Aucun de ceux-ci n’a pu être assuré dans de bonnes conditions. Les personnes mobilisées à l’aide d’une sono crachant du rap, de la techno et du rock, ainsi que de multiples slogans, ont perturbé l’ensemble du campus. Pour que, une fois au moins, un jour au moins, le corps universitaire entende la sonnette d’alarme tirée depuis bien longtemps.

Vers 10h30, les personnels, enseignant.e.s et étudiant.e.s ont procédé a une cérémonie d’enterrement de l’ESR. Les témoignages se sont succédés pour dénoncer les politiques des gouvernements successifs visant à brader l’université et une déambulation avec un cercueil a donné corps à cette cérémonie.
Ils/elles ont ensuite jeté leurs outils de travail, majoritairement des plaquettes de TD, sur le parvis du campus. Une image rappelant le jet de robe des avocat.e.s et de blouses des personnels hospitaliers.

À 11h30, les personnes sont allées au Restaurant Universitaire (RU) du campus pour une opération RU gratuit.

Le campus a fermé ses portes à 16h. La direction craint alors qu’une manifestation n’y ait lieu. Une rumeur plus ou moins fondée puisque un rassemblement prévu à 16h30 a eu lieu au siège de l’Université de Lille.

🔸 LILLE 3

Dès le début des cours, le ton était donné à Lille 3, campus Pont de Bois.

Avant 8h, un barrage filtrant était organisé à l’entrée du campus.
Le fonctionnement normal de l’établissement a ensuite été perturbé sur l’ensemble de la matinée. Les manifestant.e.s interviennent, amphi après amphi, pour expliquer les raisons de leur mobilisation.

Des tags ont fleuri dans les bâtiments et une centaine de personnes ont participé à un « Die In ».

Le doyen du campus a convoqué une réunion plénière qui s’est rapidement transformée en assemblée générale de plusieurs centaines de personnes.

Le campus aseptisé depuis plusieurs années semble se réveiller brutalement. Et ça peut faire mal.

🔸 LILLE 1

À Lille 1, une assemblée a réuni plus de 150 personnes. Les personnes se sont ensuite dirigées à Porte de Paris pour la manifestation.

🔸 Sciences-Po Lille

À l’IEP aussi, étudiant.e.s (et professeur.e.s) se mobilisent. Le blocage, décidé en AG ce lundi, est concrétisé à partir de 6h30.

Malgré la pluie battante, bonne ambiance et petit déjeuner sont au programme. Seule la présence policière vient gâcher quelque peu la fête. À partir de 9h, le directeur et l’administration, appuyés par la police, viennent négocier avec les bloqueur.se.s pour que celleux-ci laissent entrer le personnel administratif. C’est finalement le cas, mais aucun cours n’aura lieu et aucun prof n’entrera.

Vers 11 heures, les forces de l’ordre, à défaut de pouvoir débloquer l’établissement, profitent du calme ambiant pour réaliser quelques contrôles d’identité.

🔸Manifestation

La manif a débuté à 14h30, porte de Paris. Plusieurs milliers de personnes étaient présentes sous la pluie battante.

Le parcours déclaré, et toujours aussi merdique (JB Lebas, Solférino, Brûle-Maison, Rue des Postes, République) et la drache n’ont pas découragé les foules bel et bien présentes.

Mais au milieu de la rue Brûle-Maison se déroule une scène incroyable. La police charge frontalement au cortège après un petit gazage (à la grenade) sans sommation sur l’avant du cortège. Un face à face, bouclier contre parapluie se met en place, sur le parcours pourtant déclaré. Le camion de la CGT est juste quelques mètres derrière.

La foule est dense, la pluie bat, les corps sont serrés, mais la flicaille n’hésite pas à gazer et donner des coups de matraque. Plusieurs personnes sont blessées à la tête, dont deux avec plaie ouverte.

La CGT, accompagnée des habitué.e.s du cortège de tête, pousse. La police finit par reculer.

La manifestation reprend son cours, au rythme de slogans lancés par le camion-plateau de la CGT, repris, contre toute attente, par le cortège de tête. La Place de la République est rejointe dans l’incompréhension de l’événement précédemment raconté.

Quelques minutes plus tard, un groupe de 15 policiers et baqueux procèdent à une interpellation d’une personne rue Lydéric (entre Répu et la Porte de Paris). Arrivant en courant (depuis Répu !), les somment aux passant.e.s de dégager avec véhémence.

🔸 Siège de l’Université de Lille

Après la manifestation et toujours sous la pluie, plusieurs dizaines d’enseignant.e.s, personnels et étudiant.e.s de l’Université de Lille se rassemblent au siège administratif de leur lieu de travail, rue Paul Duez. Quelques chansons, quelques slogans. L’ambiance est joyeuse pour dénoncer les politiques de la présidence de l’université et pour demander le retrait de la LPPR.

🔸Soirée de soutien à Lille 1

À 19h30 se tient une soirée de soutien au mouvement social à la MDE de Lille 1.
Un moment de fête nécessaire après cette journée de plus de 13h de lutte.

Demain est à nous, alors à demain.

Crédit photo : Lille Insurgée, Lisa Giroldini, Clara Guillard.