Comment reprendre nos rues

En dix mois, le mouvement des Gilets Jaunes a réussi à de nombreuses reprises à surprendre : le pouvoir, la police, les médias, l'opinion. Voire les GJ eux-mêmes. Au delà de la détermination et d'une féroce envie de changement, ce qui a véritablement changé la donne du paysage des luttes sociales en France, c'est cette réalité nouvelle d'actions totalement décentralisées et autonomes. Des blocages, des occupations, des manifestations, des débordements. Tellement de possibles qui n'existent plus dans l'univers normé des syndicats, partis d'oppositions, ONG et autres structures bien établies.

En cette rentrée 2019, le champ des possibles semble encore très vaste. Bien plus vaste que le pouvoir et les médias le présentent. Mais pour réussir à déborder à nouveau, et peut être encore plus fort, il est nécessaire de réfléchir à des stratégies de lutte, que ce soit pour des manifs à venir ou d'autres types d'actions. Voici quelques pistes et réflexions, qui ne demandent qu'à être complétées et enrichies. Précision importante : ces pistes se placent dans une optique clairement insurrectionnelle, voire révolutionnaire. Puisque tant de GJ (et d'autres citoyens) le clament et l'espèrent depuis plusieurs mois, osons réfléchir à la chose de façon posée. Une sorte de manuel pour "agir en primitif et prévoir en stratège", comme le préconisait le poète et résistant René Char.

LA FORCE DU NOMBRE

Cela a toujours été le cas mais c'est depuis quelques mois de plus en plus flagrant en France : il est important, voire primordial, d'être assez nombreux dans la rue pour réussir à proposer des actions réellement dérangeantes pour le pouvoir. Cela ne veut pas dire que toute manifestation massive est en soi une réussite. Les manif pour le climat ont montré ces derniers mois qu'on pouvait être des dizaines de milliers (voir plus) et ne pas déranger le gouvernement et les puissances économiques. En revanche, pour réussir à déborder un dispositif policier de plus en plus agressif, venant directement au contact, et de plus en plus mobile (avec les voltigeurs), il y a besoin de milliers de personnes.

Les moments où le pouvoir a vraiment tremblé ces derniers mois ont toujours été ceux où, dans la rue, le rapport de force tournait à l'avantage des GJ en raison de leur nombre. Même en déployant des moyens humains et matériels énormes, la préfecture a été incapable de maitriser une colère lorsque celle ci était exprimée par des milliers de manifestants, à différents endroits d'une ville, pendant plusieurs heures.

L'exemple le plus frappant est sûrement celui de l'acte 23 (ultimatum 2). Suite à l'impuissance du pouvoir sur le premier ultimatum du 16 mars, la préfecture a monté un énorme dispositif pour éviter tout débordement. La page Ultimatum avait donné plusieurs lieux de rdv, au dernier moment. Les GJ s'étant rendus à ces rdv ont malheureusement pour eux été cueillis par des dizaines de CRS. Rien n'a été possible. Sauf que ce jour là, le nombre de GJ à Paris était si important qu'une grosse manif "déclarée" s'est élancée de Bercy. Là encore, la pref avait prévu le coup et décidé de couper la manif en plusieurs mini cortège, pour mieux les contrôler. Mais cela n'a pas fonctionné, tellement le cortège était massif et déterminé, au point de réussir à forcer plusieurs barrages policiers pour se regrouper.

Enfin, être très nombreux dans la rue, c'est aussi le moyen de protéger ceux qui sont décidés à agir (et pas forcément violemment, mais en désobéissance civile). Par leur présence, par leurs corps, des milliers de manifestants, même sans agir directement, peuvent ainsi aider à rendre une manifestation réellement offensive et gênante pour le pouvoir. C'est en ce sens que le cortège de tête est apparu il y a quelques années en France. On peut également prendre l'exemple de la révolte à Hong Kong, où la stratégie est poussée à un niveau hallucinant, et où les manifestants "de base" sont un élément essentiel pour les manifestants de première ligne.

L'un des enjeux majeurs des semaines à venir est donc de retrouver une mobilisation aussi massive (voir plus) qu'en novembre et décembre. Et c'est tout à fait possible. Quasiment aucune des personnes ayant participé à au moins un acte des GJ n'est aujourd'hui convaincu par l'action du gouvernement. Si certains ne descendent plus dans la rue, c'est plus par lassitude et/ou par peur (des violences policières et des arrestations) que par changement d'opinion sur la situation sociale et économique. Pire, le réservoir des résistants est sûrement encore plus grand qu'il y a un an. Chaque GJ peut s'en rendre compte autour de lui : qui est aujourd'hui satisfait de Macron et de son monde ? Qui n'est pas conscient de l'urgence climatique et sociale ? Chacun doit donc tenter de remotiver ses amis et ses proches de descendre dans la rues lors des prochains rassemblements.

PLAISIR ET IMAGINATION

Ce qui frappe aujourd'hui lors des manifestations GJ, c'est son côté répétitif et reproductif. A l'inverse, ce qui a fait le succès du mouvement, c'est sa capacité à créer, à innover dans l'occupation de la rue, de la ville. Des nouveaux chants, des nouvelles méthodes de déplacement, des blocages économiques inédits (ex : les Champs Elysées). Même le langage a été recréé et ne correspond pas aux habitudes des luttes sociales : on peut se moquer des "actes" se succédant, des "ultimatums", il n’empêche que les GJ ont créé leur propre calendrier, leur propre terrain de lutte et leur propre moyen de se rassembler. Quand ils ont occupé les ronds points, tout le monde trouvait ça étrange. Pareil quand ils ont investi des péages. Et encore pareil lorsqu'ils ont décidé de se retrouver tous les samedi dans les centre ville. Et lorsque de nouveaux chants sont arrivés, ce fut comme une petite victoire. La création d'un nouvel espace d'expression, d'échanges et d'exutoire.

Les puissants tentent depuis toujours de mettre des œillères à la population et lui faisant croire que rien n'est possible, si ce n'est d'exprimer sa colère à travers les élections ou les luttes institutionnalisées (syndicats, partis, ONG...). Alors que la réalité est toute autre. La vie est un immense terrain de jeux. La ville aussi.

Rien n'énerve plus le pouvoir que des personnes heureuses de lutter et de se retrouver. Les puissants font tout pour rendre les manifestations oppressantes alors qu'elles peuvent être des lieux de rencontres, de vies, de folies.. Tout ce qu'ils ne connaissent pas dans leur petite vie bourgeoise et confortable. Il importe donc de ramener de la joie, de la folie, du feu et de la vie dans la rue. Pour casser leur rêve de grisaille, pour se faire plaisir mais aussi pour donner envie à d'autres citoyens de nous rejoindre. Qu'ils comprennent que ce qui se joue dépasse largement une voiture ou une banque brulée. Que le cœur de la révolution n'est pas dans la destruction mais dans la rencontre, les complicités, l'échange et la construction.

MOINS DE TÉLÉPHONE, PLUS DE SOLIDARITÉ

Il est important d'avoir des photos et des vidéos de ce qui se joue dans les rues, notamment lors des moments les plus insurrectionnels, mais surtout lors de violences et dérives policières, pour témoigner de ces réalités que le pouvoir tente de cacher. Mais aujourd'hui, trop de personnes ont pris le réflexe de sortir le téléphone à la moindre poubelle brulée, pire, à la moindre charge policière. Ces personnes restent solidaires, et partie prenante du mouvement. Mais elles ne se rendent pas compte qu'en filmant avec leur téléphone, elles se sortent du reste des manifestants pouvant agir réellement. Elles sont présentes physiquement mais ne peuvent plus agir. Elles deviennent spectatrices. Combien de vidéos avons nous vues avec une personne malmenée par la police et que personne n'aide alors que des dizaines de manifestants filment la scène ? Il ne s'agit pas de juger et de donner des bons/mauvais points.

Chaque personne est libre de faire ce qu'elle veut, y compris en manif. Et il est tout à fait compréhensible de vouloir filmer un moment fort. Mais il faut tout de même analyser le phénomène de façon générale et voir ce que cela implique sur l'ensemble du rassemblement. Et avec ce point de vue, on ne peut que constater les méfaits de cette tendance et avoir conscience qu'elle profite au pouvoir puisqu'elle rend la manifestation moins offensive et moins solidaire. Sans compter que les vidéos constituent parfois des preuves utilisées contre les manifestants accusés de dégradations.

Il est donc temps de ranger son téléphone et de prendre activement part aux prochaines manifestations. Cela peut prendre des formes diverses : chanter, courir, taguer, faire des banderoles, donner des informations aux autres manifestants, proposer des actions. Tant de choses que le cerveau ne fait plus quand il vit la manif à travers l'écran d'un téléphone.

DIVERSITÉ ET RESPECTS DES PRATIQUES

Il est important d'interroger la place et le degré d'actes offensifs dans les manifestations se voulant insurrectionnelles. Cette question est très complexe et sensible puisqu'il n'appartient à personne de définir une limite précise dans la justesse morale d'actes offensifs. Nous refusons tous de valider le schéma imposé par la société qui voudrait que toute action illégale soit immorale. Il est acquis pour beaucoup qu'un Fouquet's qui brule n'est pas plus grave qu'un patron qui licencie pour augmenter ses profits. Mais dire cela ne veut pas dire que casser ou bruler est forcément pertinent pour la lutte et pour faire avancer la cause révolutionnaire.

S'il faut se garder de condamner un manifestant se prêtant à des dégradations, il ne faut pas non plus tomber dans le travers inverse qui valoriserait, de facto, toute dégradation ou acte violent. A certains moments, à certains endroits, dégrader du mobilier urbain, des boutiques ou attaquer les forces de l'ordre peut se révéler une erreur stratégique et faire le jeu du pouvoir.

La dégradation ou les violences ne sont en rien un marqueur pour jauger la réussite ou non d'une manifestation. Dans un sens comme dans l'autre. Ces actions offensives ne sont que des outils pour parvenir à des objectifs plus importants que les conséquences directes d'une voiture brulée ou d'une banque saccagée. Dans une société régie par l'image et par l'apparence, où le pouvoir ne tient que par l'illusion qu'il maitrise tout et qu'aucune alternative n'existe, ces actions offensives font sens quand elles participent à briser cette illusion. Cela fonctionne lorsque toute une partie de Paris semble hors de contrôle du pouvoir malgré les milliers de policiers et militaires déployés. Mais pour y arriver, il convient de créer les conditions propices à une telle situation.

Il faut aussi garder à l'esprit que l'offensive et la rébellion peut revêtir des formes très subversives sans être forcément violente. Des milliers de personnes qui vont sur le périphérique, sur les rails d'une gare ou occuper un ministère, cela peut faire tout aussi mal aux puissants.

Refusons donc de classer les manifestants entre violents et non violents. Seuls ceux qui craignent le changement ont un intérêt à cette séparation totalement artificielle. Cette classification (stigmatisation) est un simple outil de domination. La violence n'est pas immorale en tant que telle. Même les livres d'histoire nous vantent les mérites de résistants qui ont combattu le mal. Combattu au sens propre. Au sens violent.

S'ADAPTER EN TEMPS RÉEL

Face aux nouvelles stratégies de "maintien de l'ordre", avec des unités très mobiles et agressives, il est plus que jamais nécessaire que les manifestants se montrent très attentifs et s'adaptent au plus vite aux situations. . A Hong Kong quand le front policier devient trop chaud face à eux, les manifestants ne stagnent pas.Très vite, la manif se déplace ailleurs. Il est très difficile de décider de façon collective dans de telles situations, surtout dans un mouvement sans leader et totalement horizontal, mais cela fonctionne. Et souvent, il vaut mieux prendre une décision et "bouger" plutôt que rester statique de peur de faire une erreur.  Il faut également garder à l'esprit que parfois, l'affrontement avec les forces de l'ordre n'est pas du tout stratégique. Lorsque le rapport de force est clairement déséquilibré, il est parfois préférable de réfléchir à des solutions alternatives permettant aux manifestants de continuer à occuper l'espace, à bloquer, à être offensif. La police n'est pas l'objectif. C'est l'outil du pouvoir qui peut empecher d'atteindre des objectifs. Mais se focaliser sur eux empêche parfois de créer des moments sûrement bien plus beaux et constructifs pour la lutte.


21 Septembre : infos et liens utiles

Vous trouverez sur cette page toutes les infos et liens utiles pour préparer au mieux la journée du 21 septembre à Paris. Cette page est actualisée régulièrement.
Dernière actualisation : 19 septembre à 12h00

HEURES ET LIEUX DE RDV

Tous les GJ appellent à se rendre sur les Champs Elysées. Il ne devrait pas y avoir de déclaration.
Plus de 100 collectifs / organisations appellent les orgas du climat à une convergence avec le mouvement GJ.  Des actions communes seront peut être annoncées. Appel disponible ICI
Un événement appelle les GJ et écolos à se rassembler à 9h à Madeleine pour converger ensemble sur les Champs
La plupart des événements appellent à arriver sur les Champs à 10h !

Manifs Climats :

  • 13h : Rassemblement à Luxembourg pour la justice sociale et le climat (et non St-Michel comme annoncé initialement)
  • 14h : Départ de la marche. 0n ne sait pas encore dans quelle direction. Arrivée prévue aux alentours de 16h30...
  • 17 : action de désobéissance ?

Manifs retraites :

  • 13h30 : Trajet / parcours : départ à 13h30 de Duroc, face à l’hôpital Necker
    Duroc > Montparnasse > Place Denfert Rochereau.
    Un meeting se tiendra à l’arrivée, Place Denfert Rochereau.

INFOS PREFECTURE / RATP

COMMUNIQUE DE LA PREFECTURE (Cliquez ici)
En résumé :

Toute personne qui souhaitera approcher les champs (et d’autres zones) à partir de 4h du matin jusqu’à 19h, aura ses bagages et voiture fouillées et des agents procéderont à des palpations systématiques. Toute personne qui refusera, sera conduite à l’extérieur du périmètre et pourra voir sa voiture immobilisée et mise en fourrière. Évidemment, si des objets considérés comme « arme par destination » sont trouvés, les personnes pourraient être arrêtées et mises en garde à vue.

Ce dispositif est justifié par un niveau « très élevé » de « menace terroriste » indique la Préfecture de Police.

Tout indique une « bunkerisation » des zones centrales avec une forte présence policière (environ 8000 fonctionnaires sur le terrain). Les zones concernées:

- Rond-Point des Champs-Elysées,
- Avenue Matignon;
- Rue de Penthièvre, dans sa partie comprise entre I'avenue Matignon et la rue Roquépine ;
- Rue Roquépine ;
- Rue d'Anjou, à partir du boulevard Malesherbes, en direction de la rue du Faubourg Saint-Honoré;
- Rue de la Ville l'Evêque, à partir du boulevard Malesherbes, en direction de la rue d'Anjou;
- Rue Boissy d'Anglas ;
- Rue Royale :
- Place de la Concorde ;
- Avenue des Champs-Elysées, jusqu'au Rond-Point des Champs-Elysées.

Les points d'accès au périmètre, sur lesquels des dispositifs de pré-filtrage et de filtrage sont mis en place, sont situés :
- Rue du Faubourg Saint-Honoré, à hauteur de I'avenue Matignon ; - Pont Alexandre III, à hauteur du quai d'Orsay ;
- Rue de Miromesnil, à hauteur de la rue de Penthièvre.

De toute évidence, le système de sécurité sera similaire avec celui du mois de décembre 2018, quand des fouilles avaient lieu à chaque coin de rue de façon systématique, dans les « périmètres de sécurité ».

Attention : en raison de travaux, pas de RER B entre Gare du nord et Roissy Charles de Gaule toute la journée du 21. Pour plus d'infos, CLIQUEZ ICI

LIENS EVENEMENTS FACEBOOK

21 septembre - Mobilisation historique (23 000 personnes intéressées)
Acte 45 - Historique : La France entière à Paris (13 000 interessées)
Manifs Climat et Convergence - 20/21 septembre (4 500 interessées)
RDV Ecolo & GJ - Direction Les Champs (2 500 interessées)
La Nuit des barricades (2 700 intéressées)
21 septembre : Black Bloc welcome to Paris (2 700 interessées)
21 Septembre : Tous A Paris. Que La Révolution Commence ! (700)
21/09 Pink Bloc "I Will Survive" ! (150 interessées)
ACTE 45 : tous a paris RETOUR AUX SOURCE

Evenements par région :

Occitanie (3 400)
Bretagne (2 700)
Ile de France (2 000)
Le Grand Est (2 100)
Nouvelle Aquitaine (1 900)
Les Hauts de France (1 900)
Normandie (1 700)
Auvergne Rhone Alpes (1 300)
Bourgogne (900)
PACA (700)
Pays de Loire (500)
Centre Val de Loire (300)

LOGISTIQUE

Groupe fb Covoiturage / hébergement GJ France

CONSEILS

NUMÉRO DE LA LÉGAL TEAM : 07 52 95 71 11 (joignable sur Signal)
Appelle ou laisse un message, si tu assistes à des arrestations

AVOCATS :
Lucie Simon (Barreau de Créteil)

CONSEILS DE BASE EN CAS DE GAV :
- Demandez un avocat de la Legal Team (retenez un nom avant la manif)
- Demandez à voir un médecin
- "Je n'ai rien à déclarer" est un droit ! (et c'est votre meilleure défense, pour vous et les autres)
- Pas la peine de signer quoi que ce soit (aucune conséquence)
- Les flics mentent pour mettre la pression (ex : "Ton avocat.e n'est pas dispo, choisis un commis d'office", "Tu sortiras plus vite si tu parles/donne ton ADN/empruntes"...)
- Légalement tu es juste tenu de décliner ton identité
- Renseigne toi sur la signalétique (le refus d'ADN ou d'empreinte est une infraction, mais s’opposer au fichage généralisé est un acte politique qui peut établir un rapport de force au service d’une défense collective…)

Groupe légal Paris
Conseils en manif
Comment échapper au fichage (de la police et des hôpitaux)

Les 10 Conseils « Numérique » avant manif, par ordre de priorité :

1 Laissez si possible votre téléphone chez vous.
2 Supprimez les historiques des discussions sensibles SMS / Signal / Telegram / Mails.
3 Quittez les groupes les plus sensibles, que les flics n’aient pas accès aux messages futurs.
4 Chiffrez le disque dur de votre téléphone, ou vérifiez que c’est déjà fait.
5 Programmez un code de déverrouillage robuste (composé d’au moins 6 chiffres et lettres).
6 Programmez un code d’accès à Telegram différent du code de déverrouillage du téléphone.
7 Supprimez vos historiques de localisation sur Facebook / Google / Apple.
8 Supprimez les photos/vidéos sensibles compromettantes pour vous ou des camarades.
9 Éteignez votre téléphone dès que le risque d’interpellation est réel.
10 Refusez de donner votre code de déverrouillage du téléphone. Les dernières jurisprudences donnent raison.

ANALYSE DES ACTES 44 A NANTES ET LYON

Lire le CR de Nantes Révoltée : ICI

Ce qu’on note :
  • La Police est allée jusqu’à s’en prendre à un symbole fédérateur inoffensif : La construction collective d’un homard géant. C’est une guerre psychologique, le but : empêcher de mettre de la joie et de l’humour en manif. Seule manière de combattre ça : Multiplier les initiatives. Alors à vos ateliers !
  • Des moments de solidarité et de contacts rapprochés avec les cordons de flics ont permis de casser leurs lignes et de les mettre en échec. Autant dire que l’important dans ces moments là, c’est de prendre soin les uns des autres. Avancer tout en se rassurant. L’effet de masse est capital. Ceux de dernière doivent soutenir celles et ceux de devant.
  • Le surnombre d’effectifs policiers. Les tanks de la gendarmerie (VBRG) étaient même de sortie. On ne les avait pas vu à Nantes depuis l’expulsion de la Zad. Comment contrer cela : être plus nombreux et plus mobile ? En tout cas ne pas rester fixé là où les flics sont en position de force.

Lire le CR du Gueuloir pour Lyon : ICI

Ce qu’on note :
  • A Lyon le cortège a été encadré et dirigé dès le départ par une présence massive des flics. Le cortège avançant cadenassé n’a pas pu être rejoint. La manifestation a été étouffée. En cause : le manque de nombre de manifestants.
  • Dans ces cas là les pistes de reflexion sont, comment allumer des contre feux ailleurs, par d’autres manières. "sabotage, blocage, occupation, réquisition… sont tant d’outils à notre disposition ! »

« Attaque ton ennemi quand il n'est pas préparé, apparais quand tu n'es pas attendu » Sun Tzu

TEASERS VIDEO

 

CARTE DES LIEUX DE POUVOIR A PARIS


21 SEPTEMBRE : LE TEMPS DU RASSEMBLEMENT DES FORCES EST ARRIVÉ

21 SEPTEMBRE : LE TEMPS DU RASSEMBLEMENT DES FORCES EST ARRIVÉ

TRIBUNE. Plus que jamais nous devons tenter l'impossible. Les organisations se doivent de changer leur routine. Il ne fait plus aucun mystère que la politique néo-libérale de Macron est une attaque sans précédent de la vie et de la nature avec les moyens surdimensionnés de l'argent et de la violence d'Etat. Il ne suffira pas d'un jeu médiatique pour faire face à cela. L'écologie est déjà ce qui trace une limite entre les riches et les pauvres, entre ceux qui boufferont du homard bio et ceux qui boufferont du glyphosate, entre ceux qui pillent les ressources dans les pays du sud et ceux qui doivent en subir les conséquences. C'est de cette réalité que doit partir le combat écologique ! Alors le 21 l'écologie donne rendez vous sur les Champs Élysées !

21 SEPTEMBRE : LE TEMPS DU RASSEMBLEMENT DES FORCES EST ARRIVÉ
APPEL DE GJ ET COLLECTIFS EN LUTTE AUX ÉCOLOGISTES

Nous souhaitons envoyer un appel fort à toutes les organisations écologistes.

Pour l'instant, le 21 septembre à Paris il semble que GJ et marche climat vont manifester séparément. Les GJ ont prévu de monter de toute la France à Paris, et de manifester autour des Champs-Elysées. A l'autre bout de Paris, la marche climat est censée aller de Duroc à Place d'Italie. Nous ne voulons plus revivre ce scénario qui n'a permis aucune victoire le 8 décembre 2018 et le 16 mars 2019.

Nous rejoignons l'idée mentionnée sur la charte d'une de ces organisations écologistes, Alternatiba, selon laquelle il est nécessaire "d'unir tous ceux qui d'une manière ou d'une autre, par les alternatives ou les combats dont ils sont porteurs, contribuent, parfois sans le savoir, à préserver le climat".

Nous demandons à toutes les organisations écolos, jusqu'à présent frileuses ou inquiètes à l'idée de cette unification, de comprendre que désormais, seule une stratégie de décloisonnement pourra peser dans les combats sincères. Nous estimons que la situation écologique, économique et sociale va continuer à s’aggraver ainsi que les violences d’Etat et la répression. Les stratégies visant à diviser les mouvements sociaux doivent donc être réduites à néant par un rassemblement de forces inédit. Si nous avons échoué jusqu'à maintenant, c'est parce que nous sommes restés séparés.

Notre objectif est le même : construire une société, un environnement, un monde plus équilibrés, plus humains et plus justes. Il nous faudra rétablir la justice et la dignité de tous, entre et à l'intérieur des peuples. Les luttes écologistes et sociales ne peuvent donc se faire sans des mouvements comme celui des Gilets Noirs mais aussi bien d'autres.
Les luttes écologistes et sociales doivent s'allier à ces mouvements qui s'opposent à l'exploitation, à l'humiliation et à la chasse aux immigrés avec ou sans papiers ici, et, qui luttent contre le racisme et l'impérialisme de la France qui pille les ressources des colonisés là-bas.

"Fin du monde, fin du mois, même système, même combat" : nous l’avions écrit sur nos banderoles, maintenant, nous voulons l'application de ce slogan dans la rue.

Le 21 septembre, à Paris nous devons tenter l'impossible, il n'y a pas d'autre alternative ! Pas de division des forces, pas de désolidarisation dans les médias ! Compte-tenu de l'urgence, une simple "coexistence" des différentes tactiques ne suffira pas. Il est temps de mettre en œuvre une véritable coordination de nos tactiques, dans le respect des modes d'expression de chacun.

Il y aurait plusieurs manières de nous allier, et nous devons en décider ensemble. La principale contrainte est que les GJ comptent se rassembler spontanément autour des lieux de pouvoir, qui sont dans l'ouest parisien. A partir de là, plusieurs options sont envisageables pour le 21 : il pourrait y avoir une manifestation commune dans l'ouest parisien à un moment de la journée, ou alors les écolos pourraient rejoindre les GJ le matin sur les Champs-Elysées, puis organiser un départ commun vers la marche climat ? Quant aux GJ qui le souhaitent, ils pourront rejoindre la marche climat, mais elle a lieu très loin des Champs...

Autre proposition : un signal très fort, et très attendu par de nombreux GJ, serait que la marche climat du 21 septembre se termine dans l'Ouest parisien, aux alentours des Champs-Elysées. Cela ferait sens pour tout le monde de se rassembler à cet endroit, puisque c'est là que sont les lieux de pouvoir ! Une telle convergence serait assurément historique.

Une rencontre a déjà eu lieu entre GJ, collectifs en lutte et orgas écolos à Paris, actant ainsi le début de la prise de contact entre l'inter-orga climat et nous. Mais en l'état actuel des choses, la convergence en acte paraît très incertaine. Une future réunion est prévue et devrait être décisive. Aura-t-elle lieu ? Le temps presse. C'est pourquoi nous publions ce communiqué. Maintenant, prouvons-nous que nos discours d'unité sont sincères.

TOUS ENSEMBLE LE 21 SEPTEMBRE A PARIS !

Ce texte est ouvert à signature jusqu'au 19/09/2019, envoyez votre signature à l'adresse mail suivante : 21septembre-paris@riseup.net

Cette Tribune est publiée dans
Reporterre : https://reporterre.net/18483
Mediapart : https://blogs.mediapart.fr/les-invites-de-mediapart/blog/070919/appel-de-gilets-jaunes-aux-ecologistes-pour-une-marche-commune-le-21-septembre
Pétition à faire tourner : https://www.change.org/p/a-toutes-les-organisations-écologistes-appel-pour-le-21-septembre-le-temps-du-rassemblement-des-forces-est-arrivé/

Signataires :

- ACTA
- Action Antifasciste Paris Banlieue
- Action Crolles – 38 (Gilets Jaunes)
- Assemblée des Gilets jaunes d'Orléans
- Assemblée des Gilets Jaunes de Versailles 
- Association familiale laïque de Commercy
- Blocage 17 novembre Toulouse, page Facebook
- Cerveaux non disponibles
- Clap33 Bordeaux 
- Climat Social
- Collectif Défense jeunes du mantois
- Collectif écoféministes Strasbourg
- Collectif Peuple révolté  
- Collectif vert jaune Nancy 
- Comité Adama
- Comité Antifasciste Lyonnais 
- Désarmons-les
- Des Gilets Noirs en lutte
- Désobéissance Ecolo Paris
- Des rebelles "drapeaux noirs" d'Extinction Rebellion France
- Deep Green Resistance Paris - Île de France
- Emancipation, tendance intersyndicale
- Extinction Rebellion Bordeaux 
- Extinction Rebellion Boulogne
- Extinction Rebellion Brest
- Des membres de Extinction Rebellion Bretagne
- Extinction Rebellion Dinan
- Extinction Rebellion - Dernière occupation avant la fin du monde
- Extinction Rebellion Metz 
- Extinction Rebellion PACA
- Extinction Rebellion Rennes
- Femmes Gilets Jaunes Île de France
- Floraisons
- France en colère 08 (Gilets Jaunes)
- Fridays For Future Grenoble 
- Fridays for future Nice
- Frric (French Ric) Bordeaux 
- Gilets Jaunes Ancenis
- Gilets Jaunes Argenteuil 
- Gilets Jaunes Belleville
- Gilets Jaunes Brest Rebelle 
- Gilets Jaunes de Buchelay
- Gilets Jaunes Bulgneville
- Gilets Jaunes Chateaubriant
- Gilets Jaunes de Commercy
- Gilets Jaunes Donges
- Gilets Jaunes Enseignement Recherche
- Gilets Jaunes Gaulois d'Aurillac
- Gilets Jaunes de Gennevilliers
- Gilets Jaunes Gignac et alentours (Département Hérault)
- Gilets Jaunes Île Saint Denis
- Gilets Jaunes intermittent-e-s, chômeur-e-s, précaires
- Gilets Jaunes Longwy
- Gilets Jaunes Lyon, page Facebook
- Gilets Jaunes Montélimar
- Gilets Jaunes Montélimar-sud
- Gilets jaunes de Montreuil : 
- Gilets Jaunes Nancy Porte Sud
- Gilets Jaunes Nantes
- Gilets Jaunes de Nice
- Gilets Jaunes de Pantin
- Gilets Jaunes Paris-sud
- Gilets jaunes Pays de Retz
- Gilets Jaunes Place des fêtes
- Gilets Jaunes Poitiers
- Gilets Jaunes Rungis Île-de-France 
-  Gilets Jaunes Saint Avold
- Gilets Jaunes Saint-Ouen
- Gilets Jaunes Sarreguemines
- Gilets Jaunes Secteur Vallet
- Gilets Jaunes Toulouse, page Facebook
- Gilets Jaunes Toulouse en Action, page Facebook
- Gilets Jaunes Val de Marne (94)
- Gilets Jaunes Verdun
- Grève Jaunérale : Riposte Générale, page Facebook
- L'agora de Lutèce
- La Chapelle Debout ! 
- Le Collectif sans fin
- Le Peuple Uni, page Facebook
- Le Printemps du changement (GJ - Marche climat - Youth for Climate)
- Le syndicat ASSO-Solidaires, 
- L'équipe du facebook  Gilets Jaunes du 93
- Les Aindisponibles, page Facebook
- Les Amis du 17 Novembre
- Les cheminots de l’intergare 
- Les gilets jaunes : résistance (01), groupe Facebook
- Les Gilets Verts
- Les Marcheurs du Ric
- Les Sous-Marins Jaunes 
- Les Zafficheurs Jaunes Bordeaux 
- Maison du peuple de Saint-Nazaire et alentours (Gilets Jaunes)
- Maison du Peuple en colère, Saint Nazaire 
- Paris Blocage Résistance, page Facebook
- Plateforme d'enquêtes militantes
- Plein le dos, Collectif Gilets Jaunes
- Radiaction
- Rennes en Lutte pour l'environnement 
- Résistance Ecolo Reims
- Résistance Gilets Jaunes France
- RESOME
- Sanglier Jaune, automédia YouTube
- Sepanso Landes
- Sud Education Limousin
- Ultimatum Gilets Jaunes Occitanie
- Union Juive Française pour la Paix 
- Youth for Climate Paris
- Youth for Climate Brest

G7 : lettre des parents des trois allemands incarcérés

Mensonges de la police et entraves à la défense juridique, voilà comment s’est illustré le G7 des inégalités à l’encontre de tous ceux qui paraissaient suspects de venir perturber la plus autoritaire et inégalitaire réunion des chefs d’Etats. Trois jeunes allemands dorment aujourd’hui en prison avec des peines de 2 et 3 mois. La police leur a délibérément menti sur les disponibilités des avocats de la legal team en les poussant à prendre les commis d’office. Commis d’office incompétents qui ont par la suite refusé les garanties de représentation qu’avait à leur fournir la legal team. On se demande bien pour qui ces avocats travaillaient, la police ou leur client ?  Voici la lettre ouverte écrite par les parents de ces 3 jeunes. Elle a été traduite de l’allemand par le Collectif Auto Média Enervé. Nous pensons qu’elle doit massivement tourner et que ce cas doit permettre d’illustrer les nombreuses entraves à la défense que subissent quotidiennement les individus confrontés à une police qui ment de manière systémique.

« Mesdames et Messieurs, désespérés, nous nous tournons vers vous car nos enfants ont disparu en France dans des conditions juridiques douteuses.

Nos enfants ont disparu le mercredi 21/08/2019 alors qu’ils se rendaient au Pays Basque, au nord de l’Espagne. Ils faisaient partie d’un groupe d’environ 10 personnes qui s’y rendaient pour des vacances en camping. Le 23/08, une personne du groupe arrivé à destination en Espagne nous a contactés pour dire qu’un véhicule avec nos fils à bord n’était pas arrivé. Au début, on craignait un accident de la route. Cependant, un autre message d’alarme inattendu est arrivé : les 3 personnes ont été arrêtées à un poste de contrôle d’autoroute à Biarritz. L’arrestation par les forces de l’ordre a eu lieu suite au dispositif de sécurité mis en place à l’approche du G7 à Biarritz.

Depuis l’incident, 12 jours se sont écoulés – et nous en tant que parents avons jusqu’à présent peu d’informations officielles.

Divers médias (d’abord Die Welt, puis Süddeutsche, Spiegel en ligne, etc.) ont donné plus d’informations – notamment la description selon laquelle des armes (spray au poivre ou gaz lacrymogène – selon leur appartenance politique) et de la littérature de gauche ont été trouvés ; cela suffit évidemment en France pour accuser de « participation à un groupe en préparation d’actes de violence » puis pour condamner les trois. On peut se demander ce qui a conduit à cette condamnation à 2 et 3 mois de prison, si le transport d’arme a été pris en compte, même si ils ont été acquitté sur ce point. Jusqu’à présent, malgré de nombreuses demandes, nous n’avons aucun accès aux condamnés. Aussi, il n’y avait aucun choix de l’avocat, mais seulement un avocat commis d’office. Un jour après la condamnation, les trois hommes âgés de 18 à 22 ans ont été répartis dans trois prisons différentes. Selon les médias, l’une des prisons est surpeuplée et les conditions de vie catastrophiques pour les prisonniers.

Dans les médias plutôt de gauche (y compris Radio Dreyecksland), on a soutenu que les trois jeunes hommes figuraient sur une « liste » du BKA et que cette information avait été transmise à la police française (NDT : équivalent fiche S). C’est sur cette base qu’ils ont été interpellés. Jusqu’à présent, nous n’avons aucune preuve de cette thèse, mais il faut noter que personne n’a pris de position officielle à ce sujet. Le rédacteur en chef de Radio Dreyecksland figurait également sur cette liste et a été expulsé de France.

L’ambassade allemande a tout d’abord alourdi le problème en nous disant qu’il n’y avait aucune information ou que les détenus ne voulaient aucun contact, ce qui n’était pas du tout prouvé. C’était censé être le devoir de l’Ambassade de vérifier elle-même cette allégation par téléphone avec les détenus. Entre-temps, elle a tenté d’établir un contact, sans succès jusqu’à présent. À la demande du membre du Parlement, Sevim Dağdelen, le ministère des Affaires étrangères s’est assuré d’établir le contact avec les détenus, mais cela semble être possible uniquement par courrier et peut donc durer jusqu’à trois semaines. Aucun des trois ne parle français et aucun n’a actuellement d’avocat. Dans un article de presse, il a même été question d’utiliser des policiers comme interprètes. Très probablement, les détenus ne sont pas autorisés à téléphoner car aucun d’entre nous n’a reçu d’appel de leur part. Seules des lettres de celui de 18 ans nous sont parvenues.

La date limite pour s’opposer à cet absurde jugement expire le lundi 2 septembre 2019 et nous n’avons aucun moyen de fournir une assistance juridique à nos enfants car nous n’avons pas de contact et les autorités françaises ne coopèrent pas.

S’il vous plaît, aidez-nous, les parents des trois disparus.

Cordialement, Christa et Michael Müntnich, Diana et Alexander Kurtz, Angelika Kronawitter et Christof Meder. »

L'article du blog de Médiapart sur cette affaire : https://blogs.mediapart.fr/edition/eurojournaliste/article/030919/de-la-prison-ferme-pour-avoir-transporte-de-la-litterature-gauchiste


L'injustice de la justice

« Dans la vie mon p’tit bonhomme il y a les bons et les méchants. Les bons c’est les honnêtes gens, tu sais ceux qui respectent la loi. Ceux qui sont du côté d’la justice tu vois ! »

FAUX

C’est fabuleux d’avoir glissé à ce point. D’avoir réussi à ancrer dans nos petites têtes disponibles savamment vidées de tout sens critique que « Justice » et « Loi » marchaient main dans la main. La Loi c’est le cadre légal. C’est un éco-système de rédactions qui décident « pour le bien de tous » ce qui est autorisé et ce qui ne l’est pas. La Justice au sens noble du terme c’est ce sentiment d’équité, voir d’éthique, dans lequel une dualité ou un conflit trouve une issue équilibrée et saine « pour le bien de tous ». En tout cas, ce sont mes propres définitions.

Cette justice que nos lois ont tricotée viole à loisir la morale. L’Apartheid était légal, la ségrégation aussi. L’esclavagisme également, et aujourd’hui il a réussi à s’adapter et se nicher dans le respect de lois aux multiples formes insidieuses. Car au final qui écrit ces lois ? Qui, à l’intérieur des parlements, des palais et des meetings souffle à l’oreille de ces rédacteurs fantoches ? Quelles sommes, quelles menacent, quelles influences exercent ces siffleurs sur cette fameuse législation que nous chérissons tant, garant du « juste », garant du « bien » ?

La justice d’aujourd’hui, qu’on se le dise, est ce que le Viandox est à la viande : un ersatz bon marché. Puisque, comme partout, la qualité importe peu, pourvu que les marchés remportent tout. Seul compte l’argent dont s’abreuvent une poignée de dirigeants et d’actionnaires insatiables et le sentiment de pouvoir qu’il confère. Ce fameux « pour cent » que tant de gens haïssent mais pour autant jalousent. Si seulement cette colère pouvait servir à combattre un système injuste au lieu qu’ils cherchent à ressembler à leur élite nauséabonde, être calife à la place du calife. Triste ambition. Combat stérile.

Nul besoin de bons soldats lorsque l’on peut acheter les meilleurs avocats. L’argent appelle l’argent et se nourrit de lui même. Ravaler son vomi n’est pourtant pas délectable quand bien même on le couvre de feuilles d’or. Alors que le « bien de tous » a laissé place au « bien des premiers de cordée », la grande banderole des belles paroles est percée de mille failles grâce auxquelles il est légal d’empoisonner notre nourriture, de souiller notre air, ou de discriminer son prochain pourvu qu’il ne nous ressemble pas trop. Un "liberté, égalité, fraternité" bien moucheté.

Ces méchants terroristes et leurs délits illégaux ce sont des maires qui limitent l’utilisation de pesticides, des jeunes qui décrochent des cadres dans les mairies, d’autres qui dansent aux bords des fleuves ou aux fonds des bois, ceux qui manifestent sans autorisations, ceux qui aident des migrants en détresse à ne pas mourir noyés…  la liste est longue tant les points de rencontre entre morale et rentabilité sont faibles. La rentabilité ne pourrait-elle être que le fruit de l’exploitation de l’un sur l’autre ? Se pourrait-il qu’un monde où l’argent est roi soit injuste par nature ?

Cette justice de pacotille dont le maintien de l’ordre féroce cherche à tirer sa légitimité est un ennemi du « bien de tous ». La désobéissance civile est un outil de ce combat. Prenons conscience que la loi est parfois mauvaise et que quand la police défend ces lois, alors elle se trompe. Mais quand la police se trompe, elle ne s’excuse pas. Comme un petit enfant impuissant, frustrée de n’avoir ni les mots, ni l’esprit, elle tape sur ses petits camardes. Dans le respect de la loi.

Les lois ne nous respectent pas, pourquoi devrions-nous les respecter ?


Retour sur la polémique du Canard sur le contre G7

Dans son édition du mercredi 28 août, le Canard Enchaîné balance une bombe au sein du milieu militant altermondialiste. Une bombe qui ne fait qu'accentuer la fracture ouverte depuis le sommet du G7 à Biarritz. Selon le journal, les organisations du contre sommet auraient négocié avec la préfecture : “En échange d’une annulation de sept rassemblements de désobéissance civile, les responsables des deux groupes d’activistes locaux ont obtenu l’autorisation officieuse de défiler le dimanche dans Bayonne, lors de la marche dite “des portraits” (à l’envers), écrit le Canard Enchaîné. Selon le journal, c'est Laurent Nunez, le sous-ministre de l’Intérieur, qui aurait pendant des semaines fait le lien entre les organisations (notamment locales) et la préfecture.

Nous avons relayé ce mercredi matin la photo de cet article sur nos réseaux sociaux. Et nous n'avons pas manqué de souligner notre indignation. Si nous avons relayé si rapidement cet article, c'est qu'il vient d'un journal qui a prouvé depuis de longues années sa rigueur et son sérieux dans les enquêtes et dans les révélations.

Mais très rapidement, toutes les orgas visées dans l'article (directement ou non) ont rapidement fait part de leur stupéfaction de lire de telles accusations.  Raphaël Pradeau, porte parole d'ATTAC, dément ainsi catégoriquement : “À aucun moment nous n’avons dealé une annulation contre une autorisation (...). La marche des portraits n’a jamais été autorisée, et n'était pas organisée par la plateforme du contre G7”.  Rappelons qu'Attac n'était pas dans les organisateurs de la marche des portraits, organisée par Bizi, ANV-COP21 et Alternatiba. Sachant que ni Alternatiba ni ANV-COP21 n’étaient membres des 2 plateformes organisatrices du Contre G7.  C'est donc le mouvement basque Bizi qui semble le plus "visé" par les accusations du Canard. Et pour eux, ces accusations sont totalement mensongères. Leur communiqué est disponible ICI.

Globalement, toutes ces assos estiment qu'une source policière du Canard a volontairement menti pour diffuser une telle rumeur. Nous n'avons de notre côté aucune prétention à dire quelle version est la bonne. Ce qui est sûr, c'est que la situation est très grave. Soit la révélation du Canard s'avère véridique, et les conséquences de cet accord seront désastreuses pour l'ensemble des assos impliquées dans cet "accord secret". Soit il s'agit d'un mensonge volontairement diffusé par une source policière du Canard. Et là encore, il s'agit d'un acte très grave qui prouve que le pouvoir est prêt à utiliser toutes les stratégies, y compris illégales, pour nuire à une opposition, si grande et divisée soit-elle. Justement pour encore mieux la diviser.

Nous avons également pris contact avec plusieurs GJ présents au contre sommet le weekend dernier, notamment un des organisateurs du village GJ. Ce dernier pense qu'il est totalement impossible que Bizi ait pu collaborer de la sorte avec la préfecture, expliquant que ce n'est pas du tout dans la nature de l'association. Bizi avance même dans son démenti qu'ils étaient prêt à faire face à des arrestations et à gérer les procès qui en auraient découlé. D'autres GJ également actifs dans l'organisation du camp, qui ont particulièrement mal vécu les échanges et tentatives de collaborations avec les orgas plus installées, se disent que cela ne relève malheureusement pas de l'impossible.

Nous ne voulons absolument pas jeter de discrédit sur des associations. En revanche, une accusation aussi grave publiée par un journal comme le Canard ne peut pas être ignorée. Nous tâcherons donc de rester très attentifs et à l'écoute de toute nouvelle information amenant à y voir plus clair sur cette affaire.

Plus globalement, cette polémique révèle le principal échec de ce contre sommet ; elle touche là où ça fait mal et vient grossir un clivage existant entre les « « orgas » » autonomes comme les gilets jaunes et la plateforme. Depuis le début du contre sommet cette dernière n’a pas su s’organiser avec les AG, les initiatives et les actions qui émanaient spontanément des participants au camp résolus à ne pas jouer le rôle de moutons suivant le programme établi à l’avance. L’impression sur le camp était d’ailleurs que les associations altermondialistes faisaient leurs réunions de leur coté pendant que la vie du camp était constituée d’une énergie bien plus débordante et d’une logistique autonome en terme de cantines, de bar et de spontanéité organisationnelle, dont le défaut est peut-être de ne pas avoir assez pris ce contre G7 en main.

Le point de rupture avait déjà été atteint dimanche quand la plateforme du contre G7 décidait d’annuler les actions de blocage qui étaient prévues en 7 points, cédant ainsi à la pression policière. Pendant ce temps, des militants croupissaient en garde à vue pour rien vu que du coté des leaders en communication que sont les organisations de la plateforme on abandonnait soudainement toute combativité en démobilisant les troupes !

C’était le point d’orgue d’une rupture entre d’un coté les acteurs de la révolte qui dure depuis 10 mois sur les ronds points et dans les rues et de l’autre les organisations plateformistes.
Si l’article du Canard était vrai, ça viendrait plus que remuer le couteau dans la plaie, ça signerait la fin d’une entente entre ces organisations "citoyennistes" et les mouvements de révoltes de la rue. La trahison serait multipliée au carré.

Si cela était faux, ça signerait par contre la batardise ignoble de l’Etat qui vient une fois de plus s’infiltrer dans l’opposition politique qu’elle a face à elle. Signe des régimes totalitaires, mais signe aussi de ce que l’Etat a toujours été : une armée d’occupation de son propre peuple, prête à tout pour anesthésier les révoltes et semer la confusion dans ce qui remet en cause l’ordre capitaliste. Avec la découverte récente d’une indic' infiltrée depuis 9 mois dans l’organisation du contre G7, on sait que le gouvernement est prêt à tout, même aux pires coups bas. Cela ne serait donc pas étonnant que l’information du Canard Enchainé émane du ministère de l’intérieur et de Laurent Nunez qui était sous préfet de Bayonne de 2010 à 2012, même si disons le, ça serait une terrible nouvelle d’apprendre que le Canard se fasse avoir à ce jeu vu la confiance qu’on leur accorde jusque là.

Au delà de cette polémique la vraie question qui reste en suspens c’est de savoir si la révolte des rues, celle qui vient d’en bas, peut se combiner avec des organisations dont le but principal est de durer, voyant sur le long terme, avec des salariés et qui ne semblent jamais réussir à embrayer les mouvements insurrectionnels venant de la base. Leur a-t-on déjà vraiment posé la question : "Si les choses tremblent vraiment, maintiendrez-vous le système en place ou participerez-vous en tant qu’orga à l’insurrection ?" On aimerait des réponses sur ça à la place de discours convenus sur les luttes comme on a pu en entendre au centre des congrès du contre sommet de ce G7. La question est d’autant plus légitime qu’elle questionne ces organisations qui reprennent la culture militante et parfois révolutionnaire alors qu’en temps de crise elles sont pourtant plus enclines à savoir parler avec les autorités qu’avec la plèbe. Ce G7 en a été l’exemple. On peut aussi poser une question au sein de nos propres rangs : Même si on pense qu'il était important de marquer une implication gilets jaunes contre ce G7 des inégalités et de l'autoritarisme, est-il judicieux de nous brancher sur des manières de lutter qui ont 20 ans ?

Le bout de l'article du Canard Enchainé :

l'article en question du Canard Enchainé

PS : Nous vous rappelons que notre page Facebook est victime d'une censure depuis le début de notre présence sur le contre sommet. D’habitude caisse de résonance des gilets jaunes, média collaboratif qui accueille de multiples contributions, nous avons été et sommes toujours tenus muet par les algorithmes de Facebook.
On est conscient de l’emprise néfaste des Gafam et c'est pourquoi nous avons créer ce site. Mais on va pas se mentir, même pour les médias avec des plateformes hors Gafam, ce sont ces derniers qui leur apportent le plus de visibilité.
Toute aide sera la bienvenue! Nos liens :

https://www.facebook.com/cerveauxnondisponibles/
https://twitter.com/cerveauxnon
https://www.instagram.com/cerveaux_non_disponibles

https://www.youtube.com/channel/UCyZvhM3scPMcemgiNSv4UtA


La page Facebook de CND totalement déréférencée

La page Cerveaux Non Disponibles semble avoir été dans le viseur de Facebook : Censure ou "shadow banning" ? Une chose est sûre, pendant plus une grosse semaine, du 22 au 28 août inclus, notre page a totalement été "déréférencée" et a perdu la quasi totalité de son audience : 200 personnes touchées par post alors qu'on est habituellement sur une moyenne de 20 000 par post (avec des pics à 300 000). Le graph ci dessous est assez explicite :

Nous ne voulons pas crier à la censure. Mais forcément une baisse aussi violente de visibilité, rendant la page quasiement invisible, pile pendant la période du G7, cela interroge. D'autant que d'autres pages de médias alternatifs ont subi le même genre de "punition" de Facebook, aux mêmes périodes. C'est notamment le cas de Lille Insurgée, Auto média Toulouse ou Bretagne Noire. Nous serions curieux de savoir si des pages traitant de l'actualité sportive ou de cinéma ont aussi subit ce type de "bannissement" qui ne dit pas son nom ? Pendant ces 7 jours de disparition de notre page, nous avons notamment réalisé des directs vidéos au contre G7 mais aussi en Algérie et à Hong Kong. Des membres du collectif ont pris des risques pour couvrir ces événements pour que presque personnes ne voient leur couverture.

Nous avons essayé de savoir pourquoi cette baisse de visibilité, mais Facebook ne répond pas. Il est possible que cela soit un "simple" changement d'algorithme, ou une sanction suite à une enfreinte de droit d'auteur (nous avons eu un signalement pour la mise en ligne d'une vidéo de violence policière à Toulouse).

Ce qui est sûr, c'est que pendant une semaine, il a été très difficile (quasi impossible) d'informer les 100 000 personnes qui nous suivent désormais sur Facebook.

Désormais que notre page redevient (un peu) visible, la tentation serait de rependre le court normal des choses. Mais cela nous exposerait à de nouvelles situations de ce genre dans les semaines/mois/années à venir.

Nous allons donc tenter d'avoir une explication de Facebook, à la fois pour notre page mais aussi pour toutes les autres, qui pour le moment sont toujours dans une invisibilité quasi totale.

En parallèle de ces démarches, nous avons également besoin de vous pour tenter d'être le moins dépendant possible des décisions de Facebook :
- En choisissant l'option "voir en premier" sur notre page (cliquez sur "déjà abonné(e)" puis choisissez l'option)
- En allant régulièrement voir les dernières actu sur la home de notre page
- Mais aussi en vous abonnant à nos autres réseaux : Twitter / Youtube / Instagram
- En allant régulièrement voir notre site : www.cerveauxnondisponibles.net

Sachez enfin que nous réfléchissons à des alternatives pour devenir de moins en moins dépendants aux GAFAM. Mais que nous avons conscience qu'il est pour le moment difficile (voir impossible) de s'en passer pour réussir à vous atteindre !


Plan, Hebérgement, Legal team, News...

SYNTHÈSE PRATIQUE POUR LE G7 A BIARRITZ

Ici tu trouveras les principaux liens et ressources utiles pour le contre sommet du G7, de la carte interactive au point juridique en passant par l’hébergement.

Le G7 de Biarritz est particulier. Il intervient en France dans une situation historique où le mouvement des gilets jaunes aura réussi à durer tout l’Eté alors qu'il a commencé en novembre. Plus qu’un mouvement social, la révolte est générale et diffuse. Et il est fort probable que nous n'en soyons qu’au début. Il y a donc bien une crise, mais ce n'est pas celle des gilets jaunes, c'est celle du capitalisme et de la démocratie soit disant "représentative", incapable de représenter autre chose que les plus riches et s'octroyant pourtant la gestion du monde. Ce contre sommet vient donc affirmer une chose simple : ce n’est pas aux riches de décider de l’avenir de la planète. C'est à nous !

 

Le contre sommet se déroulera en 2 temps :

  • 21 au 23 août : Convergence, rencontres, ateliers, débats, conférences
  • 24 au 25 août : Actions, manifestations

HÉBERGEMENT, RESTAURATION

camp G7 Urrugne
plan du camp

Un camp est organisé pour accueillir des milliers de personnes avec restauration sur place
 : Route de La Corniche, chemin d’Anziola, Lieu Dit Bordaberry, 64122 Urrugne
Pour plus d’infos aller voir la fiche pratique : FICHE PRATIQUE GJ G7
source : https://gjg7contresommet.wixsite.com/gjg7/post/contre-le-g7-et-son-monde-du-19-au-26-ao%C3%BBt

TRANSPORTS

Attention du 23 au 26 le dispositif militaro-policier sera en mode armée d’occupation.
Les gares ferroviaires et routières (Biarritz, Bayonne) ne seront pas desservies, sauf Hendaye mais le TER ne fonctionnera pas, donc pas de transports publiques pour remonter sur Biarritz... Gares les plus proches Pau et Dax. Plus d’infos, notamment sur les axes routiers, dans le lien de la fiche pratique : FICHE PRATIQUE GJ G7
NB : Il y a encore des transports pas chers pour venir sur place. Check les internets !

Sur place, des navettes assureront le transport entre le lieu de vie et les sites ou se tiendront les activités du contre-sommet. Pour plus d’infos logistiques : https://alternativesg7.org/index.php/toutes-les-infos-logistiques/

synthèse pratique G7

1ER TEMPS : DISCUSSIONS, RENCONTRES, ATELIERS, CONFÉRENCES

- L’ASSEMBLÉE DU VILLAGE GILETS JAUNES

Propose 3 demi journées de travail la matinée de 9H30 à 13H pour réfléchir et construire des outils qui permettront à chaque groupe de gilets jaunes de s’unir dans l’action et la réflexion. Sur le camp. Plus d’infos : https://gjg7contresommet.wixsite.com/gjg7?

- CONTRE SOMMET ET VILLAGE DES ALTERNATIVES

Au centre des congrès Ficoba et à Hendaye : PROGRAMME CONTRE SOMMET
source : https://alternativesg7.org/index.php/le-programme/

- RENCONTRES INTERGALACTIQUES

Au port de Kaneta à Hendaye. Après avoir séjourné à la ZAD de Notre-Dame-des-Landes durant deux ans, l’Ambazada se posera cette fois-ci au Pays Basque. Au programme : construire l’autonomie des luttes des peuples et des territoires. Plus d’infos : https://cerveauxnondisponibles.net/2019/08/07/contre-g7-intergalactique-21-22-23-aout-a-hendaia/

 

2EME TEMPS : MANIFESTATIONS ET ACTIONS

Là, autant être franc, coté flic, tous les coups seront permis. Il faut s'attendre à tout, notamment des blocages pour empêcher de se rendre aux lieux de manifestations depuis le campement.

Samedi 24 : Manifestation contre le G7

Dimanche 25 : Actions

  • à 10H dans le centre ancien de Bayonne : la marche des portraits en présence de multiples portraits décrochés de Macron : https://bizimugi.eu/g7-appel-a-une-marche-des-portraits
  • Constitution de la zone arc-en-ciel autour de la zone rouge et bleu contre l’interdiction de manifester. Prise de 7 rond-points ou places autour de Biarritz (voir la carte interactive plus bas, logo haut parleur)

 

POINT JURIDIQUE

Une Legal Team s'est mise en place pour faire de la veille sur les violences policières et judiciaires (https://g7borroka.info/contacts-de-la-legal-team/). Le numéro de tel : +34 943 09 06 30. A contacter si :

  • tu es proche d'une personne interpellée
  • tu es témoin d'une arrestation
  • tu es victime ou témoin de violences policières
  • tu as des vidéos qui pourraient intéresser les avocat.es

Ici tu trouveras de l'information sur l'auto-défense juridique collective : https://rajcollective.noblogs.org/

 

UNE CARTE INTERACTIVE POUR S’Y RETROUVER

Pour se familiariser avec :

  • les lieux de conférences, débats, ateliers
  • de campement
  • d'actions, manifestations
  • les distributeurs de billets hors services (prévoir du cash)
  • les gares
  • les zones occupées
  • et même les lieux réquisitionnés pour les dortoirs des flics !


https://www.google.com/maps/d/viewer?mid=1gtBrvPXWq80uRmBsYuqooAyqOZLH41Ia&ll=43.47640539578181%2C-1.5292965596798922&z=13

POUR AVOIR DES NEWS DU CONTRE SOMMET

Sur la page facebook de Cerveaux non Disponibles et aussi sur un site spécialement conçu pour l'occasion : https://g7borroka.info


Faut-il soutenir toutes les révoltes ?

Depuis quelques jours, nous constatons une montée en puissance d'un discours condamnant ceux qui soutiennent de près ou de loin la révolte actuelle à Hong Kong. Pour ces personnes, soutenir les révolutionnaires de Hong Kong revient à soutenir les USA et toutes les puissances capitalistes. Face à cette équation basique et dangereuse, voici notre réponse.

Nous contestons l'adage selon lequel les ennemis de nos ennemis sont nos amis, qui se décline sur les amis de nos amis sont nos amis ou encore les ennemis de nos amis sont nos ennemis... L'histoire a montré que des puissances très différentes pouvaient s'allier ou s'affronter de façon opportuniste et stratégique. Se ranger au côté de toutes ces puissances (ou à l'inverse s'y opposer) n'a donc pas de sens.

Être contre le système ultra libéral en place aux USA (mais aussi en Europe) ne signifie pas prendre le parti inverse à chacune de leurs prises de positions. Il ne faut pas non plus penser que tout soulèvement qui a le soutien (ou juste la sympathie) des USA (ou même de la Russie, de la Chine ou de la Turquie) est un soulèvement réalisé par des personnes souhaitant adopter le mode de vie de ces pays. D'une part, c'est nier la diversité et la complexité de ces mouvements. Les révolutions les plus importantes surgissent souvent parce qu'elles embrassent une partie importante de la population, des franges aux intérêts et aux modes de vie très différents, réunis pour renverser le pouvoir en place. A Hong Kong, dans les manifestations de ces dernières semaines, des cadres très libéraux côtoient des anarchistes très loin des idéaux américains.  D'autre part, si certains de ces révoltés acceptent des aides (logistiques, financières, de communication) de puissances étrangères, cela ne doit pas être pris pour une allégeance à ces pays. La plupart des fois, il s'agit de prendre l'aide là où elle se trouve. Certains militants attirent l'attention sur le fait que le mouvement à Hong Kong ne remet pas en cause la propriété privée ni les dominations capitalistes. Si cela est grandement vrai, il y a tout de même une autonomie inventive qui décoiffe les révolutionnaires avec des techniques inédites qui se répandent dans la population. Comme pour les GJ, il y a là une base émancipatrice très intéressante avec de chaque côté, des bornes, dont certaines sont des lignes rouges et représentent un réel danger de contre-révolution qu’il convient de décrire et de combattre.

Il faut aussi garder à l'esprit que les prises de position des dirigeants politiques sur des révoltes dans d'autres pays ne sont parfois que des stratégies diplomatiques et médiatiques. Qu'un président chante les louanges d'une révolte à 10 000km de chez lui ne doit pas nous laisser penser qu'il en a la paternité ou qu'il y a contribué. Sinon, il faudrait considérer que Poutine et la Russie ont joué un rôle important dans le mouvement des Gilets Jaunes, discours qui a été utilisé en France par certaines personnes voulant discréditer le mouvement. Or tous ceux qui ont vécu de l'intérieur la révolte GJ savent que la Russie n'a aucun mérite à tirer de ce soulèvement.

Enfin, peut-être le plus important : qu'importe le nom du régime en place, un peuple qui se soulève et tente de renverser un pouvoir autoritaire qui musèle l'opposition et toutes formes de contestations a toute légitimité et doit être soutenu, dès lors qu’il ne constitue pas lui-même un autre autoritarisme. La lutte pour l'émancipation des peuples passe par la liberté d'expression. Un système, si social et ouvert soit-il, n'a pas de légitimité s'il empêche ceux qui le contestent de s'exprimer. Or, au-delà des différences idéologiques, l'histoire nous montre que très souvent, c'est l'exercice du pouvoir qui corrompt et c'est l'envie de rester au pouvoir qui pousse les dirigeants en place à devenir de plus en plus autoritaires, voire totalitaires. En Tunisie, Ben Ali avait beau se targuer de progrès sur différents aspects de la société, il n'en demeure pas moins qu'il était impossible de le critiquer. La révolution était donc légitime et nécessaire. Même si la situation aujourd'hui n'est pas idéale, faire chuter un tyran est toujours une victoire. Et il ne faut rien regretter. Tant que des tyrans dirigeront des pays, il faudra des révolutionnaires pour les destituer et leur faire payer le prix de leurs années d'oppression.

De l'extérieur, il ne nous appartient pas de distribuer les bons points et de dire quelle révolte est légitime et laquelle n'est qu'une récupération d'une puissance étrangère. Quand des milliers de personnes mettent leur corps en jeu, leur vie en jeu, pour renverser un pouvoir que l'on sait autoritaire, il nous incombe de soutenir, au moins moralement, cette quête de liberté et d'émancipation.

Alors oui, nous soutenons les manifestants à Hong Kong comme nous soutenons la révolte au Soudan, en Algérie ou même en Russie. Oui, nous avons soutenu les révolutions en Tunisie, en Égypte ou au Yémen. Nous n'y voyons aucune incohérence ni aucun renoncement à nos idéaux. Bien au contraire.


FRANCE, HONG KONG, RUSSIE : Les systèmes à visage découvert et à matraque sanguinaire

Ces trois pays vivent des mouvements de contestation pour faire entendre la démocratie et sont brutalement réprimés. On atteint un point de rupture dans plusieurs endroits du monde.

- Depuis plusieurs semaines à Moscou des dizaines de milliers de personnes sortent manifester dans la rue. Leurs slogans : « Honte », « Nous voulons des élections libres » sont lancés contre un Poutine qui n’accepte même plus un semblant de démocratie et éradique ses opposants. Résultats 1400 arrestations rien que pour la journée du 27 juillet. Mais une semaine après 50 000 personnes reprenaient la rue. C’est le plus gros mouvement de contestation depuis le retour de Poutine au Kremlin en 2012.

- A Hong Kong depuis le mois de Mai des manifestations massives ont lieu pour protester contre la loi d'extradition des citoyens vers la Chine. Le 9 juin, 1 millions de manifestants arpentent les rues. Le 16 juin c’est un record historique avec 2 millions de manifestants. Le 1er juillet les manifestants attaquent le parlement et l’occupent quelques heures. Le 5 aout Hong Kong est paralysé par une grève générale. Sur une pancarte on pouvait lire : « Pour le bien du futur de nos enfants, pouvez-vous faire la grève pendant une journée? » Ensuite, la tension est montée à un niveau jamais atteint dimanche 11 aout avec une police déchainée qui a attaqué brutalement les manifestants, allant jusqu’à les poursuivre dans le métro en leur tirant dessus avec des fusils lance grenades lacrymogènes. Une manifestante a perdu un œil. Malgré la violence qui augmente de la part de l’exécutif pour garder la main, les habitants montrent une grande solidarité avec les manifestants. Des dons organisés dans les métros ainsi que des mouvements pour repousser la police et protéger les manifestants sont fréquents.

- En France après 9 mois de mouvement des gilets jaunes la justice sociale, fiscale et écologique n’est toujours pas à l’ordre du jour du gouvernement. Alors que Macron est devenu ballon d’or de la répression policière dans le monde, la nécessité de démocratie directe se fait plus qu’urgente. A coté, les enseignants sont aux prises avec un ministre méprisant et autoritaire voulant transformer l’école en entreprise, les hôpitaux se battent pour ne pas transformer les patients en marchandise et avoir le temps de bien soigner, les jeunes voient venir un service national universel pour les endoctriner, les livreurs à vélo sont les esclaves des temps modernes, les écolos comptent les espèces qui disparaissent en voyant les rapports du GIEC méprisés par des politiques qui votent les accords de Paris en même temps qu’ils bousillent la planète pour le bien de quelques riches et enfin les gilets noirs lèvent la tête contre un système qui les considère comme des sous être humains, refuse des droits élémentaires et programme des migranticides en méditerranée. Et bien sûr toute contestation est réprimée.

Bienvenue au point de non retour, ce moment où les États ne tiennent plus que par leur police. Ce moment aussi où se dessinent des envies d’un futur en dehors des fausses oppositions et des fausses démocraties et surtout en dehors de la misérable politique qui nous a mené jusqu’ici.
Bienvenue aussi à celles et ceux qui rejoindront les luttes, à tous les complices d’un avenir meilleur.

PS : Savoir déterminer ce qu’on soutient dans chaque lutte contre l’autoritarisme sans être dupe des enjeux impérialistes qui existent derrière est d’une importance capitale pour la puissance des peuples et la clarté de nos alliances contre les idéologies qui veulent nous mettre au pas.