LETTRE A EXTINCTION REBELLION

Nous co-signons cette lettre ouverte rédigée par Désobéissance Ecolo Paris qui adresse à Extinction Rebellion les critiques sans concession et néanmoins porteuses d'alliances futures que les deux occupations, celle d'Italie 2 et celle de Place du Châtelet, n'auront pas manqué de soulever.

LETTRE A EXTINCTION REBELLION

Ami-e-s, camarades,

Lorsqu’une branche indépendante de XR s’est formée en France, nous avions quelques doutes vis-à-vis de votre mouvement.

Bien évidemment, nous avons été impressionné-e-s par l’ampleur des actions de désobéissance civile au Royaume-Uni, notamment les blocages spectaculaires et joyeux de monts à Londres. Nous avons observé l’enthousiasme naissant parmi les jeunes et les moins jeunes, ayant pris la décision de reprendre leur avenir, et celui de toutes les espèces vivantes, en main, afin de recréer du lien social là où il n’y avait auparavant que l’aliénation du monde marchand.

Toutefois, l’appel à se faire arrêter en masse—alors que la détention n’implique pas les mêmes risques pour tou-te-s—et la hiérarchie rigide du mouvement au Royaume-Uni nous interpellaient à juste titre et mettaient à mal nos convictions, ainsi que notre croyance en une horizontalité, inclusivité et intransigeance nécessaires pour un mouvement de révolte.

Cela n’empêche qu’au cours des derniers mois, vous ayant vu-e-s garder votre calme même lorsque vous avez été aspergé-e-s de gaz lacrymogène au visage, en étant assis-e-s tranquillement sur le Pont de Sully ; vous ayant côtoyé-e-s sur les lieux de nombreuses actions (et au camp d’été de XR*) ; et ayant lutté à vos côtés lors de la « Dernière occupation avant la fin du monde »: nous étions heureux-ses de devenir vos camarades.

Ce n’est donc pas en tant qu’adversaires, ou critiques acerbes tirant un plaisir particulier du fait de dénigrer tout ce qui ne leur paraît pas être assez radical, que nous nous adressons à vous aujourd’hui.

C’est plutôt en tant que celles et ceux, qui ayant noué des liens avec vous, sommes préoccupé-e-s par la tournure que pourrait prendre votre mouvement et qui, nous le craignons fort, enterrerait toute convergence réelle entre les divers mouvements sociaux se battant pour un monde plus juste et le mouvement écolo en France. Pourquoi des paroles si alarmantes, demanderez-vous ?

Malgré l’atmosphère festive des premiers jours de la Rébellion Internationale d’Octobre, certaines des attitudes militantes et de leursmodes de fonctionnement nous interpellent, voire nous indignent. Nous considérons essentiel que ces questions précises puissent être réglées sincèrement et de bonne foi, pour nous permettre de continuer à nous allier de plein gré et sans sacrifier nos principes contre la morbidité omniprésente.

Les voici :

Banalisation des violences policières
Commençons par ce qui nous semble être le plus grave.

Le week-end dernier, Ibrahima, un jeune de Villiers-le-Bel a trouvé la mort en percutant un poteau près du site d’une interpellation policière. Tous les faits entourant cette tragédie ne sont pas encore connus, mais des témoins parlent d’un camion de police lui barrant la route, ce qui l’aurait mené à perdre le contrôle de son véhicule.

Les jeunes des quartiers populaires et des banlieues ont profondément intégré la peur des forces de l’ordre. En effet, l’État (capable d’humilier en forçant à s’agenouiller 200 collégiens de Mantes-la-Jolie ; effectuant régulièrement des contrôles au faciès ; brutalisant des personnes racisé-e-s ;menant des rafles contre les sans-papiers) voit dans les populations non-blanches une catégorie dispensable contre laquelle toute violence est légitime, car elles sont considérées a priori coupables. Si les témoignages des jeunes de banlieue et des quartiers populaires ne suffisent pas, l’enquête anthropologique de Didier Fassin (« La Force de l’ordre ») montre que la violence des forces de l’ordre contre les habitant-e-s des banlieues s’exerce quotidiennement.

La police est donc une institution intrinsèquement violente. On ne peut même pas imaginer un début de convergence avec nos camarades racisé-e-s (Gilets Noirs, Comité Adama, ou autres collectifs ripostant à la violence raciste et xénophobe de l’État français) sans mettre en avant cette problématique.

A la suite des quartiers populaires, depuis 2016, c’est tout le mouvement social qui subit systématiquement cette répression armée. Rappelez-vous la loi Travail ; rappelez-vous les Gilets Jaunes ; rappelez-vous la dernière marche Climat. Les images d’une police déchainée, lançant grenades et flashballs au hasard dans la foule, ont fait et continuent de faire le tour du monde.

Pourtant, quelques jours après le puissant discours d’Assa Traoré devant l’Italie 2 occupé samedi dernier, après avoir vécu 17 heures avec des GiletsJaunes dans le centre commercial, nous étions profondément choqué-e-s, mardi matin, en découvrant l’image d’une banderole « uni-e-s contre toutes les violences » ; un soi-disant compromis entre la condamnation des violences policières et le deuil des policiers tués à la Préfecture la semaine dernière.

Dès qu’un policier décède, toute la France est en deuil. Dès qu’un-e jeune meurt sous les coups de la police, dès qu’un-e manifestant-e perd un œil, l’État sort des communiqués expliquant qu’il n’est jamais responsable. Et de la part d’un mouvement écologiste qui a trop vite oublié Rémi Fraisse tué sur la ZAD de Sivens par la gendarmerie en 2014 (dont le procès se tient à Toulouse ce 10 octobre 2019, avec la présence d’une cinquantaine de militant-e-s), un mouvement se voulant socialement inclusif mais qui refuse de reconnaître la souffrance et la rage des quartiers populaires, ou de se souvenir que certain-e-s ont été mutilé-e-s et incarcéré-e-s pour s’être rebellé-e-s pendant les Gilets Jaunes : pas même un mot, pas une pancarte commémorant Ibrahima et les autres victimes des violences policières ?

Plus généralement, se revendiquer « uni-e-s contre toutes les violences » est indécent et profondément violent.

Parce que, en mettant toutes les violences sur le même plan, vous affirmez (sans même forcément le vouloir) un principe d’équivalence entre toutes les utilisations de la violence. Ainsi, la « violence » que vous imputez aux autres méthodes d’action militante peut être comparée, en droit, selon vos dires, à celle d’une personne par quatre fois meurtrière.

Vitrines brisées et couteaux tirés sont donc mis en fin de compte dans le même panier. Ce qui est fort dommageable, en plus d’être fallacieux, vous en conviendrez. D’autre part, vous refusez d’observer des différences entre les utilisateurs de la violence. Violences conjugales et une femme accablée qui tue son compagnon abusif ? Même chose selon cette logique. La BAC qui matraque ; les CRS qui gazent ; la police qui embarque ; les gendarmes qui contrôlent au faciès ; qui frappent au faciès ; qui tuent au faciès ; et les habitant-e-s des quartiers dits « populaires » ou les manifestant-e-s qui se défendent ; qui ripostent ; qui s’énervent ; qui frappent : toutes ces formes de violence sont à évaluer strictement de la même manière ?

Violence invisible de la non-violence dogmatique
Il y a, dans le dogmatisme non-violent, une violence insidieuse – parce qu’inaperçue – qui se loge. Il s’agit de la même violence que celle qu’on oppose quotidiennement à tou-te-s les opprimé-e-s, celle qui se pense légitime. S’il semble aller de soi maintenant que l’État et ses structures de contrôle ont le « monopole de la violence légitime », il faudrait compléter ainsi ce lieu commun : les privilégiés et les dominants étendent sans cesse ce monopole en désignant – c’est-à-dire en dénonçant – ce qu’est la violence, à leurs yeux. Elle est le propre des « casseurs », des « agitateurs professionnels », de toutes ces personnes qui font tout sauf ce qu’on exige d’elles. Fondamentalement, est jugé « violent » tout ce qui échappe aux structures de contrôle.

C’est pourquoi la non-violence jusqu’au-boutiste et intolérante peut être dangereuse. Comme ce qu’elle prétend combattre, elle est excluante, méprisante, produite dans un environnement privilégié qui n’a pas affaire directement à la menace policière et à la machine infernale du monde social ; bref : elle en devient violente. Elle ne se renverse pas dans son contraire ; elle est son contraire, par nature, et ce sans le vouloir ni s’en rendre compte.

Et n’oublions pas que derrière chaque affirmation générale de ce genre,diluant les revendications de celles et ceux qui subissent des oppressions quotidiennes, se cache une invisibilisation des luttes : un faux compromis bâti sur la nécessité des opprimé-e-s de se taire à propos de leurs expériences vécues. Un « All Lives Matter » qui sert à taire « Black Lives Matter »; qui oublie que pour nos institutions sociales certaines vies comptent déjà plus que d’autres.

Et comment expliquer l’effacement du tag « Castaner m’a éborgné », sinon comme un crachat à la figure des classes populaires sortant dans la rue, depuis des mois, en gilet jaune ?

Le manque d’inclusivité du cadre d’action envers les classes populaires
Bien que l’on sache que les militant-e-s XR sont nombreux-ses et divers-es, certaines pratiques militantes paradoxales desservent radicalement la lutte. D’une part, il y a l’interdiction d’apporter de l’alcool sur les lieux des occupations prévues pendant la RIO. De l’autre, comme on a pu l’observer à celle du Châtelet, certain-e-s membres de XR boivent des coups, pendant la journée ou la soirée, aux terrasses des bars entourant la place. Loin de nous la volonté de chercher la petite bête, de décrédibiliser l’occupation ou de crier au loup.

On entend la difficulté de la tâche consistant à apaiser et à prévenir les tensions pouvant naître de l’ébriété. Cependant, honnêtement, comment voir dans cette dissonance autre chose que du mépris de classe ? Le consensus incluait-il aussi la mention « faites ce qu’on dit, mais pas ce qu’on fait » ? Ce sont ces petits détails, pouvant paraître insignifiants, qui creusent les écarts entre les êtres vivants et discriminent. Il ne s’agit pas là, il est important de le redire, de condamner, mais d’alerter. Les gilets oranges (c’est-à-dire les « peacekeepers ») de l’occupation, assurément, s’occupent plus souvent des propriétaires de canettes de bière que des autres consommateur-rice-s. À nouveau, c’est sourdement que la violence s’immisce.

De plus, un mouvement opposé à la marchandisation du vivant semble exercer dans ce cas précis une forme de privatisation symbolique d’une place auparavant publique : on nous interdit désormais d’amener ne serait-ce qu’une canette de bière sur la place du Châtelet, de la même manière qu’on nous y interdit de faire des tags.

Massification ou apolitisme ?
La question des tags (des inscriptions à caractère politique sur des murs, vitrines, ponts ou toute autre surface susceptible de devenir un espace d’expression libre lors de toute manifestation, même aux revendications modestes) en cache une autre : celle des écolos qui deviennent volontiers des policier-e-s au sein de leur propre lutte.

Sinon comment expliquer qu’on amène de l’acétone dès que quelqu’un ose marquer au feutre un message anti-police ? Comment expliquer que toute banderole faisant mention d’une écologie radicale ou de l’anticapitalisme se fasse censurer sous prétexte qu’il faille inclure tout le monde ?

Cher-e-s ami-e-s, on ne vous demandera jamais de remettre en question vos principes, d’abandonner des luttes non-violentes ou de remplacer vos mots d’ordre par les nôtres. Nous sommes aussi conscient-e-s de votre volonté explicite de convaincre le maximum de passant-e-s pouvant s’intéresser à votre mouvement et de parler à chacun-e se préoccupant de l’extinction en cours du monde vivant.

Cependant, ne pas accepter que lors de toute occupation joviale une diversité de paroles puisse foisonner, c’est refuser une liberté d’expérimentation politique en lui préférant une image policée, médiatiquement acceptable, au service d’une stratégie de com’.

Chacun des tags, chacune des banderoles qui ne comporte pas de logo, s’exprime en son nom propre. La place du Châtelet revit enfin et, même si vous êtes personnellement en désaccord avec les messages exprimés par certain-e-s, il est peu souhaitable de réduire la portée et l’ampleur de certains des slogans en les jugeant trop radicaux pour un-e citoyen-ne »lambda ». Aucune des paroles existantes ne peut être totalement inclusive. L’idée même de croire que nos revendications puissent être satisfaites par unÉtat exclut tout un pan de mouvements politiques. Ce n’est pas pour autant que nous allons remettre en question votre droit d’exposer publiquement vos revendications.

Car faire de la politique sans devenir politicien, c’est aussi accepter que, dès que l’on reprend collectivement le pouvoir en mains, certaines choses puissent déranger et certaines autres évoluer.

Une écologie du non-dérangement ?
Quelle révolte n’a pas dérangé les puissants ? Et quelle rébellion a déjà pu s’excuser auprès des grands pour avoir revendiqué certains droits ?

Loin d’encourager au « débordement » aveugle voire automatique, nous aimerions vous inviter à l’ouverture. En effet, quel est le sens d’une action de désobéissance civile, si – précisément – désobéissance il n’y a pas ? Concernant l’occupation de Châtelet, mis à part les travailleur-euse-s qui doivent contourner le pont, et peut-être quelques camions de livraison ou réapprovisionnement, il ne nous semble pas que les représentants de la puissance capitaliste auront aucun mal à dormir sur leurs deux oreilles cette nuit – et les nuits qui suivront.

Encore une fois, cette remarque n’appelle pas de ses vœux une utilisation aveugle et impensée des débordements énergiques, mais invite à remettre en question la façon dont le « consensus » non-violent veille à son propre respect – parfois de manière autoritaire. Cette autorité imposée, il est vraisemblable qu’elle protège les institutions du pouvoir capitaliste davantage qu’elle ne les inquiète. Plus encore, elle contrôle, règle et supervise ce qui est au départ pensé comme un acte de rébellion. Or, la rébellion – dans son sens le plus originaire – nécessite une belle dose de spontanéité, de créativité, de liberté. Des bals populaires, mais aussi des barricades. Des assemblées générales et des tags. Des rassemblements fixes et des manifestations spontanées.

Malheureusement, les cadres d’action consensuels entravent et répriment bien souvent la spontanéité de la révolte dans son élan sincère. (Chose amusante : le dictionnaire en ligne des synonymes indique, comme synonyme de « spontané », le terme « violent ».) Essentiellement, un « consensus » est consensuel, mou, couru d’avance. Passons déjà le fait que parler de « consensus non violent », ce n’est pas parler d’un consensus réel des gens sur place (sinon nous n’écririons pas ce texte), mais d’un « consensus » décidé en petit comité par les organisateurs.

La rue appartient à celles et ceux qui, dans toute leur diversité, la prennent. Il y a un risque qu’on doit prendre ensemble, celui d’une lutte vraiment anti-autoritaire où la vie collective n’est pas garantie par des « peacekeepers » (« gardiens de la paix » en français), mais s’élabore à tâtons, par expérimentations, par constructions de communs. Cela sera d’autant plus beau et intense pour celles et ceux qui se laisseront embarquer dans l’aventure. Plus qu’un mot ou un spectacle médiatique, la rébellion commence peut-être par changer les façons de vivre ensemble, ici et maintenant, sur la place du Châtelet.

Cabane gilet jaune place du Châtelet.
Quelques propositions pour fuir les lignes toutes tracées
Nous sommes loin d’être pessimistes. C’est précisément parce qu’on s’est nourri-e-s, ces derniers mois, des échanges qu’on a pu avoir avec vous, que nous nous adressons à vous aujourd’hui. Parce que nous croyons en la fluidité de votre mouvement, qui n’a pas acquis (et, nous osons l’espérer, n’acquerra jamais) les réflexes bureaucratiques permettant aux grosses organisations d’asseoir leur domination sur les luttes sociales et écologistes.

En plus, la place du Châtelet semble se populariser de plus en plus ces derniers jours, et la cabane nouvellement créée par des Gilets Jaunes en témoigne. C’est aussi pour cette raison que nous avons vu comme une urgence le fait de rendre ce texte public : nous croyons que ce n’est pas uniquement aux mouvements sociaux de faire un pas vers les écolos.

Sans compromettre vos actions menées jusque là, sans briser votre vœu de ne jamais devenir violent, nous voyons une convergence de luttes possible. Nous vous proposons qu’elle passe par : – Des occupations plus durables et plus spontanées ; ensemble, nous aurons peut-être les forces nécessaires pour prolonger nos actions au-delà de la temporalité stricte de la RIO et du périmètre un peu trop fixe auquel les forces de l’ordre ont l’air de s’être habituées : à nous tou-te-s d’essayer ! L’occupation d’Italie 2 le 5 octobre était un excellent début.

– Des actions de dénonciation des violences policières et carcérales ; le retrait de la banderole plus que maladroite « uni-e-s contre toutes les violences » ; et un appel au rassemblement en solidarité avec Ibrahima de Villiers-le-Bel et avec d’autres jeunes terrorisé-e-s par la violence étatique.

– Des invitations à d’autres mouvements sociaux pour qu’ils viennent vous rejoindre de manière plus durable sur place ; des réflexions concernant une ouverture des logements (squats) pendant la RIO, par exemple pour les personnes précarisées, les sans-abri ou les migrant-e-s.

– Regagner en bienveillance envers les personnes pouvant se sentir exclu-e-s par les règles d’action très strictes ; être plus flexible envers celles et ceux pouvant consommer de l’alcool sans poser de problèmes à soi ou à autrui.

– L’acceptation des militant-e-s souhaitant apporter leur pierre à l’édifice de la rébellion, à travers des modes d’action qui pourraient vous être étrangers, mais qui n’en sont pas moins légitimes : les barricades et les tags sont-ils réellement « violents », ou les concevoir ainsi ne serait-il pas une internalisation d’un discours d’État, qui souhaite incriminer notre contestation ? Encore une fois, vous n’avez pas à partager ces choix, mais uniquement à tolérer leur présence.

Bien amicalement,

Désobéissance Ecolo Paris

Co-signataires :

ACTA
Cerveaux non disponibles
La vérité pour Adama
Comité de Libération et d’Autonomie Queer


Appel à rébellion Rojava

APPEL À UNE RÉBELLION INTERNATIONALE POUR LE ROJAVA !

La région autonome du Rojava est depuis le 9 octobre la cible des bombes d'Erdogan. Trois jours après que Trump ait ordonné le retrait des Etats Unis de la région, le président fasciste de l'Etat turc a lancé une guerre contre les habitant.es du Rojava, celles et ceux la même qui au prix de milliers de vies avaient combattu Daesh et qui mènent une révolution au programme égalitaire, anticapitaliste, féministe et écologique.
Les pays occidentaux qui prétendent combattre le terrorisme les ont lâché au profit d'intérêts impérialistes et fascistes. Samedi 12 octobre à 14h, l’appel est lancé par la communauté kurde pour rejoindre les manifestations à Paris, Place de la République, mais aussi à Strasbourg, Tours, Bordeaux, Marseille, Nantes, Grenoble, etc (infos plus bas)

APPEL À UNE RÉBELLION INTERNATIONALE POUR LE ROJAVA !

Nous, collectifs écologistes, groupes de gilets jaunes, organisations syndicales, organisations nationales, occupant-e-s de la place du Châtelet à Paris, membres d’Extinction Rebellion, appelons à soutenir massivement le Kurdistan syrien envahi par l’armée turque depuis le mercredi 9 octobre. Les bombes qui pleuvent sur ce territoire nous concernent tous-tes.

Depuis 2012 cette région au nord de la Syrie jouit d’une indépendance de fait et d’une administration autonome. Une expérimentation politique unique s’y déroule, basée sur la démocratie directe, les assemblées locales, le féminisme, l’écologie, et la cohabitation des différents peuples. Malgré toutes ses imperfections, cette expérience représente une vraie alternative et mérite d’être défendue.

Les enjeux de cette guerre sont immenses. Depuis 2013, les combattant-e-s kurdes et arabes des « Forces Démocratiques Syriennes » ont été au premier plan de la guerre contre Daech. Les voilà maintenant totalement lâché-e-s par la coalition internationale, qui s’en prétendait pourtant alliée. L’Union Européenne, qui sombre dans des politiques de plus en plus xénophobes, cède depuis des années au chantage d’Erdogan au sujet des millions de réfugiés syriens en Turquie. Elle reste bras croisés parce qu’elle ne souhaite surtout pas accueillir ces millions « d’indésirables » qui sont confinés dans des camps en Turquie depuis des années.

Ceux qui sont menacés par les bombes turques au Kurdistan syrien, ne sont pas seulement les populations kurdes mais toutes les populations civiles de la région : arabes, syriaques, arméniennes, turkmènes, assyriennes, etc. C’est la possibilité d’une coexistence pacifique entre de nombreuses minorités ethniques et confessionnelles qui risque d’être détruite par des massacres, des déplacements massifs et un nettoyage ethnique.

Dans cette région du « Croissant Fertile » aujourd’hui soumise à la destruction écologique, cette guerre vise aussi à prendre le contrôle des ressources naturelles. En annexant ce territoire, la Turquie cherche à s’accaparer en particulier l’eau de l’Euphrate et également son pétrole. Nous sommes solidaires de l’appel à mobilisation internationale des volontaires de la « Commune Internationaliste », et de leur effort pour préserver les ressources naturelles et reboiser la région.

Nous n’oublions pas que l’expérience d’autonomie du Kurdistan syrien a surgi dans le contexte de la révolution syrienne de 2011, écrasée dans le sang dans le silence total de la communauté internationale. Elle est reliée aux vagues de soulèvements populaires des « Printemps arabes » en 2011. Depuis un an, cette vague internationale de révolte populaire a repris, en Algérie, au Soudan, en Irak, à Hong-Kong, en France et ailleurs. Nous en sommes profondément solidaires.

Nous dénonçons l’hypocrisie et la complicité des grandes puissances internationales. Si l’armée turque s’autorise à bombarder le Rojava, c’est parce que les États-Unis, la France, l’Allemagne et d’autres États le veulent bien. La gouvernement français est d’ailleurs complice puisque l’entreprise Thalès fournit du matériel optique pour les drones turcs et réprime le mouvement kurde en France. Des « conférences climat » aux « Conseils de sécurité », c’est la même hypocrisie géopolitique qui règne. Une hypocrisie sanglante qui mène à l’effondrement du vivant sur la Terre, et à la destruction de toutes les alternatives politiques à ce système capitaliste, patriarcal et raciste.

Nous exigeons de l’État français, l’Union Européenne et la communauté internationale :

• L’arrêt immédiat de la guerre menée par l’État turc
• La constitution immédiate d’une zone d’exclusion aérienne au dessus de la région
• La reconnaissance de l’autonomie de « l’Administration autonome de la Syrie du Nord et de
l’Est »
Nous appelons à une réaction immédiate partout en France :
• Rendez-vous jeudi 10 octobre à 18h à la place du Châtelet occupée à l’initiative Extinction Rebellion pour une AG extraordinaire d’information sur la situation et de préparation d’ actions.
• Appel à action/rassemblement massif vendredi 11 octobre à 18h devant le Ministère des Affaires Étrangères au 37 quai d’Orsay.
• Appel à rejoindre la manifestation Place de la République à Paris samedi 12 octobre à 14h à l’appel de la communauté kurde, mais aussi à Strasbourg, Marseille, Nantes, Grenoble, etc
• Appel à des actions simultanées partout en France vendredi 11 octobre et les jours suivants !
Nous appelons à une rébellion internationale partout dans le monde en soutien au Kurdistan du Nord de la Syrie :
• Nous invitons l’ensemble des pays où la « rébellion internationale » a lieu à prendre position en soutien au Kurdistan syrien
• Nous invitons à organiser des actions de solidarité partout dans le monde vendredi 11 octobre et dans les jours à venir
!

Strasbourg : ​Mercredi 9 octobre, 13h30, devant le Conseil de l’Europe et Samedi 12 octobre, 14h, place Kleber
Marseille : samedi 12 octobre, 14h, Canebière
Nantes : samedi 12 octobre, 16h, place du Commerce
Toulouse : mercredi 9 octobre, 18h30, Métro Jean Jaurès
Lyon, samedi 12 octobre, place, Bellecour
Bordeaux : Samedi 12 octobre, 14h, Place de la Bourse
Grenoble : Mercredi 9 octobre, 18h, place Félix Poulat
Tours : le samedi 12 octobre, 15h, place Jean-Jaurès

PREMIERS SIGNATAIRES :
- ACTA
- Association des communistes insoumis
- ATTAC
- Des participantes aux Bombes Atomiques
- Cerveaux Non Disponibles
- Collectif de solidarité avec les zapatistes Mut Vitz 13
- Fédération Sud PTT
- Front social 57
- Génération Climat
- Gilets jaunes de Chateaubriant
- Gilets jaunes de Commercy « canal historique »
- Gilets Jaunes de Saillans
- Jeunes écologistes
- Des Gilets Jaunes de Montreuil
- Des habitant-e-s de la ZAD de Notre Dame des Landes
- Peuple révolté
- Pour une Écologie Sociale et Populaire
- Plein le Dos
- Printemps du changement
- Revue Ballast
- Des membres d’Extinction Rebellion et occupant-e-s de la Place du Châtelet - Le Social Club
- Solidaires
- Sud Éducation 91
- Union Communiste Libertaire
- Union des Étudiants Kurdes de France
- UNL 38
- Vegan Corporation
- Youth for Climate IDF


NUCLÉAIRE : UNE BOMBE A RETARDEMENT ET UN ARGUMENT ÉCOLO MACRONISTE…

Les mensonges sont grands autour du nucléaire. Fausse indépendance énergétique française basée sur les pillages d'uranium en Afrique, institution construite sous tutelle des brevets américains de la firme Westinghouse, faisant de la France le pigeon des américains, voire l'éboueur expérimental de l’énergie atomique prêt à irradier sa population. C'est le parfait exemple d'une écologie macroniste ! Désastreuse, dépendante d’intérêts véreux et pourtant très orgueilleuse. Un chauvinisme très très mal placé le nucléaire...

Aujourd'hui en France, ce lobby puissant tente d'imposer sa poubelle nucléaire à Bure dans la Meuse. Une poubelle qui signifierait la validation et la prolifération d'une véritable bombe à retardement et que l'ingénierie ne sait même pas démanteler, mais dont on sait qu’un jour comme à Fukushima ou Tchernobyl elle nous pétera à la gueule.

La poubelle nucléaire de Bure cela fait depuis les année 90 que son projet existe. Pour s’imposer, l’Andra (L'Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs) a tout simplement sorti le chéquier pour acheter les consciences. Rénovation des trottoirs, nouveaux lampadaires, promotion des filières nucléaires dans les écoles environnantes. Autant de cadeaux qui ont séduit les maires peu scrupuleux, à la vision à court terme et plus avides de relations de notables que de préservation de l’environnement.

C’est le bois Lejuc qui a été désigné comme cible pour les forages à 500 mètres de profondeur afin d’enfouir les déchets. Depuis des années les militants anti-nucléaire et les simples personnes de bon sens défendent cette forêt. En 2016 la forêt est occupée, création de cabanes et installation d’un réseaux de lieux de vie viennent renforcer et donner sens à la maison de la Résistance, située à coté dans le village de Bure. Achetée quelques années auparavant par le réseau Sortir du nucléaire pour l’usage de la lutte, c’est un véritable lieu de passage et d’accueil. La lutte s’y est fortement organisée à partir de là avant de subir un harcèlement policier particulièrement intense. Là-bas la Gendarmerie travaille main dans la main avec le lobby du nucléaire afin de polluer et d’irradier une population sous prétexte de l’ordre public.

Pour autant la lutte est loin d’être finie, le nucléaire personne n’en veut chez lui et ailleurs c'est toujours chez quelqu'un d'autre ! Alors comme à Plogoff (mobilisation populaire qui a fait échouer un projet de centrale) il est encore temps de mobiliser les habitants et tous les soutiens pour faire tomber ce projet. L’année passée a été une année blanche, une phase dite administrative destinée à endormir la résistance. Mais maintenant que le Déclaration d’Utilité Publique pourrait être déposée avant fin 2019 il est temps de revenir à la charge !

Le week end du 27, 28, 29 septembre, se tiendra à Nancy « Vent de Bure », une grande mobilisation contre le projet d’enfouissement des déchets nucléaires, au programme : Bal, Ateliers, Manif. Une occasion pour aller à la rencontre de ce qu’il se passe là bas si vous n’y avez jamais mis les pieds ou si vous voulez y retourner. Concert vendredi soir et Manif le lendemain à Nancy (cour Leopold) la plus grande ville à coté de Bure. La matinée commencera dès 10H avec un grande assemblée des luttes Grand Est.

Événement Facebook

Page de la résistance : Bure à cuire

Site : https://ventdebure.com/

C’est l’occasion aussi de présenter cette longue interview fouillée de Lundi matin consacrée au nucléaire pour en apprendre beaucoup plus sur sa triste histoire et les luttes qui s’y sont opposées.


Paris tenu !

Ce 21 septembre était tellement attendu et porteur d'espoir qu'il avait toutes les chances d'être un grand défi. D'autant que le gouvernement avait saisi l'enjeu de ce rdv et s'était donné les "moyens" de faire échouer toute contestation. Et pourtant...

 

La matinée s'annonce difficile.  Comme prévu, le dispositif répressif est démentiel. 7 500 forces de l'ordre mobilisées, des barrages, des contrôles, des interpellations, des amendes.  La stratégie du pouvoir est simple : empêcher tout regroupement aux alentours des Champs Élysées mais pas seulement : son rôle n'est plus de protéger les manifestants, mais bien de leur faire peur en amont pour qu'ils ne viennent pas manifester. Certaines personnes se sont fait contrôler 5 fois en moins d'une heure, d'autres ont écopé d'amendes, pour regroupement non autorisé, alors qu'ils étaient cinq ou six, sans aucun gilet jaune ou matériel de protection ! "On nous contrôle à notre gueule de prolos". Il faut bien voir là que le simple fait d'une expression collective et prolétaire dans la "plus belle avenue du monde" est réprimée afin d'isoler et d'empêcher les revendications là où elles font sens. Ce sont petit à petit des mesures d'apartheid social qui sont mises en place. A quoi s'attendre quand l'Etat ne tient que par sa police ? (En fin de journée le bilan légal faisait état de 168 interpellations et 120 GAV.)

La stratégie d'étouffement et d’asphyxie sécuritaire est la même juste à côté, à Madeleine, lieu du premier rassemblement du jour, celui d'une convergence GJ et écolos et altermondialistes pour ouvrir le bal d'une journée épique. Le rassemblement avait été interdit par la préfecture, mais à l'instar de nombreux groupes, ATTAC et Solidaires, ont eu l'audace de maintenir l'appel à se rassembler pour aller en groupe sur les Champs. Évidemment, la police en aura décidé autrement. Après une évacuation de la place, les esprits étaient suffisamment chauffés et joyeux pour partir en sauvage vers Saint Lazare. Les "Paris debout soulève toi" retentissaient à nouveau dans les beaux quartiers. Sur le chemin, charges, gazages et dispositif furieux des voltigeurs ultra mobiles n’ont pas réussi à empêcher les manifestants de construire des barricades et de se diriger vers les champs.

La matinée sera ainsi faite de nombreux rassemblements improvisés, intuitifs, devenant des manifestations sauvages signant les premières alliances spontanées, prometteuses pour le reste de la journée. En effet dès l'évacuation de la place de La Madeleine par la police, c'est ensemble que Gilets Jaunes, Gilets Verts et sans gilets démontrent au pouvoir en place qu'il ne pourra défaire ce qui fait désormais "commun", la lutte, tous ensemble.

A ce stade il paraissait toujours incertain de pouvoir tenir dans ces quartiers et encore moins possible d'investir les Champs. Et pourtant... à force de détermination, plusieurs petits groupes de GJ ont réussi à franchir tous les barrages menant à l'avenue. Au fil de la matinée, le nombre de manifestants sur place ne cesse de grossir. Pour la plupart sans gilet, comme lors du 14 juillet, ils commencent à se regrouper et à chanter. A plusieurs reprises, les GJ arrivent à investir l'avenue et à couper la circulation. Difficile à compter, on peut tout de même estimer qu'entre 1000 et 2000 GJ auront réussi à investir l'avenue, mais il ne faut pas oublier que beaucoup plus de GJ étaient présents autour, invisibilisés par les flics qui n'ont eu de cesse d'essayer d'imposer leur terreur pour les tenir à l'écart. Ces manifestations sauvages, sur des Champs Elysées bunkérisés, sont un énorme pied de nez au dispositif militarisé et guerrier du pouvoir. Même face au surnombre, face au rouleau compresseur policier, il aura suffi d'un peu de détermination pour atteindre un des objectifs de la journée. Cela devrait inciter à être plus nombreux les prochaines fois... A seulement plus d'un millier de gilets jaunes, sans gilet, ils ont réussi à faire cela, quel exploit !  Et ressentir à nouveau ce sentiment de puissance collective dont le but est d'accéder à une justice sociale et climatique. Paris tenu !

Malgré les dizaines de milliers de blessés, d'interpelés et de condamnés, il reste encore de très nombreux Gilets Jaunes prêts à faire des centaines de kilomètres pour venir sur Paris et risquer des GAV (voire pire) pour pouvoir crier leur colère sur l'avenue la plus inaccessible d'Europe. Macron, Castaner et Lallement peuvent parader, il n'en reste pas moins qu'ils devraient s'inquiéter d'un tel constat. La terreur n'a pas maté la colère d'une partie du peuple. Bien au contraire.

L'autre réussite de ce 21 septembre, c'est la réelle convergence sur la marche pour le climat. Car, assez vite, face à la situation irrespirable des Champs, de nombreux GJ font tourner le mot d'aller au rassemblement de Luxembourg. Avant même le départ de la manif, de nombreuses personnes décident de se placer à l'avant, faisant ainsi renaitre le cortège de tête. Un cortège composé d'environ 2000 manifestants très divers mais où les chants GJ étaient massivement repris (par des manifestants avec GJ, avec Kway noir ou sans aucun signe distinctif). Dans ce cortège, de nombreuses personnes avec des pancartes pour le climat. Beaucoup de jeunes, des familles aussi.  On est donc bien loin de l'image d'un vilain Black Bloc ayant vampirisé la gentille manif climat. Non, toutes les personnes présentes, en tête de cortège ou à l'arrière, sont là pour un monde meilleur, pour un avenir plus juste et pour sauver la planète. Aussi cela fait bien longtemps qu'ils ont acté le fait qu'on ne peut plus attendre, plus se permettre de manifester gentiment derrière des services d'ordre. Et la quasi totalité a conscience que cela passe par un changement de système économique : aucune multinationale n'est écolo et aucune banque n'est populaire !

Alors oui, certaines des asso organisatrices n'ont pas vu d'un bon œil ces manifestants bigarrés et deter. Ils ont même tenté de laisser partir le cortège de tête devant pour se préserver d'éventuelles charge et gazage. Mais cela n'a pas marché, notamment parce que la violence de la première charge (suite à une vitrine de banque brisée) fut telle que des milliers de manifestants furent contraints de faire marche arrière, mêlant définitivement l'ensemble des personnes présentes !

Si certaines orgas comme Greenpeace ont rapidement communiqué pour appeler leurs militants à sortir au plus vite de la manifestation, car la sécurité n'était plus assurée, les autres ont eu l'intelligence de comprendre qu'il fallait condamné la répression aveugle et disproportionnée de la manif sans tenter de s'en désolidariser. Car si Greenpeace ne le savait pas, cela fait malheureusement plusieurs années que toute manifestation qui remet véritablement le pouvoir en cause, est rendue dangereuse par une Police qui a carte blanche et s'en prend à tous les manifestants, enfants compris...

Surtout, qu'importe les consignes, la très grande majorité des manifestants était décidée à rester débout et digne, à ne pas céder face à la terreur. Alors après un énorme reflux jusqu'à son point de départ, la manifestation est repartie vaillante ! Toujours joyeuse, avec des familles encore présentes et prêtes à affronter les gaz jusqu'à une certaine dose, mais pas moins déterminée. Alors que la préfecture s’enorgueillissait sur les réseaux sociaux d’avoir calmer les éléments violents, dans sa logique médiatique de cloisonner et de hiérarchiser les luttes, sur le chemin la réalité était tout autre. Barricades et manifs sauvages semblaient éclore d’un peu partout et ne pas affoler les cortèges massifs.

En fin de journée des groupes écolos ont réussi leur action secrète de la journée et ont posé une énorme banderole sur un pont parisien : "Macron Polluter of the word". Bravo ! Des groupes de manifestants étaient encore présents dans les rues de la capitale. Une manif sauvage à Bercy de plus d'un millier de personnes, plusieurs centaines au coeur du quartier latin rue Mouffetard, pendant que des groupes de gilets jaunes préparaient un retour aux Champs. Les gyros allaient dans tous les sens dans Paris. Police débordée ? En tout cas la convergence en acte leur a fait tourner la tête.

Ultime affront pour le pouvoir : le 21 septembre s'est continué en soirée et dans la nuit, avec une manif non déclarée initiée par les écolos mais allègrement renforcée par des gilets jaunes. Et quelques affrontements sur les Champs Élysées !

Si le pouvoir voulait casser la dynamique jaune et endormir la colère verte, il a surtout réussi à définitivement imbriquer les luttes en criminalisant tout mouvement tentant de près ou de loin de se solidariser avec les gilets jaunes. On retiendra qu'à seulement quelques centaines, les gilets jaunes ont réussi à investir les Champs en bravant la terreur imposée par la police et les interdictions politiques et qu'ensuite l'intelligence collective a permis une addition expérimentale entre une marche climat et un cortège de tête. Une question demeure, est-ce que ce mix amènera les écologistes à muter de l'indignation vers la révolte ? Ou se désolidariseront-ils comme la préfecture les y incite ?

Alors c'est sûr, le pouvoir n'a pas tremblé ce 21 septembre. Mais il n'a pas gagné non plus. Et à moyen terme, il a peut être perdu beaucoup. Car la stratégie du pouvoir conduit de plus en plus d'individus et de structures à adopter des méthodes de luttes plus radicales. Ce gouvernement a réussi à pousser des milliers de Gilets Jaunes à enlever leur gilet. Il a réussi à convaincre des citoyens à utiliser les méthodes de black bloc. Il a même poussé des associations bien installées comme Attac et Solidaires à assumer des appels à des rassemblements non déclarés et à rejoindre les Champs !

Car ce n'est pas les citoyens qui définissent le niveau de radicalité et d'illégalité de la lutte mais le pouvoir par sa façon de réagir à la contestation sociale. Les milliers de personnes qui se rendent en manif non déclarée ou qui se prêtent à des actions de désobéissance ne le font pas par amour pour l'interdit, mais parce qu'ils n'ont d'autres choix pour réellement faire changer les choses.

Ce qui s'est joué le 21 septembre pourrait donc s'avérer potentiellement explosif pour le pouvoir et pour ceux qui profitent de cette société injuste. Peut être bien plus néfaste qu'une banque brisée ou qu'un Fouquet's cramé.


Comment reprendre nos rues

En dix mois, le mouvement des Gilets Jaunes a réussi à de nombreuses reprises à surprendre : le pouvoir, la police, les médias, l'opinion. Voire les GJ eux-mêmes. Au delà de la détermination et d'une féroce envie de changement, ce qui a véritablement changé la donne du paysage des luttes sociales en France, c'est cette réalité nouvelle d'actions totalement décentralisées et autonomes. Des blocages, des occupations, des manifestations, des débordements. Tellement de possibles qui n'existent plus dans l'univers normé des syndicats, partis d'oppositions, ONG et autres structures bien établies.

En cette rentrée 2019, le champ des possibles semble encore très vaste. Bien plus vaste que le pouvoir et les médias le présentent. Mais pour réussir à déborder à nouveau, et peut être encore plus fort, il est nécessaire de réfléchir à des stratégies de lutte, que ce soit pour des manifs à venir ou d'autres types d'actions. Voici quelques pistes et réflexions, qui ne demandent qu'à être complétées et enrichies. Précision importante : ces pistes se placent dans une optique clairement insurrectionnelle, voire révolutionnaire. Puisque tant de GJ (et d'autres citoyens) le clament et l'espèrent depuis plusieurs mois, osons réfléchir à la chose de façon posée. Une sorte de manuel pour "agir en primitif et prévoir en stratège", comme le préconisait le poète et résistant René Char.

LA FORCE DU NOMBRE

Cela a toujours été le cas mais c'est depuis quelques mois de plus en plus flagrant en France : il est important, voire primordial, d'être assez nombreux dans la rue pour réussir à proposer des actions réellement dérangeantes pour le pouvoir. Cela ne veut pas dire que toute manifestation massive est en soi une réussite. Les manif pour le climat ont montré ces derniers mois qu'on pouvait être des dizaines de milliers (voir plus) et ne pas déranger le gouvernement et les puissances économiques. En revanche, pour réussir à déborder un dispositif policier de plus en plus agressif, venant directement au contact, et de plus en plus mobile (avec les voltigeurs), il y a besoin de milliers de personnes.

Les moments où le pouvoir a vraiment tremblé ces derniers mois ont toujours été ceux où, dans la rue, le rapport de force tournait à l'avantage des GJ en raison de leur nombre. Même en déployant des moyens humains et matériels énormes, la préfecture a été incapable de maitriser une colère lorsque celle ci était exprimée par des milliers de manifestants, à différents endroits d'une ville, pendant plusieurs heures.

L'exemple le plus frappant est sûrement celui de l'acte 23 (ultimatum 2). Suite à l'impuissance du pouvoir sur le premier ultimatum du 16 mars, la préfecture a monté un énorme dispositif pour éviter tout débordement. La page Ultimatum avait donné plusieurs lieux de rdv, au dernier moment. Les GJ s'étant rendus à ces rdv ont malheureusement pour eux été cueillis par des dizaines de CRS. Rien n'a été possible. Sauf que ce jour là, le nombre de GJ à Paris était si important qu'une grosse manif "déclarée" s'est élancée de Bercy. Là encore, la pref avait prévu le coup et décidé de couper la manif en plusieurs mini cortège, pour mieux les contrôler. Mais cela n'a pas fonctionné, tellement le cortège était massif et déterminé, au point de réussir à forcer plusieurs barrages policiers pour se regrouper.

Enfin, être très nombreux dans la rue, c'est aussi le moyen de protéger ceux qui sont décidés à agir (et pas forcément violemment, mais en désobéissance civile). Par leur présence, par leurs corps, des milliers de manifestants, même sans agir directement, peuvent ainsi aider à rendre une manifestation réellement offensive et gênante pour le pouvoir. C'est en ce sens que le cortège de tête est apparu il y a quelques années en France. On peut également prendre l'exemple de la révolte à Hong Kong, où la stratégie est poussée à un niveau hallucinant, et où les manifestants "de base" sont un élément essentiel pour les manifestants de première ligne.

L'un des enjeux majeurs des semaines à venir est donc de retrouver une mobilisation aussi massive (voir plus) qu'en novembre et décembre. Et c'est tout à fait possible. Quasiment aucune des personnes ayant participé à au moins un acte des GJ n'est aujourd'hui convaincu par l'action du gouvernement. Si certains ne descendent plus dans la rue, c'est plus par lassitude et/ou par peur (des violences policières et des arrestations) que par changement d'opinion sur la situation sociale et économique. Pire, le réservoir des résistants est sûrement encore plus grand qu'il y a un an. Chaque GJ peut s'en rendre compte autour de lui : qui est aujourd'hui satisfait de Macron et de son monde ? Qui n'est pas conscient de l'urgence climatique et sociale ? Chacun doit donc tenter de remotiver ses amis et ses proches de descendre dans la rues lors des prochains rassemblements.

PLAISIR ET IMAGINATION

Ce qui frappe aujourd'hui lors des manifestations GJ, c'est son côté répétitif et reproductif. A l'inverse, ce qui a fait le succès du mouvement, c'est sa capacité à créer, à innover dans l'occupation de la rue, de la ville. Des nouveaux chants, des nouvelles méthodes de déplacement, des blocages économiques inédits (ex : les Champs Elysées). Même le langage a été recréé et ne correspond pas aux habitudes des luttes sociales : on peut se moquer des "actes" se succédant, des "ultimatums", il n’empêche que les GJ ont créé leur propre calendrier, leur propre terrain de lutte et leur propre moyen de se rassembler. Quand ils ont occupé les ronds points, tout le monde trouvait ça étrange. Pareil quand ils ont investi des péages. Et encore pareil lorsqu'ils ont décidé de se retrouver tous les samedi dans les centre ville. Et lorsque de nouveaux chants sont arrivés, ce fut comme une petite victoire. La création d'un nouvel espace d'expression, d'échanges et d'exutoire.

Les puissants tentent depuis toujours de mettre des œillères à la population et lui faisant croire que rien n'est possible, si ce n'est d'exprimer sa colère à travers les élections ou les luttes institutionnalisées (syndicats, partis, ONG...). Alors que la réalité est toute autre. La vie est un immense terrain de jeux. La ville aussi.

Rien n'énerve plus le pouvoir que des personnes heureuses de lutter et de se retrouver. Les puissants font tout pour rendre les manifestations oppressantes alors qu'elles peuvent être des lieux de rencontres, de vies, de folies.. Tout ce qu'ils ne connaissent pas dans leur petite vie bourgeoise et confortable. Il importe donc de ramener de la joie, de la folie, du feu et de la vie dans la rue. Pour casser leur rêve de grisaille, pour se faire plaisir mais aussi pour donner envie à d'autres citoyens de nous rejoindre. Qu'ils comprennent que ce qui se joue dépasse largement une voiture ou une banque brulée. Que le cœur de la révolution n'est pas dans la destruction mais dans la rencontre, les complicités, l'échange et la construction.

MOINS DE TÉLÉPHONE, PLUS DE SOLIDARITÉ

Il est important d'avoir des photos et des vidéos de ce qui se joue dans les rues, notamment lors des moments les plus insurrectionnels, mais surtout lors de violences et dérives policières, pour témoigner de ces réalités que le pouvoir tente de cacher. Mais aujourd'hui, trop de personnes ont pris le réflexe de sortir le téléphone à la moindre poubelle brulée, pire, à la moindre charge policière. Ces personnes restent solidaires, et partie prenante du mouvement. Mais elles ne se rendent pas compte qu'en filmant avec leur téléphone, elles se sortent du reste des manifestants pouvant agir réellement. Elles sont présentes physiquement mais ne peuvent plus agir. Elles deviennent spectatrices. Combien de vidéos avons nous vues avec une personne malmenée par la police et que personne n'aide alors que des dizaines de manifestants filment la scène ? Il ne s'agit pas de juger et de donner des bons/mauvais points.

Chaque personne est libre de faire ce qu'elle veut, y compris en manif. Et il est tout à fait compréhensible de vouloir filmer un moment fort. Mais il faut tout de même analyser le phénomène de façon générale et voir ce que cela implique sur l'ensemble du rassemblement. Et avec ce point de vue, on ne peut que constater les méfaits de cette tendance et avoir conscience qu'elle profite au pouvoir puisqu'elle rend la manifestation moins offensive et moins solidaire. Sans compter que les vidéos constituent parfois des preuves utilisées contre les manifestants accusés de dégradations.

Il est donc temps de ranger son téléphone et de prendre activement part aux prochaines manifestations. Cela peut prendre des formes diverses : chanter, courir, taguer, faire des banderoles, donner des informations aux autres manifestants, proposer des actions. Tant de choses que le cerveau ne fait plus quand il vit la manif à travers l'écran d'un téléphone.

DIVERSITÉ ET RESPECTS DES PRATIQUES

Il est important d'interroger la place et le degré d'actes offensifs dans les manifestations se voulant insurrectionnelles. Cette question est très complexe et sensible puisqu'il n'appartient à personne de définir une limite précise dans la justesse morale d'actes offensifs. Nous refusons tous de valider le schéma imposé par la société qui voudrait que toute action illégale soit immorale. Il est acquis pour beaucoup qu'un Fouquet's qui brule n'est pas plus grave qu'un patron qui licencie pour augmenter ses profits. Mais dire cela ne veut pas dire que casser ou bruler est forcément pertinent pour la lutte et pour faire avancer la cause révolutionnaire.

S'il faut se garder de condamner un manifestant se prêtant à des dégradations, il ne faut pas non plus tomber dans le travers inverse qui valoriserait, de facto, toute dégradation ou acte violent. A certains moments, à certains endroits, dégrader du mobilier urbain, des boutiques ou attaquer les forces de l'ordre peut se révéler une erreur stratégique et faire le jeu du pouvoir.

La dégradation ou les violences ne sont en rien un marqueur pour jauger la réussite ou non d'une manifestation. Dans un sens comme dans l'autre. Ces actions offensives ne sont que des outils pour parvenir à des objectifs plus importants que les conséquences directes d'une voiture brulée ou d'une banque saccagée. Dans une société régie par l'image et par l'apparence, où le pouvoir ne tient que par l'illusion qu'il maitrise tout et qu'aucune alternative n'existe, ces actions offensives font sens quand elles participent à briser cette illusion. Cela fonctionne lorsque toute une partie de Paris semble hors de contrôle du pouvoir malgré les milliers de policiers et militaires déployés. Mais pour y arriver, il convient de créer les conditions propices à une telle situation.

Il faut aussi garder à l'esprit que l'offensive et la rébellion peut revêtir des formes très subversives sans être forcément violente. Des milliers de personnes qui vont sur le périphérique, sur les rails d'une gare ou occuper un ministère, cela peut faire tout aussi mal aux puissants.

Refusons donc de classer les manifestants entre violents et non violents. Seuls ceux qui craignent le changement ont un intérêt à cette séparation totalement artificielle. Cette classification (stigmatisation) est un simple outil de domination. La violence n'est pas immorale en tant que telle. Même les livres d'histoire nous vantent les mérites de résistants qui ont combattu le mal. Combattu au sens propre. Au sens violent.

S'ADAPTER EN TEMPS RÉEL

Face aux nouvelles stratégies de "maintien de l'ordre", avec des unités très mobiles et agressives, il est plus que jamais nécessaire que les manifestants se montrent très attentifs et s'adaptent au plus vite aux situations. . A Hong Kong quand le front policier devient trop chaud face à eux, les manifestants ne stagnent pas.Très vite, la manif se déplace ailleurs. Il est très difficile de décider de façon collective dans de telles situations, surtout dans un mouvement sans leader et totalement horizontal, mais cela fonctionne. Et souvent, il vaut mieux prendre une décision et "bouger" plutôt que rester statique de peur de faire une erreur.  Il faut également garder à l'esprit que parfois, l'affrontement avec les forces de l'ordre n'est pas du tout stratégique. Lorsque le rapport de force est clairement déséquilibré, il est parfois préférable de réfléchir à des solutions alternatives permettant aux manifestants de continuer à occuper l'espace, à bloquer, à être offensif. La police n'est pas l'objectif. C'est l'outil du pouvoir qui peut empecher d'atteindre des objectifs. Mais se focaliser sur eux empêche parfois de créer des moments sûrement bien plus beaux et constructifs pour la lutte.


21 Septembre : infos et liens utiles

Vous trouverez sur cette page toutes les infos et liens utiles pour préparer au mieux la journée du 21 septembre à Paris. Cette page est actualisée régulièrement.
Dernière actualisation : 20 septembre à 16h30

HEURES ET LIEUX DE RDV

Tous les GJ appellent à se rendre sur les Champs Elysées. Il ne devrait pas y avoir de déclaration.
Plus de 100 collectifs / organisations appellent les orgas du climat à une convergence avec le mouvement GJ.  Des actions communes seront peut être annoncées. Appel disponible ICI
Le rdv est fixé à 9h à Madeleine pour converger sur les Champs. ATTAC et Solidaires appellent à maintenir ce rassemblement malgré le refus de la préfecture. Appel disponible ICI.
La plupart des événements appellent à arriver sur les Champs à 10h !

Autres manifs Climats :

Manifs retraites :

  • 13h30 : Trajet / parcours : départ à 13h30 de Duroc  > Place Denfert Rochereau.

INFOS PREFECTURE / RATP

RATP :
Pour consulter la liste des stations de métro et RER fermées : https://www.ratp.fr/travaux-manifestations/manifestations

Préfecture :

COMMUNIQUE DE LA PREFECTURE (Cliquez ici)
En résumé :

Toute personne qui souhaitera approcher les champs (et d’autres zones) à partir de 4h du matin jusqu’à 19h, aura ses bagages et voiture fouillées et des agents procéderont à des palpations systématiques. Toute personne qui refusera, sera conduite à l’extérieur du périmètre et pourra voir sa voiture immobilisée et mise en fourrière. Évidemment, si des objets considérés comme « arme par destination » sont trouvés, les personnes pourraient être arrêtées et mises en garde à vue.

Ce dispositif est justifié par un niveau « très élevé » de « menace terroriste » indique la Préfecture de Police.

Tout indique une « bunkerisation » des zones centrales avec une forte présence policière (environ 8000 fonctionnaires sur le terrain). Les zones concernées:

- Rond-Point des Champs-Elysées,
- Avenue Matignon;
- Rue de Penthièvre, dans sa partie comprise entre I'avenue Matignon et la rue Roquépine ;
- Rue Roquépine ;
- Rue d'Anjou, à partir du boulevard Malesherbes, en direction de la rue du Faubourg Saint-Honoré;
- Rue de la Ville l'Evêque, à partir du boulevard Malesherbes, en direction de la rue d'Anjou;
- Rue Boissy d'Anglas ;
- Rue Royale :
- Place de la Concorde ;
- Avenue des Champs-Elysées, jusqu'au Rond-Point des Champs-Elysées.

Les points d'accès au périmètre, sur lesquels des dispositifs de pré-filtrage et de filtrage sont mis en place, sont situés :
- Rue du Faubourg Saint-Honoré, à hauteur de I'avenue Matignon ; - Pont Alexandre III, à hauteur du quai d'Orsay ;
- Rue de Miromesnil, à hauteur de la rue de Penthièvre.

De toute évidence, le système de sécurité sera similaire avec celui du mois de décembre 2018, quand des fouilles avaient lieu à chaque coin de rue de façon systématique, dans les « périmètres de sécurité ».

Attention : en raison de travaux, pas de RER B entre Gare du nord et Roissy Charles de Gaule toute la journée du 21. Pour plus d'infos, CLIQUEZ ICI

LIENS EVENEMENTS FACEBOOK

21 septembre - Mobilisation historique (23 000 personnes intéressées)
Acte 45 - Historique : La France entière à Paris (13 000 interessées)
Manifs Climat et Convergence - 20/21 septembre (4 500 interessées)
RDV Ecolo & GJ - Direction Les Champs (2 500 interessées)
La Nuit des barricades (2 700 intéressées)
21 septembre : Black Bloc welcome to Paris (2 700 interessées)
21 Septembre : Tous A Paris. Que La Révolution Commence ! (700)
21/09 Pink Bloc "I Will Survive" ! (150 interessées)
ACTE 45 : tous a paris RETOUR AUX SOURCE

Evenements par région :

Occitanie (3 400)
Bretagne (2 700)
Ile de France (2 000)
Le Grand Est (2 100)
Nouvelle Aquitaine (1 900)
Les Hauts de France (1 900)
Normandie (1 700)
Auvergne Rhone Alpes (1 300)
Bourgogne (900)
PACA (700)
Pays de Loire (500)
Centre Val de Loire (300)

LOGISTIQUE

Groupe fb Covoiturage / hébergement GJ France

CONSEILS

NUMÉRO DE LA LÉGAL TEAM : 07 52 95 71 11 (joignable sur Signal)
Appelle ou laisse un message, si tu assistes à des arrestations

AVOCATS :
Lucie Simon (Barreau de Créteil)

CONSEILS DE BASE EN CAS DE GAV :
- Demandez un avocat de la Legal Team (retenez un nom avant la manif)
- Demandez à voir un médecin
- "Je n'ai rien à déclarer" est un droit ! (et c'est votre meilleure défense, pour vous et les autres)
- Pas la peine de signer quoi que ce soit (aucune conséquence)
- Les flics mentent pour mettre la pression (ex : "Ton avocat.e n'est pas dispo, choisis un commis d'office", "Tu sortiras plus vite si tu parles/donne ton ADN/empruntes"...)
- Légalement tu es juste tenu de décliner ton identité
- Renseigne toi sur la signalétique (le refus d'ADN ou d'empreinte est une infraction, mais s’opposer au fichage généralisé est un acte politique qui peut établir un rapport de force au service d’une défense collective…)

Groupe légal Paris
Conseils en manif
Comment échapper au fichage (de la police et des hôpitaux)

Les 10 Conseils « Numérique » avant manif, par ordre de priorité :

1 Laissez si possible votre téléphone chez vous.
2 Supprimez les historiques des discussions sensibles SMS / Signal / Telegram / Mails.
3 Quittez les groupes les plus sensibles, que les flics n’aient pas accès aux messages futurs.
4 Chiffrez le disque dur de votre téléphone, ou vérifiez que c’est déjà fait.
5 Programmez un code de déverrouillage robuste (composé d’au moins 6 chiffres et lettres).
6 Programmez un code d’accès à Telegram différent du code de déverrouillage du téléphone.
7 Supprimez vos historiques de localisation sur Facebook / Google / Apple.
8 Supprimez les photos/vidéos sensibles compromettantes pour vous ou des camarades.
9 Éteignez votre téléphone dès que le risque d’interpellation est réel.
10 Refusez de donner votre code de déverrouillage du téléphone. Les dernières jurisprudences donnent raison.

ANALYSE DES ACTES 44 A NANTES ET LYON

Lire le CR de Nantes Révoltée : ICI

Ce qu’on note :
  • La Police est allée jusqu’à s’en prendre à un symbole fédérateur inoffensif : La construction collective d’un homard géant. C’est une guerre psychologique, le but : empêcher de mettre de la joie et de l’humour en manif. Seule manière de combattre ça : Multiplier les initiatives. Alors à vos ateliers !
  • Des moments de solidarité et de contacts rapprochés avec les cordons de flics ont permis de casser leurs lignes et de les mettre en échec. Autant dire que l’important dans ces moments là, c’est de prendre soin les uns des autres. Avancer tout en se rassurant. L’effet de masse est capital. Ceux de dernière doivent soutenir celles et ceux de devant.
  • Le surnombre d’effectifs policiers. Les tanks de la gendarmerie (VBRG) étaient même de sortie. On ne les avait pas vu à Nantes depuis l’expulsion de la Zad. Comment contrer cela : être plus nombreux et plus mobile ? En tout cas ne pas rester fixé là où les flics sont en position de force.

Lire le CR du Gueuloir pour Lyon : ICI

Ce qu’on note :
  • A Lyon le cortège a été encadré et dirigé dès le départ par une présence massive des flics. Le cortège avançant cadenassé n’a pas pu être rejoint. La manifestation a été étouffée. En cause : le manque de nombre de manifestants.
  • Dans ces cas là les pistes de reflexion sont, comment allumer des contre feux ailleurs, par d’autres manières. "sabotage, blocage, occupation, réquisition… sont tant d’outils à notre disposition ! »

« Attaque ton ennemi quand il n'est pas préparé, apparais quand tu n'es pas attendu » Sun Tzu

TEASERS VIDEO

 

CARTE DES LIEUX DE POUVOIR A PARIS


21 SEPTEMBRE : LE TEMPS DU RASSEMBLEMENT DES FORCES EST ARRIVÉ

21 SEPTEMBRE : LE TEMPS DU RASSEMBLEMENT DES FORCES EST ARRIVÉ

TRIBUNE. Plus que jamais nous devons tenter l'impossible. Les organisations se doivent de changer leur routine. Il ne fait plus aucun mystère que la politique néo-libérale de Macron est une attaque sans précédent de la vie et de la nature avec les moyens surdimensionnés de l'argent et de la violence d'Etat. Il ne suffira pas d'un jeu médiatique pour faire face à cela. L'écologie est déjà ce qui trace une limite entre les riches et les pauvres, entre ceux qui boufferont du homard bio et ceux qui boufferont du glyphosate, entre ceux qui pillent les ressources dans les pays du sud et ceux qui doivent en subir les conséquences. C'est de cette réalité que doit partir le combat écologique ! Alors le 21 l'écologie donne rendez vous sur les Champs Élysées !

21 SEPTEMBRE : LE TEMPS DU RASSEMBLEMENT DES FORCES EST ARRIVÉ
APPEL DE GJ ET COLLECTIFS EN LUTTE AUX ÉCOLOGISTES

Nous souhaitons envoyer un appel fort à toutes les organisations écologistes.

Pour l'instant, le 21 septembre à Paris il semble que GJ et marche climat vont manifester séparément. Les GJ ont prévu de monter de toute la France à Paris, et de manifester autour des Champs-Elysées. A l'autre bout de Paris, la marche climat est censée aller de Duroc à Place d'Italie. Nous ne voulons plus revivre ce scénario qui n'a permis aucune victoire le 8 décembre 2018 et le 16 mars 2019.

Nous rejoignons l'idée mentionnée sur la charte d'une de ces organisations écologistes, Alternatiba, selon laquelle il est nécessaire "d'unir tous ceux qui d'une manière ou d'une autre, par les alternatives ou les combats dont ils sont porteurs, contribuent, parfois sans le savoir, à préserver le climat".

Nous demandons à toutes les organisations écolos, jusqu'à présent frileuses ou inquiètes à l'idée de cette unification, de comprendre que désormais, seule une stratégie de décloisonnement pourra peser dans les combats sincères. Nous estimons que la situation écologique, économique et sociale va continuer à s’aggraver ainsi que les violences d’Etat et la répression. Les stratégies visant à diviser les mouvements sociaux doivent donc être réduites à néant par un rassemblement de forces inédit. Si nous avons échoué jusqu'à maintenant, c'est parce que nous sommes restés séparés.

Notre objectif est le même : construire une société, un environnement, un monde plus équilibrés, plus humains et plus justes. Il nous faudra rétablir la justice et la dignité de tous, entre et à l'intérieur des peuples. Les luttes écologistes et sociales ne peuvent donc se faire sans des mouvements comme celui des Gilets Noirs mais aussi bien d'autres.
Les luttes écologistes et sociales doivent s'allier à ces mouvements qui s'opposent à l'exploitation, à l'humiliation et à la chasse aux immigrés avec ou sans papiers ici, et, qui luttent contre le racisme et l'impérialisme de la France qui pille les ressources des colonisés là-bas.

"Fin du monde, fin du mois, même système, même combat" : nous l’avions écrit sur nos banderoles, maintenant, nous voulons l'application de ce slogan dans la rue.

Le 21 septembre, à Paris nous devons tenter l'impossible, il n'y a pas d'autre alternative ! Pas de division des forces, pas de désolidarisation dans les médias ! Compte-tenu de l'urgence, une simple "coexistence" des différentes tactiques ne suffira pas. Il est temps de mettre en œuvre une véritable coordination de nos tactiques, dans le respect des modes d'expression de chacun.

Il y aurait plusieurs manières de nous allier, et nous devons en décider ensemble. La principale contrainte est que les GJ comptent se rassembler spontanément autour des lieux de pouvoir, qui sont dans l'ouest parisien. A partir de là, plusieurs options sont envisageables pour le 21 : il pourrait y avoir une manifestation commune dans l'ouest parisien à un moment de la journée, ou alors les écolos pourraient rejoindre les GJ le matin sur les Champs-Elysées, puis organiser un départ commun vers la marche climat ? Quant aux GJ qui le souhaitent, ils pourront rejoindre la marche climat, mais elle a lieu très loin des Champs...

Autre proposition : un signal très fort, et très attendu par de nombreux GJ, serait que la marche climat du 21 septembre se termine dans l'Ouest parisien, aux alentours des Champs-Elysées. Cela ferait sens pour tout le monde de se rassembler à cet endroit, puisque c'est là que sont les lieux de pouvoir ! Une telle convergence serait assurément historique.

Une rencontre a déjà eu lieu entre GJ, collectifs en lutte et orgas écolos à Paris, actant ainsi le début de la prise de contact entre l'inter-orga climat et nous. Mais en l'état actuel des choses, la convergence en acte paraît très incertaine. Une future réunion est prévue et devrait être décisive. Aura-t-elle lieu ? Le temps presse. C'est pourquoi nous publions ce communiqué. Maintenant, prouvons-nous que nos discours d'unité sont sincères.

TOUS ENSEMBLE LE 21 SEPTEMBRE A PARIS !

Ce texte est ouvert à signature jusqu'au 19/09/2019, envoyez votre signature à l'adresse mail suivante : [email protected]

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Reporterre : https://reporterre.net/18483
Mediapart : https://blogs.mediapart.fr/les-invites-de-mediapart/blog/070919/appel-de-gilets-jaunes-aux-ecologistes-pour-une-marche-commune-le-21-septembre
Pétition à faire tourner : https://www.change.org/p/a-toutes-les-organisations-écologistes-appel-pour-le-21-septembre-le-temps-du-rassemblement-des-forces-est-arrivé/

Signataires :

- ACTA
- Action Antifasciste Paris Banlieue
- Action Crolles – 38 (Gilets Jaunes)
- Assemblée des Gilets jaunes d'Orléans
- Assemblée des Gilets Jaunes de Versailles 
- Association familiale laïque de Commercy
- Blocage 17 novembre Toulouse, page Facebook
- Cerveaux non disponibles
- Clap33 Bordeaux 
- Climat Social
- Collectif Défense jeunes du mantois
- Collectif écoféministes Strasbourg
- Collectif Peuple révolté  
- Collectif vert jaune Nancy 
- Comité Adama
- Comité Antifasciste Lyonnais
- Désarmons-les
- Des Gilets Noirs en lutte
- Désobéissance Ecolo Paris
- Des rebelles "drapeaux noirs" d'Extinction Rebellion France
- Deep Green Resistance Paris - Île de France
- Emancipation, tendance intersyndicale
- Extinction Rebellion Bordeaux 
- Extinction Rebellion Boulogne
- Extinction Rebellion Brest
- Des membres de Extinction Rebellion Bretagne
- Extinction Rebellion Dinan
- Extinction Rebellion - Dernière occupation avant la fin du monde
- Extinction Rebellion Metz 
- Extinction Rebellion PACA
- Extinction Rebellion Rennes
- Femmes Gilets Jaunes Île de France
- Floraisons
- France en colère 08 (Gilets Jaunes)
- Fridays For Future Grenoble 
- Fridays for future Nice
- Frric (French Ric) Bordeaux 
- Gilets Jaunes Ancenis
- Gilets Jaunes Argenteuil 
- Gilets Jaunes Belleville
- Gilets Jaunes Brest Rebelle 
- Gilets Jaunes de Buchelay
- Gilets Jaunes Bulgneville
- Gilets Jaunes Chateaubriant
- Gilets Jaunes de Commercy
- Gilets Jaunes Donges
- Gilets Jaunes Enseignement Recherche
- Gilets Jaunes Gaulois d'Aurillac
- Gilets Jaunes de Gennevilliers
- Gilets Jaunes Gignac et alentours (Département Hérault)
- Gilets Jaunes Île Saint Denis
- Gilets Jaunes intermittent-e-s, chômeur-e-s, précaires
- Gilets Jaunes Longwy
- Gilets Jaunes Lyon, page Facebook
- Gilets Jaunes Montélimar
- Gilets Jaunes Montélimar-sud
- Gilets jaunes de Montreuil : 
- Gilets Jaunes Nancy Porte Sud
- Gilets Jaunes Nantes
- Gilets Jaunes de Nice
- Gilets Jaunes de Pantin
- Gilets Jaunes Paris-sud
- Gilets jaunes Pays de Retz
- Gilets Jaunes Place des fêtes
- Gilets Jaunes Poitiers
- Gilets Jaunes Rungis Île-de-France 
-  Gilets Jaunes Saint Avold
- Gilets Jaunes Saint-Ouen
- Gilets Jaunes Sarreguemines
- Gilets Jaunes Secteur Vallet
- Gilets Jaunes Toulouse, page Facebook
- Gilets Jaunes Toulouse en Action, page Facebook
- Gilets Jaunes Val de Marne (94)
- Gilets Jaunes Verdun
- Grève Jaunérale : Riposte Générale, page Facebook
- L'agora de Lutèce
- La Chapelle Debout ! 
- Le Collectif sans fin
- Le Peuple Uni, page Facebook
- Le Printemps du changement (GJ - Marche climat - Youth for Climate)
- Le syndicat ASSO-Solidaires, 
- L'équipe du facebook  Gilets Jaunes du 93
- Les Aindisponibles, page Facebook
- Les Amis du 17 Novembre
- Les cheminots de l’intergare 
- Les gilets jaunes : résistance (01), groupe Facebook
- Les Gilets Verts
- Les Marcheurs du Ric
- Les Sous-Marins Jaunes 
- Les Zafficheurs Jaunes Bordeaux 
- Maison du peuple de Saint-Nazaire et alentours (Gilets Jaunes)
- Maison du Peuple en colère, Saint Nazaire 
- Paris Blocage Résistance, page Facebook
- Plateforme d'enquêtes militantes
- Plein le dos, Collectif Gilets Jaunes
- Radiaction
- Rennes en Lutte pour l'environnement 
- Résistance Ecolo Reims
- Résistance Gilets Jaunes France
- RESOME
- Sanglier Jaune, automédia YouTube
- Sepanso Landes
- Sud Education Limousin
- Ultimatum Gilets Jaunes Occitanie
- Union Juive Française pour la Paix 
- Youth for Climate Paris
- Youth for Climate Brest

G7 : lettre des parents des trois allemands incarcérés

Mensonges de la police et entraves à la défense juridique, voilà comment s’est illustré le G7 des inégalités à l’encontre de tous ceux qui paraissaient suspects de venir perturber la plus autoritaire et inégalitaire réunion des chefs d’Etats. Trois jeunes allemands dorment aujourd’hui en prison avec des peines de 2 et 3 mois. La police leur a délibérément menti sur les disponibilités des avocats de la legal team en les poussant à prendre les commis d’office. Commis d’office incompétents qui ont par la suite refusé les garanties de représentation qu’avait à leur fournir la legal team. On se demande bien pour qui ces avocats travaillaient, la police ou leur client ?  Voici la lettre ouverte écrite par les parents de ces 3 jeunes. Elle a été traduite de l’allemand par le Collectif Auto Média Enervé. Nous pensons qu’elle doit massivement tourner et que ce cas doit permettre d’illustrer les nombreuses entraves à la défense que subissent quotidiennement les individus confrontés à une police qui ment de manière systémique.

« Mesdames et Messieurs, désespérés, nous nous tournons vers vous car nos enfants ont disparu en France dans des conditions juridiques douteuses.

Nos enfants ont disparu le mercredi 21/08/2019 alors qu’ils se rendaient au Pays Basque, au nord de l’Espagne. Ils faisaient partie d’un groupe d’environ 10 personnes qui s’y rendaient pour des vacances en camping. Le 23/08, une personne du groupe arrivé à destination en Espagne nous a contactés pour dire qu’un véhicule avec nos fils à bord n’était pas arrivé. Au début, on craignait un accident de la route. Cependant, un autre message d’alarme inattendu est arrivé : les 3 personnes ont été arrêtées à un poste de contrôle d’autoroute à Biarritz. L’arrestation par les forces de l’ordre a eu lieu suite au dispositif de sécurité mis en place à l’approche du G7 à Biarritz.

Depuis l’incident, 12 jours se sont écoulés – et nous en tant que parents avons jusqu’à présent peu d’informations officielles.

Divers médias (d’abord Die Welt, puis Süddeutsche, Spiegel en ligne, etc.) ont donné plus d’informations – notamment la description selon laquelle des armes (spray au poivre ou gaz lacrymogène – selon leur appartenance politique) et de la littérature de gauche ont été trouvés ; cela suffit évidemment en France pour accuser de « participation à un groupe en préparation d’actes de violence » puis pour condamner les trois. On peut se demander ce qui a conduit à cette condamnation à 2 et 3 mois de prison, si le transport d’arme a été pris en compte, même si ils ont été acquitté sur ce point. Jusqu’à présent, malgré de nombreuses demandes, nous n’avons aucun accès aux condamnés. Aussi, il n’y avait aucun choix de l’avocat, mais seulement un avocat commis d’office. Un jour après la condamnation, les trois hommes âgés de 18 à 22 ans ont été répartis dans trois prisons différentes. Selon les médias, l’une des prisons est surpeuplée et les conditions de vie catastrophiques pour les prisonniers.

Dans les médias plutôt de gauche (y compris Radio Dreyecksland), on a soutenu que les trois jeunes hommes figuraient sur une « liste » du BKA et que cette information avait été transmise à la police française (NDT : équivalent fiche S). C’est sur cette base qu’ils ont été interpellés. Jusqu’à présent, nous n’avons aucune preuve de cette thèse, mais il faut noter que personne n’a pris de position officielle à ce sujet. Le rédacteur en chef de Radio Dreyecksland figurait également sur cette liste et a été expulsé de France.

L’ambassade allemande a tout d’abord alourdi le problème en nous disant qu’il n’y avait aucune information ou que les détenus ne voulaient aucun contact, ce qui n’était pas du tout prouvé. C’était censé être le devoir de l’Ambassade de vérifier elle-même cette allégation par téléphone avec les détenus. Entre-temps, elle a tenté d’établir un contact, sans succès jusqu’à présent. À la demande du membre du Parlement, Sevim Dağdelen, le ministère des Affaires étrangères s’est assuré d’établir le contact avec les détenus, mais cela semble être possible uniquement par courrier et peut donc durer jusqu’à trois semaines. Aucun des trois ne parle français et aucun n’a actuellement d’avocat. Dans un article de presse, il a même été question d’utiliser des policiers comme interprètes. Très probablement, les détenus ne sont pas autorisés à téléphoner car aucun d’entre nous n’a reçu d’appel de leur part. Seules des lettres de celui de 18 ans nous sont parvenues.

La date limite pour s’opposer à cet absurde jugement expire le lundi 2 septembre 2019 et nous n’avons aucun moyen de fournir une assistance juridique à nos enfants car nous n’avons pas de contact et les autorités françaises ne coopèrent pas.

S’il vous plaît, aidez-nous, les parents des trois disparus.

Cordialement, Christa et Michael Müntnich, Diana et Alexander Kurtz, Angelika Kronawitter et Christof Meder. »

L'article du blog de Médiapart sur cette affaire : https://blogs.mediapart.fr/edition/eurojournaliste/article/030919/de-la-prison-ferme-pour-avoir-transporte-de-la-litterature-gauchiste


L'injustice de la justice

« Dans la vie mon p’tit bonhomme il y a les bons et les méchants. Les bons c’est les honnêtes gens, tu sais ceux qui respectent la loi. Ceux qui sont du côté d’la justice tu vois ! »

FAUX

C’est fabuleux d’avoir glissé à ce point. D’avoir réussi à ancrer dans nos petites têtes disponibles savamment vidées de tout sens critique que « Justice » et « Loi » marchaient main dans la main. La Loi c’est le cadre légal. C’est un éco-système de rédactions qui décident « pour le bien de tous » ce qui est autorisé et ce qui ne l’est pas. La Justice au sens noble du terme c’est ce sentiment d’équité, voir d’éthique, dans lequel une dualité ou un conflit trouve une issue équilibrée et saine « pour le bien de tous ». En tout cas, ce sont mes propres définitions.

Cette justice que nos lois ont tricotée viole à loisir la morale. L’Apartheid était légal, la ségrégation aussi. L’esclavagisme également, et aujourd’hui il a réussi à s’adapter et se nicher dans le respect de lois aux multiples formes insidieuses. Car au final qui écrit ces lois ? Qui, à l’intérieur des parlements, des palais et des meetings souffle à l’oreille de ces rédacteurs fantoches ? Quelles sommes, quelles menacent, quelles influences exercent ces siffleurs sur cette fameuse législation que nous chérissons tant, garant du « juste », garant du « bien » ?

La justice d’aujourd’hui, qu’on se le dise, est ce que le Viandox est à la viande : un ersatz bon marché. Puisque, comme partout, la qualité importe peu, pourvu que les marchés remportent tout. Seul compte l’argent dont s’abreuvent une poignée de dirigeants et d’actionnaires insatiables et le sentiment de pouvoir qu’il confère. Ce fameux « pour cent » que tant de gens haïssent mais pour autant jalousent. Si seulement cette colère pouvait servir à combattre un système injuste au lieu qu’ils cherchent à ressembler à leur élite nauséabonde, être calife à la place du calife. Triste ambition. Combat stérile.

Nul besoin de bons soldats lorsque l’on peut acheter les meilleurs avocats. L’argent appelle l’argent et se nourrit de lui même. Ravaler son vomi n’est pourtant pas délectable quand bien même on le couvre de feuilles d’or. Alors que le « bien de tous » a laissé place au « bien des premiers de cordée », la grande banderole des belles paroles est percée de mille failles grâce auxquelles il est légal d’empoisonner notre nourriture, de souiller notre air, ou de discriminer son prochain pourvu qu’il ne nous ressemble pas trop. Un "liberté, égalité, fraternité" bien moucheté.

Ces méchants terroristes et leurs délits illégaux ce sont des maires qui limitent l’utilisation de pesticides, des jeunes qui décrochent des cadres dans les mairies, d’autres qui dansent aux bords des fleuves ou aux fonds des bois, ceux qui manifestent sans autorisations, ceux qui aident des migrants en détresse à ne pas mourir noyés…  la liste est longue tant les points de rencontre entre morale et rentabilité sont faibles. La rentabilité ne pourrait-elle être que le fruit de l’exploitation de l’un sur l’autre ? Se pourrait-il qu’un monde où l’argent est roi soit injuste par nature ?

Cette justice de pacotille dont le maintien de l’ordre féroce cherche à tirer sa légitimité est un ennemi du « bien de tous ». La désobéissance civile est un outil de ce combat. Prenons conscience que la loi est parfois mauvaise et que quand la police défend ces lois, alors elle se trompe. Mais quand la police se trompe, elle ne s’excuse pas. Comme un petit enfant impuissant, frustrée de n’avoir ni les mots, ni l’esprit, elle tape sur ses petits camardes. Dans le respect de la loi.

Les lois ne nous respectent pas, pourquoi devrions-nous les respecter ?


Retour sur la polémique du Canard sur le contre G7

Dans son édition du mercredi 28 août, le Canard Enchaîné balance une bombe au sein du milieu militant altermondialiste. Une bombe qui ne fait qu'accentuer la fracture ouverte depuis le sommet du G7 à Biarritz. Selon le journal, les organisations du contre sommet auraient négocié avec la préfecture : “En échange d’une annulation de sept rassemblements de désobéissance civile, les responsables des deux groupes d’activistes locaux ont obtenu l’autorisation officieuse de défiler le dimanche dans Bayonne, lors de la marche dite “des portraits” (à l’envers), écrit le Canard Enchaîné. Selon le journal, c'est Laurent Nunez, le sous-ministre de l’Intérieur, qui aurait pendant des semaines fait le lien entre les organisations (notamment locales) et la préfecture.

Nous avons relayé ce mercredi matin la photo de cet article sur nos réseaux sociaux. Et nous n'avons pas manqué de souligner notre indignation. Si nous avons relayé si rapidement cet article, c'est qu'il vient d'un journal qui a prouvé depuis de longues années sa rigueur et son sérieux dans les enquêtes et dans les révélations.

Mais très rapidement, toutes les orgas visées dans l'article (directement ou non) ont rapidement fait part de leur stupéfaction de lire de telles accusations.  Raphaël Pradeau, porte parole d'ATTAC, dément ainsi catégoriquement : “À aucun moment nous n’avons dealé une annulation contre une autorisation (...). La marche des portraits n’a jamais été autorisée, et n'était pas organisée par la plateforme du contre G7”.  Rappelons qu'Attac n'était pas dans les organisateurs de la marche des portraits, organisée par Bizi, ANV-COP21 et Alternatiba. Sachant que ni Alternatiba ni ANV-COP21 n’étaient membres des 2 plateformes organisatrices du Contre G7.  C'est donc le mouvement basque Bizi qui semble le plus "visé" par les accusations du Canard. Et pour eux, ces accusations sont totalement mensongères. Leur communiqué est disponible ICI.

Globalement, toutes ces assos estiment qu'une source policière du Canard a volontairement menti pour diffuser une telle rumeur. Nous n'avons de notre côté aucune prétention à dire quelle version est la bonne. Ce qui est sûr, c'est que la situation est très grave. Soit la révélation du Canard s'avère véridique, et les conséquences de cet accord seront désastreuses pour l'ensemble des assos impliquées dans cet "accord secret". Soit il s'agit d'un mensonge volontairement diffusé par une source policière du Canard. Et là encore, il s'agit d'un acte très grave qui prouve que le pouvoir est prêt à utiliser toutes les stratégies, y compris illégales, pour nuire à une opposition, si grande et divisée soit-elle. Justement pour encore mieux la diviser.

Nous avons également pris contact avec plusieurs GJ présents au contre sommet le weekend dernier, notamment un des organisateurs du village GJ. Ce dernier pense qu'il est totalement impossible que Bizi ait pu collaborer de la sorte avec la préfecture, expliquant que ce n'est pas du tout dans la nature de l'association. Bizi avance même dans son démenti qu'ils étaient prêt à faire face à des arrestations et à gérer les procès qui en auraient découlé. D'autres GJ également actifs dans l'organisation du camp, qui ont particulièrement mal vécu les échanges et tentatives de collaborations avec les orgas plus installées, se disent que cela ne relève malheureusement pas de l'impossible.

Nous ne voulons absolument pas jeter de discrédit sur des associations. En revanche, une accusation aussi grave publiée par un journal comme le Canard ne peut pas être ignorée. Nous tâcherons donc de rester très attentifs et à l'écoute de toute nouvelle information amenant à y voir plus clair sur cette affaire.

Plus globalement, cette polémique révèle le principal échec de ce contre sommet ; elle touche là où ça fait mal et vient grossir un clivage existant entre les « « orgas » » autonomes comme les gilets jaunes et la plateforme. Depuis le début du contre sommet cette dernière n’a pas su s’organiser avec les AG, les initiatives et les actions qui émanaient spontanément des participants au camp résolus à ne pas jouer le rôle de moutons suivant le programme établi à l’avance. L’impression sur le camp était d’ailleurs que les associations altermondialistes faisaient leurs réunions de leur coté pendant que la vie du camp était constituée d’une énergie bien plus débordante et d’une logistique autonome en terme de cantines, de bar et de spontanéité organisationnelle, dont le défaut est peut-être de ne pas avoir assez pris ce contre G7 en main.

Le point de rupture avait déjà été atteint dimanche quand la plateforme du contre G7 décidait d’annuler les actions de blocage qui étaient prévues en 7 points, cédant ainsi à la pression policière. Pendant ce temps, des militants croupissaient en garde à vue pour rien vu que du coté des leaders en communication que sont les organisations de la plateforme on abandonnait soudainement toute combativité en démobilisant les troupes !

C’était le point d’orgue d’une rupture entre d’un coté les acteurs de la révolte qui dure depuis 10 mois sur les ronds points et dans les rues et de l’autre les organisations plateformistes.
Si l’article du Canard était vrai, ça viendrait plus que remuer le couteau dans la plaie, ça signerait la fin d’une entente entre ces organisations "citoyennistes" et les mouvements de révoltes de la rue. La trahison serait multipliée au carré.

Si cela était faux, ça signerait par contre la batardise ignoble de l’Etat qui vient une fois de plus s’infiltrer dans l’opposition politique qu’elle a face à elle. Signe des régimes totalitaires, mais signe aussi de ce que l’Etat a toujours été : une armée d’occupation de son propre peuple, prête à tout pour anesthésier les révoltes et semer la confusion dans ce qui remet en cause l’ordre capitaliste. Avec la découverte récente d’une indic' infiltrée depuis 9 mois dans l’organisation du contre G7, on sait que le gouvernement est prêt à tout, même aux pires coups bas. Cela ne serait donc pas étonnant que l’information du Canard Enchainé émane du ministère de l’intérieur et de Laurent Nunez qui était sous préfet de Bayonne de 2010 à 2012, même si disons le, ça serait une terrible nouvelle d’apprendre que le Canard se fasse avoir à ce jeu vu la confiance qu’on leur accorde jusque là.

Au delà de cette polémique la vraie question qui reste en suspens c’est de savoir si la révolte des rues, celle qui vient d’en bas, peut se combiner avec des organisations dont le but principal est de durer, voyant sur le long terme, avec des salariés et qui ne semblent jamais réussir à embrayer les mouvements insurrectionnels venant de la base. Leur a-t-on déjà vraiment posé la question : "Si les choses tremblent vraiment, maintiendrez-vous le système en place ou participerez-vous en tant qu’orga à l’insurrection ?" On aimerait des réponses sur ça à la place de discours convenus sur les luttes comme on a pu en entendre au centre des congrès du contre sommet de ce G7. La question est d’autant plus légitime qu’elle questionne ces organisations qui reprennent la culture militante et parfois révolutionnaire alors qu’en temps de crise elles sont pourtant plus enclines à savoir parler avec les autorités qu’avec la plèbe. Ce G7 en a été l’exemple. On peut aussi poser une question au sein de nos propres rangs : Même si on pense qu'il était important de marquer une implication gilets jaunes contre ce G7 des inégalités et de l'autoritarisme, est-il judicieux de nous brancher sur des manières de lutter qui ont 20 ans ?

Le bout de l'article du Canard Enchainé :

l'article en question du Canard Enchainé

PS : Nous vous rappelons que notre page Facebook est victime d'une censure depuis le début de notre présence sur le contre sommet. D’habitude caisse de résonance des gilets jaunes, média collaboratif qui accueille de multiples contributions, nous avons été et sommes toujours tenus muet par les algorithmes de Facebook.
On est conscient de l’emprise néfaste des Gafam et c'est pourquoi nous avons créer ce site. Mais on va pas se mentir, même pour les médias avec des plateformes hors Gafam, ce sont ces derniers qui leur apportent le plus de visibilité.
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