Réveillez-vous !

Après la "tragédie" de l'incendie du Fouquet's lors de l'ultimatum 1,  le pouvoir et les médias ont trouvé une nouvelle cible pour discréditer la révolte des GJ et détourner le regard des violences policières, des atteintes aux libertés et des revendications sociales : 20 personnes (sur au moins 15 000 manifestants) ont adressé un chant aux policiers, pendant 30 secondes : "Suicidez-vous".

Si la condamnation de ces propos est tout à fait logique, même souhaitable, l'ampleur de cette condamnation la rend totalement caduque. Elle montre qu'elle n'est qu'une stratégie politique et médiatique. Ce samedi 20 avril, la République (et sa place) a été profondément bafouée, humiliée, souillée. Et pas que par 30 secondes de chant du plus mauvais goût. Par d'autres actes, physiques, tout aussi violents et dangereux. L'heure est grave et il appartient à chacun de regarder la situation en face.

Depuis cinq mois, plus de 300 000 personnes différentes (probablement le double) sont descendues dans la rue lors d'un des 23 actes des Gilets Jaunes. Plusieurs millions de personnes soutiennent toujours le mouvement, malgré les nombreuses campagnes de diabolisation. Que l'on soit d'accord ou non avec ce mouvement, toute personne prétendant défendre la démocratie et la République se doit de regarder la situation telle qu'elle est, factuellement : ces militants sont désormais traités comme des citoyens de seconde zone, n'ayant pas les mêmes droits que les autres. Porter un gilet jaune peut désormais aboutir à recevoir une amende. Avoir des outils dans son coffre de voiture et un gilet jaune peut aboutir à des peines de prison fermes. La présomption d’innocence a totalement été renversée. Des éléments montrant qu'une personne aurait pu commettre des crimes ou délits suffisent à le faire condamner.

On parle de milliers d'arrestations abusives, de milliers de violences policières sans justification (photos et vidéos à l'appui). On parle de citoyens ayant perdu des mains ou des yeux, ayant des côtes fracturées. On parle de force de l'ordre interdisant aux journalistes d'accéder à des chambres d’hôpitaux de victimes. On parle d'ordres donnés aux infirmiers de lister les noms des blessés GJ. On parle de journalistes tabassés et placés en GAV, fichés S, et désormais interdits de se rendre à Paris les jours de manifs . On parle de milliers de personnes confinées sur une place et gazées pendant plus de trois heures, avec des dizaines de charges policières "dans le tas". On parle de la France de 2019. Une France qui n'a jamais été aussi proche de sombrer dans le totalitarisme. Sous les yeux de tous.

Alors oui, ceux qui aujourd'hui passent plus de temps à s'indigner du chant de 20 personnes plutôt que des dérives totalitaires du pouvoir sont clairement complices de cette dérive. Et si dans chaque corps de métier, le haut de la pyramide a totalement besoin de cette complicité pour maintenir leurs privilèges, ceux qui sont à la base ne doivent plus accepter. Policiers, journalistes, politiciens : Réveillez-vous !

Aux forces de l'ordre : votre métier est de servir les citoyens et de les protéger. D'ailleurs, initialement, vous n'étiez pas des "forces de l'ordre" mais des agents de maintien de la paix. Si votre obéissance aux ordres de la hiérarchie est nécessaire dans votre métier, il vous faut également vous soucier des conséquences de ces ordres et de vos actes.. Vous devez servir le pays et les citoyens, et non les intérêts des puissants. Fermer les yeux sur une dérive autoritaire de vos services, couvrir des dérapages, c'est prendre le risque de couper encore plus le lien entre la population et vous. Au début du mouvement, de nombreux manifestants chantaient "rejoignez-nous". Il est peut-être encore temps.  Le pouvoir joue volontairement la carte de l'escalade et allume des brasiers. Il a besoin que tout le mouvement déteste la police, pour que la police déteste le mouvement. Il ne craint rien de plus qu'une défection de ses derniers remparts. Mais quand un pouvoir utilise sa police et son armée pour ses propres intérêts et contre les principes fondamentaux de la démocratie, il appartient à cette police de refuser et de résister. Il faut que quelques courageux chez vous dénoncent l'escalade totalitaire qui ne fait qu'empirer la situation.

Aux médias de masse : la défiance grandissante des citoyens à votre égard est encore réversible.  Mais cela ne tient qu'à un fil. Les smartphones et les réseaux sociaux ont changé la donne concernant le rapport à "la réalité". Quand les principales chaines françaises annoncent 18 000 GJ dans toute la France et que des vidéos au téléphone montrent au moins 5 000 personnes rien qu'à Toulouse, cela pose de sérieux soucis pour ces médias.  Mais surtout, lorsque ces médias couvrent à peine les dérives totalitaires du pouvoir (arrestations arbitraires, violences, humiliations, jugements sans aucune preuve) mais passent des jours à traiter du Fouquet's ou d'un chant scandé par 20 personnes, cela devient intenable. Samedi dernier, pendant 3 heures en plein Paris, des milliers de citoyens ont vécu une nasse avec charges, gaz, et matraquages. Des journalistes ont été tabassés, d'autres sont partis en GAV. Une telle situation à l'étranger aurait été couverte par les médias "mainstream" français de façon très large et avec une forte indignation. Ne pas couvrir en profondeur ces dérives est une faute professionnelle. C'est aussi ce qui pourrait signer le divorce définitif. Aux journalistes de ces médias, il vous revient de refuser ce traitement, digne de l'ORTF et d'une propagande d'état. Vous devez le faire pour vous, pour votre média et pour l'importance du journalisme dans notre société.

Aux femmes et aux hommes politiques : quand une partie du peuple a la fièvre, c'est qu'il est malade. Si vous ne cherchez qu'à faire tomber la fièvre sans vous soucier de la maladie, vous n'êtes pas dignes de représenter autre chose que vous-même. Si vous ne comprenez pas pourquoi des citoyens "ordinaires" descendent dans la rue depuis 23 semaines, en sachant qu'ils vont se faire insulter, humilier, tabasser... c'est que vous ne pouvez plus prétendre les gouverner. Surtout, si vous acceptez de couvrir les dérives policières et judiciaires liées à ce mouvement, vous ne pourrez plus jamais trouver grâce aux yeux de ces citoyens.

Le vol noir des corbeaux sur nos plaines se rapproche dangereusement. Mais il est encore temps de se réveiller.

Crédit photos  : Jerome chobeaux


A force d'être traité comme des animaux...

L'acte 23 laisse le goût amer de l’inachevé. Des milliers de GJ se sont une nouvelle fois déplacés à Paris, peut être plus que le 16 mars lors du premier ultimatum. Au delà du nombre, c'est la détermination qui frappe et qui trouble le pouvoir. Semaine après semaine, la population dans la rue semble déterminée à ne pas reculer. A ne plus reculer.  Pourtant, ce samedi 20 avril, la stratégie policière fut plus forte que la détermination de dizaines de milliers de citoyens. Mais à quel prix ? Et pour quels résultats dans les semaines et mois à venir ?

Dès le début de la matinée, nous comprenons que cette journée ne ressemblera en rien à celle de l'acte 18. Les premiers rassemblements non déclarés de 10h ne comptent pas assez de GJ pour empêcher les policiers présents de nasser puis de pousser tout le monde à se disperser (y compris dans le métro). La très grosse majorité des GJ se retrouve donc vers 12h pour le départ de la manif déclarée de Bercy.

Le monde est là. La détermination aussi. On sent une vraie dynamique.  Sauf qu'il s'agit d'une manif déclarée Bercy/Bastille/République. Le parcours ultra classique des manifs syndicales. Les forces de l'ordre ont donc préparé le terrain et savent exactement comment gérer la situation, au point de prendre l'initiative de couper le cortège en plusieurs groupes (au moins trois différents). Le tout, très loin des quartiers des ultras riches et des lieux de pouvoir. Surtout, elles arrivent à pousser tous les GJ sur la place de la République, lieu officiel de fin de manif. Il est 15h15, l'acte 23 parisien touche déjà à sa fin.

Car tous les Parisiens savent que terminer à République signifie désormais s'enfermer dans une nasse géante. S'enfermer au sens propre puisque, comme par le passé, la préfecture donne la consigne d'empercher toute sortie de la place, et ce pendant plus de 3 heures !

Non seulement il n'est plus possible de manifester. Non seulement plus personne sur la place ne peut sortir. Mais les forces de l'ordre se prêtent à un jeu totalement abject consistant à inonder la place de lacrymo. Pire : des groupes de 15 à 20 policiers font des incursions au centre même de la place, remplie de milliers de manifestants. Au moindre projectile, c'est la charge, avec comme but d'attraper (et de frapper) ceux qui ne seront pas assez rapides (rarement ceux ayant lancé des projectiles).

On est loin, très loin du maintien de l'ordre. S'il s'agissait de maintenir une situation sans débordement, il suffisait de laisser la place de la République ouverte et sans charge ni gaz. Non, l'objectif de la préfecture (et donc du pouvoir) était bien d'enfermer en plein soleil des milliers de personnes, de les nasser, de les compresser, de les gazer et de les charger. Dans quel but ? Probablement les terroriser et les dissuader de revenir manifester les actes suivants. Il s'agit bien d'une stratégie de la terreur.

Il y avait de nombreuses personnes âgées, de nombreux enfants. La plupart novices quant aux pratiques de manifestations, notamment de manif de GJ parisiennes. Plusieurs personnes ont perdu leurs nerfs, se sont mis à pleurer, à crier, à paniquer. Et forcément, certains se sont énervés aussi. Car c'est une sensation très bizarre de se sentir enfermé dans un espace rempli de milliers de personnes avec des mouvements de foule importants à chaque gazage et charge. De quoi vraiment paniquer et/ou devenir fou. Certains étaient prêts à se mettre en danger pour pouvoir sortir. D'autres, jusqu'ici pacifiques, rejoignaient les GJ les plus offensifs. Plus la journée passait, plus la panique se faisait sentir, plus la tension devenait palpable. Des centaines de citoyens voulaient absolument sortir, coûte que coûte. Plusieurs GJ ont alerté les forces de l'ordre que cela pouvait se terminer en drame. On sentait qu'à la moindre étincelle, une personne pouvait véritablement péter un plomb. Et ce n'était pas les GJ les plus offensifs qui étaient potentiellement ceux qui auraient pu totalement vriller sous le coup de la panique et d'une crise de nerfs.

Mais à force d'être traités comme des animaux, comment s'étonner que certains commencent à agir comme des bêtes féroces ? A une époque, lorsqu'on voulait se débarrasser d'un chien, on l'énervait pour qu'à son tour il s'énerve et morde. On pouvait alors l'accuser d'avoir la rage, d'être dangereux... et le piquer.

La grande leçon de cette journée, c'est qu'il n'est plus possible de composer avec le pouvoir et son bras armé. Dans un pays démocratique, protester de façon concertée avec les autorités, cela a du sens. Dans un pays qui bafoue jour après jour les libertés fondamentales, cela revient à capituler.

Aujourd'hui, tenter d'accepter les règles de manifestations du pouvoir revient simplement à lui faciliter la tache pour casser le mouvement et le meurtrir, y compris physiquement. D'autant que lui, ne se prive pas pour s'affranchir de ses propres "règles" :  Les GJ qui avaient déclaré la manif (jusqu'à 22h) se sont fait insulter et gazer. Ce 20 avril a d'ailleurs fait monter d'un cran la violence aveugle et gratuite de la part des forces de l'ordre, avec des passages à tabac et des GAV totalement abusives, y compris de journalistes. Jamais, depuis 5 mois, les reporters qui suivent le mouvement n'avaient autant été la cible de la répression.

Face à cette situation, il apparait de plus en plus évident que la stratégie des manifestations déclarées ne peut aboutir à autre chose que faire mourir le mouvement : elles n’empêchent en rien les violences, les gaz et les arrestations abusives.  Mais elle permet au pouvoir de contenir la colère. Agir en primitif, prévoir en stratège. Cette maxime du poète résistant René Char est plus que jamais d'actualité.

Car l'espoir reste là, la flamme brûle plus que jamais : samedi, au milieu des lacrymos et des charges successives, des centaines de GJ se sont mis à chanter "Nous on est là", tout en avançant face aux CRS. Charge de la police, matraquage, gazage. Et rebelote : les GJ revenaient, chantaient et avançaient.  Si la démarche peut sembler vouée à l'échec, c'est la dynamique créée qui importe. Et cette dynamique résiste au gaz et aux matraques.

 

Crédits photos : Gianni Giardinelli 


Aux Âmes Citoyens !

A certains moments de la vie, des choix s'imposent. Des choix qui définiront la suite de nos vies, aussi bien personnellement que collectivement. Ces moments-là sont rares. Ils donnent souvent le vertige. Ils peuvent accoucher du meilleur comme du pire. Souvent, dans ces moments de bascules potentielles, par crainte du pire, l'être humain préfère le statut quo. Ceux qui profitent du système l'ont bien compris et jouent à fond la carte de la peur.

A l'approche du joli mois de mai, nous sommes clairement dans une séquence où nos choix individuels vont définitivement décider de l'issue d'un mouvement social inédit par sa forme et son ampleur. Le rendez-vous du samedi 20 avril à Paris, tout autant que l'appel à une convergence avec les syndicats le 27 avril, puis l'inévitable 1er mai, suivi d'un 04 mai de convergence avec les luttes climatiques.... Nous savons que les jours à venir seront décisifs.

Les puissants le savent aussi, et le craignent. Et ils feront tout pour empêcher les citoyens de choisir le changement. A ce titre, l'incendie de Notre-Dame de Paris est particulièrement révélateur. Si leur tristesse n'est pas à remettre en question, la façon dont le pouvoir politique et économique s'est emparé de ce drame révèle leur jeu à peine voilé : utiliser la tristesse pour contenir la colère populaire. Beaucoup de (belles) choses ont déjà été écrites sur le sujet. Ce qu'il faut désormais, c'est remettre les choses à leur place et que le choc émotionnel n’empêche pas les citoyens de voir clair dans la situation.

Disons-le clairement et simplement : il n'y a aucun rapport entre l'incendie accidentel de Notre-Dame et la lutte des Gilets Jaunes. Comme il n'y avait aucun rapport en décembre avec le terrible attentat de Strasbourg.  S'il fallait trouver un lien, il serait dans l'état de délabrement des bâtiments, aussi bien publics que privés, dû à une paupérisation lente mais inexorable de la société, au profit de quelques ultra-riches toujours plus riches. Ceux qui diront que manifester quelques jours après ce drame est indécent sont d'une immoralité extrême. Ils utilisent Dieu et notre humanité pour des intérêts privés et très loin des volontés divines. Car votre Dieu, quel qu’il soit, ne peut pas accepter qu'un milliard d'euros soit débloqué en une nuit pour reconstruire l'une de ses maisons et qu'il soit impossible de trouver quelques millions pour nourrir les plus démunis qui vivent à quelques mètres de cette cathédrale. Il ne peut accepter qu'on interdise les distributions de nourriture aux migrants, qu'on ferme des lieux d’accueil, qu'on coupe petit à petit toutes les aides sociales pour les plus démunis, qu'on laisse crever nos anciens dans l'indifférence générale. Et il se sentira bien plus proche des manifestants qui se battent depuis des mois pour une société plus juste.

Mr Macron, samedi, nous descendrons dans la rue, par milliers, pour crier notre colère. Nous le referons le samedi suivant, et le 1er mai. Et peut-être même les jours et les nuits entre. Et si cette colère génère une vitrine brisée ou une voiture brulée, ne vous risquez pas à glisser une quelconque allusion à Notre-Dame. Faire cela serait souiller la mémoire de ce lieu tout autant que celle des millions de croyants, dont des Gilets Jaunes. Cela vaut également pour tous ceux qui tenteront de canaliser une colère de rue en utilisant ce drame.

Aujourd'hui, le choix à faire, c'est celui de notre humanité. Vouloir retrouver des valeurs humanistes, tant prônées par de nombreux textes sacrés autant que par des œuvres libertaires, c'est aujourd'hui combattre le système actuel. Le pouvoir en a conscience et ne se laissera pas détruire sans avoir tout tenté.

Si nous baissons les bras dans les jours à venir, ce n'est pas une "simple" bataille que nous perdons. C'est l'espoir de retrouver notre humanité. De ne plus accepter que quelques milliers de personnes gagnent plus que des millions. Macron est la quintessence de ce que peut être le politique du 21e siècle : un produit marketing très attrayant en apparence, mais d'un mépris extrême pour les autres, notamment ceux qui n'ont pas "réussi". Sa façon de gérer la révolte des GJ est à l'image du capitalisme d’aujourd’hui : indécent, sans limite, et sûr de lui.

Chacun de nous se retrouve donc face à un choix simple dans l'équation mais difficile dans ses implications : baisser les bras et laisser le pouvoir actuel en place. Cela signifie que les luttes sociales à venir subiront le même funeste sort que les dernières. Que le combat ne sera plus possible sur des réformes d'envergure, sur des changements de paradigmes, mais uniquement sur des petites mesures de branches et non structurantes. Ou alors se battre et ne rien lâcher jusqu'à ce que le système actuel tombe, littéralement.  Cela signifie prendre des risques personnels et collectifs, s'exposer physiquement, juridiquement. Faire face également aux reproches des amis qui n'auront pas encore pris conscience qu'il s'agit bien d'une volonté de retrouver son humanité ; notre humanité collective.

Nous sommes donc à ce moment de nos vies où il s'agit de prendre nos âmes pour les utiliser comme armes face à ceux qui refusent de perdre leurs privilèges pour offrir une vie plus digne à des millions de personnes.

https://youtu.be/kpFzztF1ozo

Crédit :
Le Désastre / Jérémie Rozier


(Se) préparer (à) la tempête.

Il y a deux façons d'analyser la période actuelle du mouvement des Gilets Jaunes : la première, celle du gouvernement et des médias, consiste à se convaincre que la mobilisation s’essouffle de samedi en samedi et que le mouvement va petit à petit prendre fin, notamment grâce au miracle du grand débat.

L'autre façon d'analyser cette séquence est beaucoup plus enthousiasmante :  depuis quelques jours, une effervescence presque souterraine traverse le mouvement. Au-delà des mobilisations du samedi, de nombreux citoyens se réunissent et lancent des initiatives : l'appel de Saint-Nazaire, la semaine jaune, le front populaire à partir du 27 avril, des propositions de jonction entre mouvement écolo et GJ, l'occupation des ronds-points avec des banquets à partir du 04 mai, l'appel pour un 1er mai offensif et solidaire...

Nous pourrions donc être dans cette fameuse période de "calme avant la tempête".  Avec l'idée que la tempête débuterait le 20 avril avec le deuxième ultimatum sur Paris. A partir de cette date, un enchainement d'actions et d'initiatives pourrait lancer une dynamique de lutte quasi permanente, afin de rompre avec les deux aspects les plus décriés du mouvement : les manifs déclarées et inoffensives et le fait d'agir uniquement le samedi.

Si cette prévision se révèle juste, il importe à tous ceux qui aspirent à un changement radical du système d'utiliser les derniers jours de calme pour préparer au mieux cette tempête.

1/ Se préparer personnellement, pour savoir jusqu'où l'on est prêt à engager son corps et sa vie personnelle/professionnelle dans cette lutte. En cela, il est assez étonnant de voir que malgré les menaces et la répression aveugle que subit le mouvement, plus de 40 000 personnes se sont inscrits sur les divers événements du 20 avril. Encore plus surprenant, plus de 10 000 personnes sont inscrites sur l'événement facebook du 1er mai "Acte Ultime, Paris Capitale de l'émeute" ! C'est un signe fort qu'une partie de plus en plus grande de la population ne supporte plus d'être écrasée et humiliée par quelques puissants, et qu'aucune carotte ni aucun bâton ne pourra calmer cette colère.

L'ampleur des mobilisations du 20 avril, du 27 avril, du 1er mai et des jours suivants sera ultra déterminante. Le mouvement s'approche en effet d'un seuil critique de personnes présentes et offensives. Un seuil qui pourrait transformer la révolte en véritable remise en cause du système. Mais, en plus d'une mobilisation massive et encore supérieure à celle du 16 mars, il faudra également avoir préparé le terrain pour construire des espaces de luttes avant et après les manifestations de rue.

2/ Se préparer collectivement donc. Car les différentes mobilisations auront beau être massives et déterminées, il faudra être en mesure de proposer aux Gilets Jaunes et autres citoyens en colère des lieux pour se réunir dans la durée. Des lieux pour débattre. Des lieux pour initier des propositions politiques et sociales. Des lieux également pour rencontrer les citoyens qui ne seraient pas encore entrés dans la lutte mais qui pourraient le faire : occupations de rond-points, création de cabanes de GJ, occupations de bâtiments, de places... Reprenons ce qui est à nous, et reprenons le pour lutter et pour se rencontrer. De nombreuses autres idées peuvent (et doivent) sûrement voir le jour. La chance du mouvement, et sa force, se trouve dans son horizontalité et dans le fait que chacun peut lancer une idée, et que celle-ci se verra réalisée si assez de GJ la trouve intéressante et souhaitent la mettre en œuvre. Que ces jours soient donc la période où fleurissent les idées et les propositions. Pour que dans quelques jours puissent éclore les fleurs de la révolte.

Crédit photos  : Le Désastre / Jérémie Rozier

 


Acte 23 à Paris : liens et infos pratiques

** Dossier actualisé le 19 avril à 22h45 **
Après l’impact de l’opération Ultimatum du 16 mars à Paris, des GJ ont lancé l’idée d’un nouveau rassemblement national à Paris. Malgré l’escalade répressive, des milliers de personnes semblent toujours déterminées à continuer la lutte. Nous vous proposons donc ici un dossier avec toutes les infos et liens utiles pour ceux désirant venir à Paris ce jour là. Cet article sera actualisé au fur et à mesure que des infos et contenus tomberont. N’hésitez pas à nous faire parvenir tous liens ou contenus (textes, vidéos, images) en lien avec cet événement.

Les heures et lieux de rendez-vous :

Message d’ultimatum GJ Officiel : 19/04 à 20h :

Les 3 rendez-vous de demain 10H :
– Parvis de la Gare du Nord
– Porte Saint-Denis (à coté du métro Strasbourg Saint-Denis)
– Place du Châtelet (en face du théâtre du Châtelet)

Pour tous converger à Madeleine à 12H avant de partir à l’assaut de l’Elysée et des champs.

A LIRE JUSQU’AU BOUT !!!

Les 4 rendez-vous vont permettre aux milliers de personnes de se retrouver avant de converger ensemble vers un même objectif: faire le siège de l’Élysée.

Ne soyez pas aux rendez-vous avant 10H00. Ceci vous évitera les contrôles et les nasses. Il faut TOUS Y ÊTRE entre 10H00 et 10H10. PAS AVANT.

Pour ce faire, restez aux alentours, à 10 minutes de marche du point de rassemblement. Évitez de descendre aux stations de métro trop proches des points de rassemblement. Buvez un café (mais pas trop quand même), préférez la marche deux par deux plutôt que par groupe. Ne portez pas encore vos gilets jaunes, évidemment.

En quelques minutes entre 10H00 et 10H10 apparaissons par milliers aux quatre points de rendez-vous !!!

N’ayons pas peur de Castaner.
Reprenons les Champs
Ne suivons aucune manif déclarée

.
Message d’Eric Drouet :

RDV samedi 10h30 devant le ministère des finances a Bercy.
Deux cortèges différents. Départ des deux cortèges à 12h :
https://www.facebook.com/events/381707506012393/

Message de “Déclare ta manif” :
RDV 11h30 BASILIQUE DE ST DENIS

Les informations de la Préfecture :

RATP :
Plusieurs stations de métro seront fermées dès 8h
Des lignes partiellement coupées.

Secteur de Notre Dame interdit de manif : ARTICLE

L’arrêté préfectoral avec toutes les zones interdites aux manifestations et à la circulation : LIEN

Organisation et conseils :

Logistiques :
Hébergement / covoiturage GJ sur Paris

Autres liens utiles :
Conseils pratiques en manif
Médiamanif : cartographie participative en temps réel pour suivre les différents cortèges et présence policière.

Les différents appels et événements :

Teasers vidéos :


Gilets Jaunes - Une Stratégie pour la victoire

[APPEL DE LILLE INSURGÉE]

- Au vu de notre constat, des rendez-vous déjà présent sur notre calendrier, et des propositions de l'assemblée des assemblées qui a eu lieu ce week-end à St-Nazaire, nous proposons ici une stratégie afin que la lutte des gilets jaunes se relance, continue et gagne. Cette stratégie en 7 actes commence le 20 avril et s'étend jusqu'au 11 mai. -

🔶 Le constat 🔶

Le mouvement des gilets jaunes est au départ, un mouvement de proximité. Le 17 novembre, un rond-point était occupé à quelques dizaines de kilomètres de chez soi, au maximum, peu importe où nous habitons. Pourtant, aujourd'hui, les appels à manifester sont des appels régionaux (à l'image de Lille chaque semaine) ou nationaux (à l'image de Rouen lors de l'acte 21). Ces appels, pour des raisons sans doute de fatigue, de temps, et d'argent ne mobilisent que quelques milliers de personnes. Beaucoup ne peuvent plus se permettre de faire plusieurs dizaines, voir centaines de kilomètres de route chaque samedi sans que celui-ci n'amène à la révolution. C'est pourquoi nous pensons, qu'il faut conserver des appels nationaux à Paris (une fois par mois par exemple) mais que, en dehors de ce temps, nous devons décentraliser nos manifestations et nos actions.

🔶 Stratégie en 7 actes 🔶

Acte 1 : Samedi 20 avril, maintenir la pression à Paris avec l' Acte 23 : Paris Ultimatum Et Révolte Du Peuple !

Acte 2 : Samedi 27 avril, décentralisation des manifestations.
- Nous proposons qu'il y ait plusieurs gros appels, dans des villes stratégiques de chaque région.
- Dans les hauts de France, cela se traduirait par de gros appels à Dunkerque, Béthune, Douai, Cambrai par exemple. (Pas forcément de manifestation à Lille)
A noté : Une marche nocturne est déjà prévu à Cambrai la veille au soir - Marche Nocturne Cambrai

Acte 3 : Mercredi 1er Mai - Acte Ultime : Paris, capitale de l'émeute - Le but est de faire une convergence entre les chasubles rouges, les gilets jaunes et les k-ways noirs et ainsi mettre un gros coup de pression sur la capitale et sur le pouvoir.

Acte 4 : A partir du 1er Mai - Semaine jaune d'action. Sous propositions de l'assemblée des assemblées, une semaine jaune d'action s'organise du 1er au 8 mai (et après ?). L'appel à cette semaine jaune doit, selon nous, se traduire par un retour massif sur les rond-points, sur les blocages. Nous devons retrouver la force qui nous avait fait bloquer le pays le 17 novembre. Laissons place aux initiatives. Tu veux bloquer le rond-point en bas de chez toi ? Contact tes potes, partage l'info sur les groupes Facebook et go !

Acte 5 : Samedi 4 mai, pour l'acte 25, décentralisons au MAXIMUM les manifestations. Quitte à ce qu'il n'y ai personne sur les grosses villes. Peut importe, le mouvement n'est pas parti d'ici.
Dans la région, le samedi 4 mai, organisons des grosses manifestations à Dunkerque, Cambrai, Béthune, Douai, Valencienne, Boulogne sur mer, Arras etc.
Le but est ici de remobiliser les personnes qui ont pu quitter le mouvement et de ne pas avoir à se déplacer pour manifester.

Acte 6 : Jeudi 9 mai - convergence (nécessaire) avec l'appel unitaire de tous les syndicats de la fonction publique. Actions de blocage et manifestations sont prévu.

Acte 7 : Samedi 11 mai, victoire. Par tous les moyens nécessaires. Car 6 mois de luttes ne peuvent être aussi peu considéré par le pouvoir.

Si cela ne suffit pas, nous vous laissons écrire la suite.

Vous l'aurez compris, après plus d'une vingtaine d'acte, Nous entrons dans un nouveau volet de ce mouvement. Celui du printemps.

Ahou !


Soutien à la lutte des postiers du 92

Aujourd'hui on avait envie de vous raconter l'histoire de cette lutte, locale mais tellement intense et exemplaire par sa durée.

Celle des postiers du 92.

Nos facteurs et factrices, ceux qui, tous les jours sont les porteurs de nos nouvelles, bonnes ou moins bonnes...Ceux qu'on n'imagine pas voir disparaitre, les "invisibles" pourtant...exploités comme la plupart d'entre nous, et payés une misère cependant.

Ils sont 150, en grève illimitée depuis1 an!

Un triste record an France mais pourtant si symbolique de l'absurdité de l'époque que nous traversons...

Oui... 1 an de solidarité, de fraternité retrouvée, de tristesses, de joies, de coups durs, d'avancées aussi.
1 an a avoir pris la décision, calme, déterminée, et sans faille, de se serrer les coudes, et de ne pas se lâcher, en dépit de la répression violente contre eux. Tout y est passé, menaces disciplinaires, arrestations, procès, violences policières, paies à zéro.

Mais rien n'y a fait, ils résistent, ils occupent, ils manifestent, ils bloquent, ils inventent chaque jour des solutions pour pouvoir continuer jusqu'à une victoire.
Et ils trouvent le temps d'être, depuis le début présents sur tous les fronts, les samedis avec les gilets jaunes, et les jours de semaine aussi.

C'est beau, c'est courageux et ça mérite d'être mentionné, comme une piste à rejoindre ensemble...
Parce que de toute évidence, nous autres, avons cette arme fatale en main, et cette arme là, nous pouvons continuer à l'utiliser tout comme ces hommes et femmes déterminé-es.

Blocage de l'économie, alliances entre tous les secteurs en bataille et extension de la lutte au monde du travail.

*****Aujourd'hui, 10 avril 2019, Gaël Quirante a, une fois de plus, été convoqué au commissariat du 13e arrondissement de Paris, au motif d'avoir contrarié (avec 200 personnes quand même) un banquet organisé en Juin 2018 à la "station F", un rassemblement de "start ups" à la sauce macronnienne.****

Ce motif est tout de même extrêmement révélateur de la déconnexion de ces gens là...

Tout cela nous renvoie à la répression que nous subissons continuellement ces mois ci, et les nombreuses arrestations, gardes à vues, blessures, etc, sans aucun respect des droits humains qu'on pourrait encore croire être des principes inhérents à toute démocratie.

Alors on vous pose ici un extrait de l'intervention de Gaël Quirante devant le commissariat ce mercredi 10 avril 2019, parce qu'il est vibrant et sincère.
Filmé en live par Nnoman Cadoret photoreporter engagé, qui suit beaucoup de luttes, et celle ci, depuis le tout début

Parce que comme les postiers et postières du 92, nous sommes tous entrés dans cette phase de réveil ou nous refusons ce vieux monde.

Un monde qui veut faire croire à un dieu profit, et qui prétend oublier que sans l'Homme, et sans la nature, rien n'existera plus.

Parce que nous devons les arrêter, parce que ça suffit!
Nous croyons, tout comme ces hommes et femmes, à un avenir meilleur, et nous allons le faire vivre!

Soutien à eux, soutien à tous ceux qui ont ce besoin vital d'avancer ensemble vers ce #OuiAuFutur avec enthousiasme et détermination!

Tout seul on va vite ensemble on va plus loin!