G7 BLOKATU : Bloquons le G7 et son monde !

Un appel du collectif G7 BLOKATU en cinq langues (français, basque, anglais, espagnol, allemand) à bloquer le sommet du G7 du 24 au 26 août prochain à Biarritz.

G7 BLOKATU est un collectif de personnes opposées au sommet du G7 qui se tiendra à Biarritz du 24 au 26 août prochains. Issu·e·s de la société ou militant·e·s engagé·e·s, nous portons l’urgence d’un monde meilleur aux antipodes de celui que représente leur sommet.


Le capitalisme s’incarne dans les sept chefs d’État et leurs acolytes qui se rassemblent en Pays basque. Ils y seront bunkerisés, (in)sécurisés : à distance des peuples qu’ils ne représentent plus. C’est l’occasion de leur prouver qu’ils sont seuls, entre eux, et qu’ils appartiennent à un temps révolu.


Notre objectif sera de perturber le bon déroulement du G7 par des actions de désobéissance civile massives en entravant ou bloquant la circulation des biens et des personnes qui participent au sommet. Ces actions, nous les voulons à notre image : solidaires, créatives et participatives.


Nous n’aurons ni canon à eau ni véhicule blindé léger. Nous n’utiliserons ni lanceur de LBD pour éborgner ni grenades pour mutiler. Nos seules armes seront nos corps que l’on expose, nos convictions, notre détermination et notre solidarité dans l’action.


Nous faisons appel à désobéir aux mesures sécuritaires imposées par le gouvernement qui décrète l’état de siège et de non-droit sur notre territoire. Nous refusons de céder devant l’ignominie de leurs menaces, nous refusons la peur et la tristesse. Nous luttons pour l’espoir et la joie.


Dès aujourd’hui, nous invitions celles et ceux que l’espoir d’un monde meilleur anime à nous rejoindre. Ensemble, imaginons et organisons des actions qui empêcheront les puissants de ce monde de se pavaner en toute impunité. Barrons-leur la route pour dégager d’autres chemins.


Peuples d’ici et d’ailleurs, vous, nous, soyons des milliers à les encercler, les isoler, les empêcher !
La violence est de leur côté, la justice du nôtre.

Info : g7blokatu@riseup.net


Jaunes, vertes, noires et rouges : les graines de la révolution sont plantées

L'histoire n'est jamais écrite à l'avance. Ceux qui tentent de convaincre du contraire sont ceux qui ont le plus à perdre dans l'idée d'un horizon différent et rempli de changements, voire de révolutions. Sept mois après le début du mouvement des Gilets Jaunes, le pouvoir et les médias dominants s'en donnent à cœur joie pour parler de cette révolte inédite au passé, pour faire comme si tout ce qui concerne les GJ se trouve uniquement derrière nous... Et pourtant ! On n'arrête pas une forêt en piétinant sa végétation, en l'enterrant. Car il y a les graines. Et les graines, cela pousse.

En sept mois, on peut raisonnablement estimer qu'entre 300 000 et 500 000 personnes ont participé au moins à une action Gilets Jaunes. C'est énorme et c'est potentiellement autant de graines révolutionnaires. Car la quasi-totalité de ces personnes reste convaincue que le pouvoir actuel ne sert que les plus riches et les plus puissants. Si elles ne viennent plus aux manifs, ce n'est pas parce que Macron les a convaincues. C'est plutôt parce qu’elles pensent que ces rassemblements ne peuvent aboutir réellement à un changement radical. Mais cela fait des décennies que l'envie de révolution n'a pas été aussi présente dans la population française !

Plus de 10 000 personnes ont été arrêtées au cours de ce mouvement historique. Plus de 800 peines de prison ferme prononcées. Des milliers de personnes blessées, dont plusieurs centaines très grièvement. On peut légitimement chiffrer à plus de 15 000 le nombre de personnes frappées par la répression policière et/ou judiciaire. Un chiffre vertigineux, qui prouve que le mouvement n'est pas un simple "mouvement social" mais qu'il porte en lui un ADN insurrectionnel, voire révolutionnaire. Le pouvoir ne tient que par la force, la menace et la peur. Peur d'être condamné à de la prison pour simple présence à des rassemblements non déclarés, peur de perdre un œil ou une main... voire pire.

Pourtant, malgré ces 15 000 victimes de la répression, malgré ces menaces, des milliers de personnes continuent de manifester, de bloquer, d'organiser des actions et des concertations. Cela tient presque de l’irrationnel quand on voit le mutisme du pouvoir qui ne sait répondre que par la violence et le mépris. Surtout, même parmi ceux qui ne manifestent plus, les mentalités ont évolué, notamment le regard face à la légitimité du pouvoir et de son bras armé.

Si Macron a réussi à maintenir l'ordre économique et politique en place, il l'a fait en dévoilant son vrai visage : autoritaire et ultra-violent. Le vernis démocratique, égalitaire et républicain de notre société a totalement volé en éclat face à la contestation. Notre société n'est démocratique que lorsqu'on ne la remet pas en cause. Drôle de démocratie...

Le résultat ? Des milliers de manifestants ont changé de regard sur la police, sur la légitimité du pouvoir mais aussi sur la légitimité d'actions de désobéissance et de résistance, y compris physique. Les médias ont parlé d'ultra jaunes ou d'infiltration des extrêmes pour analyser ce phénomène. Malheureusement pour eux, le phénomène est bien plus complexe et profond qu'une simple "infiltration". De plus en plus de personnes comprennent qu'un changement profond du système ne pourra avoir lieu sans déjouer les règles de ce système. Puisque les règles ont été faite pour le maintenir en place, ce système.

La question n'est même pas de savoir s'il faut ou non de la violence dans un mouvement. Il s'agit simplement de comprendre, et d'accepter que le système qui nous a été présenté depuis notre enfance comme ce qui se faisait de plus juste et d'égalitaire n'est désormais qu'une façade pour servir les plus puissants qui se gavent sur le dos des plus pauvres et de la planète.

Car la "radicalisation" comme voudrait l'appeler les médias dominants ne touche pas que les Gilets Jaunes. Les différentes mobilisations écologistes ont également connu ce phénomène. Car les mobilisations massives des derniers mois n'ont strictement rien changé à l'attitude des dirigeants politiques face à l'urgence climatique. Et si la répression a été moins violente, c'est uniquement parce que la mobilisation était moins gênante pour le pouvoir (si massive soit-elle). Dès que des militants écolos ont tenté des actions hors du cadre légal, même de façon totalement pacifique, le pouvoir a réprimé sans la moindre hésitation, à l'image de l'action récente d'Extinction Rébellion sur le Pont Sully.

Des graines vertes en plus des graines jaunes donc. Auxquelles nous pouvons rajouter des graines noires. Celles de Gilets Noirs, ces travailleurs sans papiers qui luttent avec courage et détermination depuis plusieurs mois pour des conditions de travail dignes et la liberté de circulation et d'installation. Des graines rouges également avec tous ces travailleurs syndiqués (ou non) qui ont décidé de se battre et de ne rien lâcher, malgré les trahisons des principales directions syndicales. A l'image des postiers du 92 ou des salariés et intérimaires de Géodis. Le monde de l'éducation mais aussi celui de la santé ont également compris que la lutte ne se gagnerait que de façon globale et radicale.

Si l'on prend un peu de recul, le mouvement contre la loi Travail de 2016 est lui aussi porteur de cette dynamique hautement subversive, avec l'apparition de cortèges de tête solidaires des black blocs, avec des pratiques de plus en plus offensives et alternatives. L'occupation de place pour échanger et réfléchir à une nouvelle société était également présente dans l'esprit de Nuit Debout. En trois ans, la société française a ainsi connu plusieurs mouvements sociaux aux visées clairement révolutionnaires et menés de façon totalement décentralisés et horizontales. Prendre conscience de cette situation, malgré les échecs à court terme de chacune des mobilisations, c'est cerner la puissance et le potentiel insurrectionnel de la société actuelle.

Ce mouvement de fond qui pousse des militants (ou simples citoyens) à penser la lutte de façon globale et radicale, le pouvoir n'a pas réussi à l'endiguer. Bien au contraire. Et si la fameuse "convergence des luttes" n'est aujourd'hui que parcellaire et ponctuelle, il y a une vraie convergence d'état d'esprit et de détermination. Une idée de l'urgence climatique et sociale. Une volonté de justice et d'égalité. De vivre dans la dignité et de ne plus survivre.

Personne ne peut prédire l'avenir. Mais nous savons que ceux qui nous présentent un avenir où la contestation radicale du système n'a plus lieu d'être sont uniquement ceux qui craignent cette contestation. Et nous savons que semaines après semaines, mois après mois, le rang des résistants et des effrontés grossit. Avec ou sans gilets jaunes. Avec ou sans Kway noirs.

Plusieurs centaines de milliers de graines jaunes, rouges, noires et vertes sont en train de germer et de grandir sous le sol. Personne ne sait quand et comment elles sortiront de terre mais cela arrivera, n'en déplaise aux adeptes du conservatisme.


OÙ EN SOMMES NOUS FACE A L’INCOMPÉTENCE DE LA POLITIQUE ?

Aujourd’hui, 2 juin, Laurent Nuñez, secrétaire d’Etat auprès du ministère de l’intérieur annonce qu’il n’est pas question de supprimer le LBD. Que cela soit pour les Gilets Jaunes où dans les quartiers la lecture est la même : Aveu d'une incompétence à régler les problèmes sociaux et préférer la brutalité pour que rien ne change.

La réalité de la politique des gouvernements c'est qu'ils n'ont plus besoin de caresser les classes moyennes dans le sens du poil comme avant. Le choix est guerrier. Comme il l'a toujours été dans les quartiers, comme il l'a toujours été quand ils n'ont plus rien à vendre et quand ils peuvent nous faire acheter de force. L'échiquier est tel que de toute façon la rentabilité est assurée. De gré ou de force. Nous paierons les augmentations le flashball sur la tempe s'il le faut, nous irons au travail la boule au ventre ou serons poussés au suicide s'il le faut. Les grèves, blocages et toutes autres contestations sérieuses seront réprimées brutalement. L'Etat n'apparait alors plus que comme une seule chose : une armée d’occupation.

Jamais nous n'avons voté pour régler les problèmes à coups de flashball, jamais nous n'avons voté pour être en permanence surveillés, que ce soit par les caméras qui pullulent dans nos villes ou par les algorithmes qui décortiquent nos conversations et nos habitudes. Jamais nous n'avons voté pour qu'il n'y ait plus de rétrocontrôle une fois un président élu. Jamais nous n'avons voté pour être éborgné lorsqu'on proteste pour de la justice sociale, de la justice fiscale et de la justice écologique.

Cette politique n'est qu'une vaste capture du vivant et nous sommes comme des animaux dans un zoo. Parqués, contrôlés et réprimés.

Face à cette incompétence, face à cette trahison de l'Etat qui modèle un avenir détestable en osant encore s'appeler démocratie, nous sommes beaucoup à avoir pris acte qu'il n'y avait plus rien à attendre de ce coté. Et à l’heure actuelle, l’Etat est un étouffoir qu’on aimerait voir reculer. C'est pourquoi du plus petit village à la plus grande ville nous nous sommes soulevés pour au final deux choses : Abolir ce pouvoir autoritaire et inventer une nouvelle forme de vie en commun.

Qu'on l'appelle RIC ou assemblée des assemblées, c'est une démocratie directe qu'on est en train de construire. La phase dans laquelle nous sommes pourrait se résumer de la sorte: nous n'avons pas renversé le trône et nous n'avons pas encore construit la nouvelle démocratie. Par contre nous sommes à la tâche. Aujourd'hui peut apparaitre comme un coup de fatigue, nous avons en effet été assommés par les milliers de blessures, d'arrestations et d'emprisonnements. Il y a moins de monde en manif. Par contre nous sommes partout. Si aujourd'hui nous sommes moins visibles c'est que nous sommes un peuple de fourmis, à la tâche dans tous les recoins du territoire. Nous travaillons à la base pour bâtir un monde plus habitable. Respectueux de la nature et de l'humain. Partout les assemblées continuent, les cabanes sont construites, des outils de communications indépendants développés, des actions entreprises, et parfois même une maison du peuple est inaugurée. Nous sommes bien en train de bâtir les bases d’un monde désirable.

Ces 6 mois de luttes ont profondément changé notre rapport au monde et aux autres. Des dizaines de milliers de personnes ne retourneront plus dans leur vie d’avant qui leur apparait désormais comme un tapis roulant de centre commercial où tous les choix sont déjà faits à notre place. Grâce aux Gilets Jaunes, les gens ont retrouvé de leur libre arbitre, ont imaginé des utopies, ont expérimenté l’auto gestion et l’horizontalité, savent qu’on peut vivre sans chef et que ce qu’ils ont fait depuis 6 mois avait d’ailleurs beaucoup plus de poids et responsabilités que n’en n’aura jamais leur patron.

Nous avons livré une bataille contre le pouvoir qui a définitivement révélé son vrai visage, révélé les pires bassesses et brutalités qu’il est prêt a assumer pour préserver les inégalités. Maintenant, c’est le temps de poursuivre ce qu’on fait depuis 6 mois en s’organisant sur les ronds points ou partout ailleurs : Bâtir ! Je me risquerais à une métaphore hasardeuse. Celle de l'extinction des dinosaures : en surface, les Macronosaures, les Trumposaures, les Salviniosaures, les Poutinosaures, les Erdoganosaures, les Bolsonarosaures et plus généralement tous les capitalosaures sont en train de fanfaronner, de se tailler des parts aussi énormes que honteuses du gâteau. Mais ils sont aussi en train de créer les conditions de leur propre cataclysme tout autant écologique que social. Pendant que leurs mains se resserrent sur nos cous, leur météorite arrive. Et nous, nous sommes les petits mammifères oeuvrant en souterrain et qui leur survivront. Modestement, lentement, mais sûrement.

Photo : William Wartel


Interview : Yvan Le Bolloc'h

On a rencontré l'un des artistes qui s'est le plus rapidement impliqué et solidarisé du mouvement des GJ. L'occasion de faire un bilan des 6 mois de mobilisation et de découvrir à quel point ce mouvement reste plein de promesses et d'espoir.


"Perdons patience, positivement. Ayons plus confiance en nos intuitions et notre feu"

Tribune de Evguénia Markon

Qui a dit : « ll faut rester patient et les choses bougeront. Même en six mois, ça ne peut pas changer comme ça. Si on reste mobilisés, unis, à mon avis les choses changeront »? Cette petite musique, on l'entend régulièrement chez des soutiens médiatiques des Gilets Jaunes ou les gnangnans. Ceux qui organisent ou encouragent depuis janvier de longues marches déclarées et encadrées par des forces de l’ordre qui nous matent, nous imposent leur rythme et leur scénario sadique, inlassablement, et au terme desquelles on nous somme de rentrer gentiment chez nous (alors qu’on était là pour aller chez Macron chez lui, non?). Ceux qui nous demandent d’endurer les gaz, les blessures, nos blessés graves et de comprendre que les procédures pénales contre les violences policières sont longues (en fait, elles n’aboutissent quasiment jamais !). Ceux qui nous disent depuis des mois que les forces de l’ordre sont fatiguées, prêtes à déposer les armes là, demain. Ceux qui nous assurent qu’on gagnera la bataille par la conquête de l’espace médiatique et la sacro-sainte opinion publique, que ces (autoproclamés) leaders d’opinion occupent gentiment pour nous. Ce sont les François Boulo, François Ruffin, Philippe De Veulle, les conférenciers du RIC, les petits soldats socdem des politiciens locaux, parmi d'autres. Ils sont de gauche (pour les deux premiers) ou de droite dure (pour le troisième), qu’importe, c’est la même chanson. Ils rappellent les députés du Tiers état, avocats, médecins, professions libérales, gens d'affaire qui ont pris dès le début le pouvoir dans les assemblées populaires de la Révolution française, et ont mis de côté le monde paysan et le petit peuple des villes. Ils ont imposé un langage démocratique et des codes (comme aujourd'hui le RIC) pour exclure des tribunes ceux qui « parlent mal » et leurs expériences. Ils ont été les vainqueurs de la Révolution.

Admettons, que ces soutiens veulent le bien du mouvement des Gilets jaunes. Quoique qu’on ne peut pas s’empêcher de penser que Ruffin y joue aussi des ambitions politiques de moyen terme et que De Veulle, habituellement avocat de flics, travaille aussi ici pour les dossiers de ses clients, et qu’il n’a pas perdu par enchantement dans le mouvement sa conception sécuritaire de la société. Soit, admettons qu’ils ont été eux aussi séduits par le mouvement. Il ne s’agit pas ici de diviser, de remettre en question leur engagement et leurs apports. Mais apprenons de l’histoire. Perdons patience, positivement. Ayons plus confiance en nos intuitions et notre feu, ce feu qu’on sent quand on se parle en face-à-face, aux ronds-points et en manifs. Toutes ces heures où l'on se parle, se rencontre, échange nos idées, nos joies et nos galères. Notre communauté jaune du quotidien.

Ces soutiens peuvent se permettre de faire preuve de patience et nous demander d’être patients. On leur enseigne cela dans les classes sup. Quelque soit le résultat du mouvement, ils gagneront de toute façon en popularité, ils nourriront leurs réseaux. Ils sèment maintenant pour des campagnes qu’ils conduiront plus tard. De leur côté, les Gilets jaunes lambda, qui n’ont rien à gratter en terme de popularité (à part les quelques figures influentes et éphémères sur Facebook), ni de business politique ou de carrière à rôtir sous le soleil jaune, se prennent la répression policière et judiciaire en pleine gueule, physiquement et avec des répercutions à long terme dans leur vie sociale et pro. Je pense aux 2000 GJ condamnés par la justice, aux 800 qui ont pris du ferme et aux 1800 en attente de leur jugement. Je pense aux 600 blessés et aux 24 éborgnés. Ils sacrifient tout, santé, temps, argent. On entend d'ailleurs beaucoup moins parler des incarcérés que des blessés par ces soutiens. Or, il n’y a pas de mauvais ou bons manifestants, notre mouvement est un tout. Nous soutenons tous les jaunes. Nous sommes une famille, comme on aime à le dire.

Le système tire sa force de sa patience, de sa régularité dans sa surdité et sa violence. Ils nous livrent une guerre d’usure. Notre force n’est pas la patience et la routine. Nous ne sommes pas des boeufs de trait, de la chair à LBD. Nous ne sommes pas des victimes ni des martyrs. Notre force est dans nos expériences partagées, notre réflexivité tactique, notre spontanéité, notre capacité à s’entendre entre impulsifs-persévérants, nos fulgurances. Tout ce qu'on n’obtiendra pas maintenant, on ne l'aura jamais. On ne lâche rien.

Crédit Photo : Le Désastre / Jérémie Rozier


25/26 mai : infos et liens utiles (Amiens / Paris / Bruxelles)

L’acte 28 s’annonce comme un moment très particulier pour le mouvement des Gilets Jaunes. Il pourrait bien marquer un tournant pour la suite de la lutte : Il s’agit du troisième rdv “mensuel” des Ultimatum parisiens, les deux premiers ayant été particulièrement massifs et offensifs (16 mars et 20 avril). Mais c’est aussi le jour d’un appel national à prendre la ville de Macron (Amiens) avec une journée d’échanges, d’actions, de concerts et de surprises. Le lendemain, jour des élections européennes, les GJ français et belges (voir au delà) sont invités à se réunir à Bruxelles pour mettre la pression sur les futurs dirigeants européens, quel qu’ils soient.

Pour s’y retrouver et préparer au mieux votre weekend déter, voici donc un article avec tous les infos et liens utiles. Nous actualiserons régulièrement l’article avec les nouvelles infos.

Dernière actualisation : Lundi 20 mai 2019 à 15h00

AMIENS

Infos RDV :
Voir visuel ci contre

Événement Facebook
Groupe d’hébergement / Covoiturage

PARIS

Infos RDV :
Aucune manif déclarée pour le moment.
De nombreux appels à ne déclarer aucun rassemblement.
Le lieu de rdv sera donné le samedi matin, à 9h.

Préfecture / RATP :
Stations fermées des 8h : Franklin Roosevelt, Concorde, champs Élysées, Miromesnil, Assemblée nationale, Varenne, George 5, Tuileries, Charles de Gaulle Étoile
Appels Facebook
(Le premier événement, qui comptait plus de 10 000 intéressés, a été supprimé par Facebook)
Ultimatum 3 Appel Mondial à Paris
Ultimatum 3
Pour la victoire du peuple
Résurrection, le retour !

BRUXELLES

Événement Facebook principal
Cortège climatique

VIDÉOS

https://youtu.be/8SZm27rRhuU


GJ, vous êtes si beaux !

Depuis le début du mouvement, les médias et le pouvoir ne cessent de salir et d'insulter les Gilets Jaunes : racistes, assoiffés de violence, homophobes, sexistes, vulgaires...  Même si de plus en plus de monde se rend compte de la malhonnêteté de ces manœuvres, à l'image des 1 400 artistes et de l'appel "nous ne sommes pas dupes", ce travail quotidien de discrédit depuis six mois laisse des traces. A tel point que certains citoyens n'osent pas sortir en centre-ville le samedi, ou que des personnes en lutte (enseignants, hospitaliers...) ne veulent pas se joindre à des actions de GJ de peur que cela soit trop violent. Bien sûr, il y a la peur des gaz et des charges policières. Mais pas que.  Quelque chose reste dans l’inconscient collectif.

Et pourtant. Si violence il y a eu lors de quelques actes depuis 6 mois, cela ne reflète clairement pas l'essence du mouvement. Un mouvement avec tellement de belles choses, de belles personnes et de beaux moments. Alors, même si ce texte ne pourra pas rééquilibrer la balance générale, voici une déclaration d'amour aux Gilets Jaunes et à leur beauté !

Que c'est beau de voir des personnes si différentes se réunir dans la rue. Jamais nous n'avions vu une telle diversité dans un mouvement social. Que c'est beau de voir des juifs manifester avec des musulmans, des catholiques et pleins d’athée. Beau de voir un mouvement social avec autant de femmes dans les rues, dans les assemblées, sur les ronds-points.

Si beau de voir des personnes ne pas reculer face aux armes de terreur de la police : canon à eau, gaz, flashball. Des personnes en fauteuil roulant ou en béquilles, qui reviennent, acte après acte, malgré la violence de la police. Des personnes pour qui chanter "révolution" ou "ça va péter" n'est pas du folklore syndical mais bien une menace face à un pouvoir abject. Des gens pour qui construire une France Insoumise n'est pas qu'un slogan politique.

Tellement sublime de voir des milliers de personnes chanter sous les lacrymo ou dans une nasse, avec la joie de vivre et d'exister.  Voir des personnes âgées échanger avec les plus jeunes générations, et nous surprendre par leur rage et leur courage, que certains prennent pour un manque de sagesse !

Quel plaisir de voir se créer des assemblées. Puis des assemblées des assemblées. Sans que ces groupes ne tentent de parler au nom de tous, et sans qu'aucun individu ne soit mis en avant. C'est une première de voir un mouvement national, rassemblement de dizaines de milliers de citoyens, avancer et créer de façon totalement décentralisée et horizontale. En 26 semaines, les GJ ont réalisé bien plus d'actions, d'occupations, de débats, de manifestations que les structures de l'époque d'avant, et ce, sans leader ni organe centralisé. Putain que c'est beau.

Que c'est beau de voir tant d'ingéniosité pour réinventer la lutte, semaine après semaine : actions sur les péages, occupations de ronds-points, manifestations sauvages, fanfares, créations de cabanes, blocages d'entreprises et d'institutions, barbecues, sit-in...

Que c’est beau une vitrine de magasin de luxe défoncée avec écrit « on prend l’isf à la source ». Que c’est beau un 1er décembre qui fait vraiment flipper Macron, le Medef et tous les "puissants". Que c’est beau une manif sauvage qui fait enfin revivre une ville et qui nous fait sentir puissamment réel.

Et bien sûr, que c'est surprenant et vivifiant de voir qu'autant de GJ ne lâchent pas, malgré 6 mois de mobilisation et un pouvoir toujours aussi muet et méprisant. Une telle endurance dépasse tous les schémas connus des luttes sociales "classiques". Et c'est déjà une victoire extrêmement importante. Une victoire qui ne se voit pas et qui portera ses fruits dans quelques mois, et ce, pour plusieurs années. Des dizaines de milliers de citoyens se sont éveillés et ont construit de nouveaux modes de pensée, de luttes et d'existence. Qu'importe comment se terminera ce mouvement, il ne se terminera finalement pas vraiment. Pas de retour à la normale possible pour ceux qui se sont réveillés et qui voient désormais le pouvoir politique comme l'instrument de domination des plus riches, et la police comme un instrument de contrôle de ce pouvoir.

Enfin, la beauté première de ce mouvement, c'est l'amour qui se dégage chez ces milliers de Gilets Jaunes. L'amour pour la lutte. L'amour pour la vie. L'amour pour les autres. Les rencontres lors des AG ou des manifestations. Les fous rires. Les amitiés naissantes. Tellement d'amour. Tellement de vie.

Alors oui, mille fois oui, vous êtes tellement beaux ! Ne l'oubliez jamais.

Crédits photos : Julien Gidoin


Les faux comptes twitter de LREM

Samuel Laurent, journaliste pour la rubrique "Les Décodeurs" du Monde, est en train de mettre en évidence une énorme campagne twitter de troll de la part des équipes de la République en Marche. Des faux comptes, avec notamment des photos d'actrice porno, qui likes et retweet des posts par milliers, tous pro LREM. Mais aussi des tweets exactement identiques (photos et textes) sur des dizaines de comptes différents et apparemment sans liens.  Certains comptes sont à plus de 6 tweets à la minutes depuis plusieurs semaines !

Pour voir en détail le travail de Samuel Laurent sur cette question :
https://twitter.com/samuellaurent

Quelques exemples :


Pour un acte 26 massif

Depuis ses débuts, il y a 25 semaines, le pouvoir tente, avec l'aide des médias de masse, d'enterrer le mouvement des GJ. Il minimise l'ampleur des rassemblements et du soutien de la population au mouvement.

Fin décembre, profitant des fêtes de fin d'année, le pouvoir annonce que le mouvement est terminé et qu'il ne reste que quelques centaines d'excités qui ne représentent plus rien.

Réponse le 5 janvier : plus de 150 000 personnes descendent dans la rue, avec notamment une énorme manifestation dans Paris, que la police n'arrive pas à contenir. Même histoire quelques semaines plus tard lors de la fin du Grand Débat, où le pouvoir annonce la fin de la contestation. Sauf que le 16 mars, les GJ en décident autrement.

Aujourd'hui, le pouvoir espère que le 1er mai était le chant du cygne du mouvement. La faible mobilisation du samedi est perçue comme la preuve que c'est fini, enfin !

Sauf que non, loin de là. Samedi, de nombreux GJ ont fait l'impasse sur les manifestations des grandes villes car le mot d'ordre était à la reprise des ronds points. Et puis il y avait le 1er mai trois jours avant, qui, pour certains, était le véritable acte 25.

L'ultra-violence de la police le 1er mai, les mensonges de Castaner sur la Pitié et le mépris de Macron renforce plus que jamais la motivation de milliers de citoyens. Surtout, des brèches s'ouvrent dans plusieurs pans de la société et de nouvelles personnes semblent disposées à rejoindre la lutte. En témoigne l'appel de plus de 1 400 artistes ainsi que la lettre d'accusation d'universitaires.

Si le printemps et les chaleurs tardent à s’installer en France, cela n'est qu'une question de jours. Il importe donc d'être massivement dans les rues samedi prochain pour préparer la suite d'un mouvement qui n'en finit pas de rebondir et de se renouveler.


Artistes : nous n'en sommes plus là !

Réponse de quelques Gilets Jaunes à l'appel des artistes :

Artistes, nous avons lu avec attention et espoir votre appel "Nous ne sommes pas dupes".  Si certains ne manquent pas de rappeler qu'il est un peu tard pour se réveiller, 25 semaines après le début du mouvement, nous pensons que la situation est trop grave pour se permettre ce genre de critique. Toutes les bonnes volontés sont aujourd'hui précieuses pour éviter de perdre cette bataille.

Car votre constat est le bon : aussi bien sur les revendications des GJ que sur les méthodes abjectes et mortifères employées par le pouvoir. Votre texte se termine par le fait que vous continuerez à vous indigner et à utiliser votre pouvoir, celui des mots, de la musique et de l'art, pour soutenir le mouvement des Gilets Jaunes.

Cela est louable. Mais tellement insuffisant face à l'urgence et la gravité de la situation. Si la dérive totalitaire vous inquiète, il vous faut entrer en résistance. Le pouvoir sait que les revendications des GJ sont éminemment révolutionnaires dans le sens où elle ne trouveront pas de solution dans ce monde actuel, le monde ultra-libéral. L'ensemble des pouvoirs qui tient ce monde travaille donc à détruire cette résistance. Par tous les moyens possibles.

Depuis plus de cinq mois, des citoyens "ordinaires" ont mis une partie de leur vie (personnelle et professionnelle) entre parenthèse pour tenter de changer les choses. Des milliers en ont payé le prix fort : arrestations, agressions,mutilations, insultes, dénigrements, amendes, licenciement... Et pourtant, ils continuent. Avec dignité, courage et allégresse. Dans ce combat, le soutien d'artistes, connus ou non, pourrait apporter une force incroyable à la lutte.

Le mouvement des GJ a toujours refusé l'idée même de leader ou de porte-parole. Prônant l'horizontalité, les GJ mettent l'action individuelle au centre de l'engagement collectif. Mais si chaque citoyen a le pouvoir d'agir, nous savons aussi que certains ont accès à des leviers de pression que la plupart n'ont pas. Nous sommes conscients de la société dans laquelle nous vivons. La société du spectacle du regretté Guy Debord. A ce titre, le combat se mène aussi sur le front de l'image. Face à des médias de masse qui stigmatisent (volontairement ou non) les GJ, il est particulièrement important de réussir à toucher le plus grand nombre pour espérer leur faire comprendre que ce mouvement est porteur d'espoir d'une société plus juste et plus humaine.

C'est dans cette optique que nous vous proposons quelques pistes pour, qu'à votre niveau, vous puissiez aller au-delà de la signature d'un texte :

- Venez sur les actions, pour nous rencontrer et pour lutter à nos côtés (manif, blocage, banquet, occupation de ronds-points...) ;
- Mettez le gilet jaune lors d'une de vos représentations (par exemple à la fin d'une pièce de théâtre ou d'un concert). Ou même sur les plateaux TV où vous êtes invités ;
- Publiez votre soutien au mouvement sur vos propres réseaux sociaux ;
- Participez en donnant aux caisses de grèves ou de soutien ;
- Initiez des grèves dans le secteur de la culture (théâtre, musique, audiovisuel, cinéma...) ;
- Tentez de bloquer, ou au moins de perturber, des festivals (Cannes, Avignon...) ;
- Organisez des soirées de soutien aux GJ (concerts, spectacles...).

Si chacun des 1 500 signataires ne réalise qu'une seule de ces propositions, nous parions que le mouvement sortira particulièrement renforcé de cette période et que le pouvoir en ressortira profondément affaibli.

Alors, pour que votre signature sur cette tribune ne soit pas une fin en soi dans votre engagement mais bien le début d'un mouvement plus profond, nous vous le demandons tout simplement : passez de l'indignation à la révolte. Des milliers de citoyens anonymes l'ont déjà fait depuis des mois, rejoignez-les !

Pour signer cet appel, CLIQUEZ ICI !