Soyons tous des boxeurs transpalettes

Les dès sont tellement pipés que les annonces d'Édouard Philippe n'auront surpris personne. Le poison liberticide est si bien ancré dans notre nourriture quotidienne que l'on accepte le vomi sécuritaire en le trouvant presque bon, tout du moins salutaire.

Nous savions que les réponses du pouvoir face à l'intensité de l'acte 8 seraient féroces et violentes. Choqué par les coups de poing reçus par des CRS et la porte d'un ministère défoncée par un transpalette, le gouvernement joue la même carte que depuis le début : l'escalade répressive. Objectif : mater toute rébellion, en jouant sur la peur d'être blessé et/ou condamné. Quitte à délaisser nos sacro-saints Droits de l'Homme, bien peu utiles quand il s'agit de défendre des intérêts de classe.

L'ultra-sévérité contre l'utra-violence. Discours implacable. Indiscutable : 5 500 gardes à vue, 815 comparutions immédiates, 1 500 manifestants blessés dont plus de 15 personnes avec des membres arrachés (œils, mains, pieds...). Pour quel bilan en face ? Combien de membres arrachés chez les CRS, ou même d'hospitalisation ? Et surtout, combien de mesure de suspension de travail, voir de procédures judiciaires ouvertes face aux centaines de bavures recensées (et répertoriées en photos et vidéos) ?

Sans compter le décès à Marseille de Zineb Zerari suite à une grenade tirée par un CRS dans son appartement. Et, puisqu'on est à Marseille, et qu'on fait le bilan des drames de la crise actuelle, on pourrait rajouter dans la balance à charge du pouvoir les huit morts de la rue d'Aubagne. Auxquels nous pouvons rajouter les dizaines de récents décès liés au mal logement et aux conditions de vie indignes. Car oui, derrière ces drames se cachent toujours des enjeux économiques et des arbitrages du pouvoir et des puissances financières. Et oui, une partie de la population commence à s'en rendre compte et à s'y opposer, fermement, y compris physiquement.

Mais non, il nous faut nous choquer et nous scandaliser d'un homme ayant donné des coups de poing à des CRS sur-équipés et casqués. Nous devrions nous indigner d'une porte défoncée par un transpalette et d'un ministre ayant presque senti l'odeur des sans-dents.

Les nouveaux chiens de garde sont là pour appeler les Gilets Jaunes à retrouver "la raison", à se désolidariser des plus radicaux et des plus violents. Même mécanisme qu'à chaque soulèvement depuis des décennies.

Le discours, à peine voilé, est le suivant : "gueulez tant que vous voulez, mais restez à votre place, et surtout, respectez la loi." Ce respect de la loi qui est sans cesse invoqué pour exclure les parties les plus turbulentes et indisciplinées d'une révolte. Mais qui n'a plus lieu d'être lorsqu'il s'agit des représentants de l’État.

Comment comprendre une société qui accepte sans s’offusquer de voir depuis six semaines autant de bavures policières (passages à tabac, humiliations, violence gratuite) et autant de décisions de justice clairement arbitraires et politiques, et qui s'indigne pour des voitures brûlées et une porte défoncée ? La seule réponse logique est que l’inquiétude ne vient pas de l'acte mais des conséquences potentielles de l'acte, à savoir une insurrection. Voir une révolte populaire.

Le mécanisme légal que le gouvernement veut utiliser contre les manifestants "radicaux" est exactement celui testé il y a près de dix ans par Sarkozy et Hortefeux sur les supporters de foot. Officiellement, et donc aux yeux du "bon peuple français", il s'agissait d’empêcher des hooligans racistes et assoiffés de sang d'accéder aux stades les jours de match, et ce, même si ces personnes n'avaient pas été condamnées par un tribunal. C'est la préfecture qui jugeait de la dangerosité desdits hooligans. Sauf que la mesure à surtout permis de criminaliser les ultras (qu'ils soient de gauche, de droite ou apolitique) et de les empêcher de vivre leur passion dans les tribunes de façon cohérente avec leur mouvement, à savoir en autonomie du club, des autorités et de la fédération. Ce qui gênait Sarkozy et le pouvoir, ce n'était pas quelques dizaines de nazillons (déjà identifiés) mais les milliers d'ultras qui vivaient dans une contre-culture de plus en plus subversive et hors du système ultra libéral du foot de haut niveau.

L'exemple des supporters interdits de stade est donc ô combien éclairant et inquiétant : avec l'épouvantail du raciste violent, le pouvoir va chercher à criminaliser tous les Gilets Jaunes avides de liberté, d'autonomie et de changements radicaux.

La riposte face à ce nouveau virage sécuritaire et liberticide va être très compliqué à trouver. Le pouvoir espère isoler les plus déterminés, puis les voir aller encore plus loin dans la radicalité, pour pouvoir encore plus les isoler et les criminaliser.

Il est donc plus que jamais nécessaire, essentiel, vital, d'être encore plus nombreux samedi 12 janvier dans toutes les villes de France. Et d'être encore plus déterminé, en première ligne, qu'importe la violence de la riposte policière. Ceux qui sont sur le terrain depuis des semaines se rendent compte qu'il n'y a pas d'un côté les Gilets Jaunes Bisounours et de l'autre la foule haineuse tant espérée par Macron. Non, il y a une population extrêmement hétéroclite et solidaire, qui se retrouve. Et se découvre l'envie commune de renverser la table. Une table pourrie sur laquelle le nombre de cadavres et d'injustices ne font que s'amonceler de jour en jour. Car n'en déplaise à BFM et à Macron, ce dont rêvent les Gilets Jaunes, ce n'est pas de sang et de larmes mais bien de bonheur et de fraternité.

Alors si un boxeur et un transpalette ont pu faire trembler ce pouvoir mortifère et nauséabond, soyons des milliers de boxeurs et de transpalettes lors de l'acte 9 de samedi prochain.


Paris : pour un acte 8 massif

C'est désormais une certitude : le mouvement des Gilets Jaunes n'a pas été stoppé par les vacances, noël et le jour de l'an. N'en déplaise au pouvoir, les GJ n'ont pas voulu être les dindons de la grande farce du gouvernement. Et ils redescendrons dans la rue dès samedi.

L'un des enjeux de cet Acte 8 sera de réussir la mobilisation parisienne. Nous savons que Paris n'est pas la France. Que le mouvement est né dans les territoires ruraux et que c'est encore là qu'il y trouve sa vitalité (en témoigne la force du mouvement des GJ de Commercy).

Mais nous savons aussi que les rdv du samedi dans les grandes villes de France constituent des temps forts et structurants. Notamment dans une logique de rapport de force avec un gouvernement de plus en plus prompt à répondre par le mépris et la matraque.

A cet égard, ce qui se passe à Paris joue un rôle important dans ce rapport de force. C'est dans la capitale que se concentrent les lieux de pouvoirs et la plupart des attentions politiques et médiatiques.

Ce n'est pas un hasard si le moment où le pouvoir a semblé le plus fragilisé, où certains ont évoqué une démission du ministre de l'intérieur et/ou du premier ministre, voir même une dissolution de l'assemblée, ce moment correspond aux jours suivants les actes 2, 3 et 4, ceux qui furent les plus importants en terme de nombre de GJ présents dans Paris mais aussi d'intensité.

Le pouvoir a, depuis, tout fait pour invisibiliser les rassemblements parisiens : des milliers de GAV avant même de pouvoir arriver en manif, des interdictions de porter des gilets jaunes ou encore l'usage excessif et systématique de lacrymo et de charges de CRS. Très vite, les GJ parisiens ont tenté de répliquer avec une stratégie de dispersion dans tout Paris, et de rassemblement par petits groupes. Si cela a permis quelques jolis coups et a surpris les forces de l'ordre, nous devons également constater que cela a en partie invisibilisé leur présence.

Les GJ parisiens semblent l'avoir compris. Pour samedi, un rdv unique devrait être donné au dernier moment. Nous pensons que c'est la meilleure des solutions. Quelques pistes supplémentaires pour réussir ce nouveau test :
- Rester dans une même zone mais de façon très mobile.
- Ne pas donner un lieu de rdv qui pourrait faire l'objet d'une nasse trop facile.
- Donner une heure assez précise de rassemblement pour être les plus nombreux possible dès le début.
- Assumer de porter le Gilet Jaune dès qu'on est arrivé sur le lieu du rassemblement.
- Filmer toute demande des forces de l'ordre de retirer ses gilets. Et les diffuser massivement

Enfin, et surtout, nous appelons tous les GJ mobilisés depuis le début à considérer cet acte 8 comme essentiel et tout faire pour y participer sur Paris. A en parler à ses amis, à sa famille. Essayer de convaincre certains hésitants à franchir le pas et à nous rejoindre. En gros, à massifier encore plus le mouvement.

Il nous appartient de questionner les personnes présentes sur Paris lors des actes 2, 3 et 4 et n'ayant pas rejoint la capitale sur les actes suivant. Comprendre les raisons (forcément légitimes) de cette absence nous permettra peut être de renouer avec des actes parisiens puissants et imposants.

Nous savons à quel point il est contraignant de "sacrifier" tout son samedi, notamment pour ceux présent depuis un mois et demi. Nous savons à quel point il est difficile (et couteux) de se rendre à Paris pour ceux vivant en banlieue (et encore plus en régions).

Mais cet Acte 8 va être structurant pour la suite du mouvement. La vie est souvent affaire de symbole. Et nous ne pouvons nous permettre que le premier rdv de 2019 puisse être en demi teinte et donner au pouvoir l'occasion d'en faire un symbole de la fin du mouvement. Au contraire, nous devons utiliser ce premier rdv de l'année comme le symbole d'une lutte qui n'est qu'à son début et de Gilets Jaunes plus que jamais mobilisés et déterminés.


Appel aux Gilets Jaunes : Ne soyez plus "une classe bien sage" !

Même si nous sommes beaucoup à ne pas être tombé dans le panneau du discours officiel de démobilisation des GJ, nous devons nous interroger sur les suites du mouvement. Quoi de plus normal puisque les premiers manifestants sont entrés en action il y a un mois maintenant !

Un mois de lutte. Un mois de surprise. Un mois de déconstruction des clichés sur les luttes sociales, sur le peuple, sur l'opposition entre ruralité et banlieue....

Un mois de souffrance aussi : avec des décès, des blessés, des arrestations, des humiliations.

Mais un mois de victoires surtout. Des victoires comme rarement le peuple français n'en avait obtenu ces dernières décennies. Car oui, le pouvoir politique, économique et médiatique a tremblé et a vacillé.

S'il tient encore en place, c'est parce que ce pouvoir a tout mis en œuvre pour casser la lutte, au prix d'un renoncement inédit aux principes fondateurs de ce pays : liberté (d'expression, de manifestation), égalité (de traitement face à la police et la justice), fraternité (dans la douleur, dans les blessures, dans les deuils). Les GJ sont devenus un ennemi d'état. Pas un mot sur le bilan dramatique de morts et de blessés par le gouvernement ou le pouvoir économique et financier.

Mais si le pouvoir tient encore, c'est aussi parce qu'il a réussi à "recadrer" une partie du mouvement qui était en train de "déborder".

Car si l'on dresse le bilan des principales victoires des différentes mobilisations, elles se manifestent presque toujours pas des actions de rébellions et d'oppositions aux règles imposées par le pouvoir :
- Acte 1 : les GJ bloquent des routes, péages et autres accès sans aucune autorisation préfectorale (et cela dure jusqu'à aujourd'hui)
- Acte 2 : la préfecture autorise un rassemblement parisien mais seulement sur le Champs de Mars. Les GJ décident de ne pas s'en préoccuper et d'envahir les Champs Elysées. Ils dressent des immenses barricades et allument des feux.
- Acte 3 : la préfecture autorise l'accès aux Champs Elysées mais à condition d'être fouillé. Les GJ s'y refusent et forcent les accès.
- Acte 4 : tout le quartier autour des Champs est cadenassé par les forces de l'ordre. Mais les GJ débordent de partout, et pas seulement dans ce quartier.

A tout cela s'ajoutent les blocages de raffinerie, d’entrepôt, les fermetures de magasins, les radars mis HS...

Tous ces actes sont clairement punis par la loi.

Mais pour la première fois depuis très longtemps, une partie importante du peuple a décidé de juger les actions non pas selon la légalité mais selon la légitimité.

Bloquer une route, faire une barricade, fermer un magasin peut être illégal mais légitime. Et même juste. Alors qu'inversement, de nombreuses actions légales (et violentes) de l'état ou du pouvoir économique paraissent désormais profondément illégitimes et immorales.

La force de la mobilisation et la détermination des GJ a d’ailleurs permis de dévoiler au plus grand nombre le visage autoritaire et très peu démocratique du pouvoir. C'est là aussi la force de cette révolte : obliger le gouvernement et les autorités à jouer carte sur table et à montrer jusqu'où ils sont prêts à aller en terme d'entorse aux Droits de l'Homme : arrestations arbitraires (pour avoir un gilet jaune ou un masque pour se protéger), GAV prolongées, violences et intimidations, humiliations de mineurs... Si, lors des révoltes arabes nous nous "surprenions" à découvrir le visage terrifiant et autoritaire d'un Ben Ali ou d'un Hosni Moubarak, les mécanismes de la séquence actuelle tiennent des mêmes ressorts.

Face à ce constat, nous pensons donc crucial d'amplifier cette prise de conscience et ce courage politique. Loin de prôner la violence en tant que telle (notamment physique), nous pensons en revanche que pour lutter contre un système qui dispose des forces économiques, policières et judiciaires pour se maintenir en place, il devient nécessaire d'agir avec indiscipline et moralité.

Les plus belles choses surgissent souvent de façon inattendue et chaotique. Les tenants du pouvoir le savent. C'est pour cela qu'ils s'acharnent avec tant de fougue et de violence à recadrer et discipliner le mouvement des Gilets Jaunes.

Car le pouvoir peut accepter un peuple en colère mais discipliné. Mais il ne peut survivre à un peuple en colère et indiscipliné.


Acte 5 : victoire du pouvoir, défaite de la démocratie

Ils auront donc réussi à avoir leur image tant espérée : des Champs Élysées presque vide de Gilets Jaunes. Des rues de Paris plutôt calmes et sous contrôle. Le gouvernement et les médias vont pouvoir annoncer la fin du mouvement, lassé par les violences et/ou convaincu des mesures de Macron.

Sauf qu'à y regarder de plus près (exercice que les médias semblent avoir abandonné depuis longtemps), la situation semble bien plus complexe.

Oui, le pouvoir a réussi son coup.
Mais non, ce n'est pas une défaite des Gilets Jaunes.
En revanche, il s'agit d'une défaite très violente, par KO, sur la démocratie et sur le droit de manifester et la liberté d'expression.

En ce samedi 15 décembre, sous une pluie glaciale, la ratp décide de fermer 56 stations de métro. Tous les axes menant aux Champs Elysées sont totalement bloqués par des grilles et des fourgons de CRS. Des fouilles ont lieu dans toutes les gares et principaux péages menant à Paris.Certains bus de GJ sont même bloqués plusieurs heures. Pour arriver vers les Champs, il faut donc marcher plus d'une heure.

Les rassemblements annoncés par différents collectifs à Gare du Nord, à Opéra ou encore à République sont systématiquement nassés, pendant plusieurs heures. Impossible pour les manifestants de ressortir pour rejoindre d'autres Gilets Jaunes.

Forcément, aux alentours des Champs, la foule est beaucoup moins nombreuse que les samedi précédents. Et ceux qui réussissent à arriver sur l'avenue n'auront pas un meilleur sort que les milliers de GJ nassés ailleurs : les CRS ont en effet décidé de disloquer en permanence la mobilisation pour éviter qu'un groupe trop important de Gilets Jaunes se forme. On aperçoit alors plusieurs unités de CRS foncer dans la foule et séparer les GJ par petits groupes.

Lassés par cette stratégie agressive empêchant toute dynamique de groupe, les manifestants désirant sortir des Champs doivent alors passer par de nouvelles fouilles ! Et là, pour quitter l'avenue, il faut abandonner tout matériel de protection (lunette, masque) mais aussi son Gilet Jaune (cf photo). Preuve que les consignes dépassent de très loin celle du maintien de l'ordre .

Autre exemple frappant : vers 16h, un millier de manifestants arrive à former un petit cortège aux abords de la rue de Rivoli. La Fanfare Invisible est présente. L'ambiance est très festive et totalement pacifique. La Fanfare commence à lancer des chants repris par plusieurs centaines de Gilets Jaunes. Tout le monde danse, sans se soucier des forces de l'ordre. Quelques minutes plus tard, alors qu'aucun manifestant n'avait jeté le moindre projectile, les CRS inondent le ciel et les rues de gaz lacrymogène. Là encore, il ne s'agissait plus de maintenir l'ordre mais bien de disperser tous les Gilets Jaunes et d’empêcher les images d'une foule nombreuse, motivée et pacifique.

[ Mise à jour - une vidéo du gazage : https://www.facebook.com/parallelidea/videos/2242364639334114/ ]

Le gouvernement va donc pouvoir de nouveau bomber le torse et mépriser le mouvement social. Les médias vont se contenter d'avoir vu les Champs à moitié vides et aucune voiture brulée pour en déduire que le mouvement s'essouffle.

Mais les très fortes mobilisations dans de nombreuses villes en région montrent que c'est tout le contraire. Et le cas parisien offre une vision déformée par la stratégie ultra agressive du pouvoir qui a transformé Paris en nasses géantes et empêché tout rassemblement.

Mais que Macron et son monde ne se réjouissent pas trop vite. Les Gilets Jaunes sont loin d'avoir baissé les bras. Il va falloir être ingénieux et déterminés pour réussir à contourner la machine à casser les manifs mise en place jours après jours par Castaner.

Et que le reste de la société (médias, syndicats, partis ou simplement citoyens) s'inquiètent de la dérive clairement autoritaire de ce gouvernement. Ce qui se passe actuellement préfigure une nouvelle approche du maintien de l'ordre qui assume restreindre les libertés des opposants politiques sur l'autel de la sécurité. Accepter cette situation pour avoir (enfin) la paix sociale et économique serait une erreur historique, et pas que pour les Gilets Jaunes.


Acte 3. Plus loin dans la révolte. Plus loin dans les mensonges.

Nous n’allons pas vous proposer un compte rendu de ce nouvel acte qui s’est joué le 1er décembre un peu partout en France. Les réseaux sociaux autant que les médias “traditionnels” ont largement couvert et analysé l’événement. Mais ce traitement interroge et nous pousse à poser quelques contradictions circulant ces dernières heures.
  1. CASSEURS VS GILETS JAUNES ?
    On commence à être habitué à cette dialectique du gouvernement, de la préfecture et des médias. Mais aujourd’hui, cela en devient ridicule tellement cette position ne tient pas. Ridicule mais aussi dangereux.Le pouvoir parlait de quelques centaines de casseurs présents sur Paris. Dans ce cas là, comment expliquer qu’un dispositif policier largement plus important que lors du 1er mai, de plus de 5000 policiers, ai pu être à ce point dépassé ? La réalité, c’est qu’il y avait bien bien plus que les 5 500 “manifestants” annoncés par la préfecture (et docilement relayés par les médias). Que des dizaines de rues, voir de quartiers de Paris, on été envahi de gilets jaunes. Des dizaines de milliers de manifestants. Et parmi eux, des façon d’exprimer leur colère très diverses. Mais bien plus que quelques centaines se sont prêtés à des pratiques violentes de manifestation : de la construction de barricade au jet de pierre à la casse de vitrine en passant par l’allumage de feux. Tous n’ont pas été d’accord avec toutes les pratiques et chacun y a mis ses limites et ses lignes rouges à ne pas franchir. Évidemment que la très grande majorité auraient condamné les feux allumés dans des immeubles. Mais bien moins de gilets jaunes présents condamneront les barricades et les feux sur les routes.

    Surtout : nous ne pouvons pas laisser le pouvoir et les médias continuer d’opérer une scission entre “casseurs” et “gilets jaunes”. Si l’émeute parisienne du 1er décembre n’avait été le fait que des “professionnels du désordre” (dixit Castaner), jamais les forces de l’ordre n’auraient pu être autant mis en échec. Qu’on se le dise : samedi, des milliers de Gilets Jaunes se sont opposés aux forces de l’ordre : refusant d’être parqué, refusant d’être fouillé, refusant de se laisser gazer. De nombreuses vidéos et photos le prouvent. Nous vous invitons d’ailleurs à enrichir cet article en postant en commentaires des images de cette journée.

    L’avenir du mouvement se joue en partie dans la façon dont les gilets jaunes réussiront à sortir du piège du gouvernement et de la préfecture. Nous espérons qu’un maximum de monde prendra ses responsabilités et assumera que cette violence n’est rien face aux blessures et aux décès qu’engendre la précarité et ce système. Qu’il n’est plus possible de pleurer une voiture ou une vitrine et de laisser des retraités, chômeurs, immigrés crever de faim et de froid. Qu’il serait génial de pouvoir réaliser une révolution sociale sans avoir à opérer la moindre violence mais que face à un pouvoir hautain et autiste, le rapport de force se doit d’être également physique.

  2. PARIS VS RÉGION ?
    L’autre refrain largement chanté ces dernières heures serait que l’émeute parisienne ne refléterait en rien le mouvement national et la réalité des gilets jaunes en région, notamment dans les territoires ruraux.Là encore, l’objectif est de diviser (pour mieux régner). Mais l’affirmation ne tient pas et on se demande comment les médias arrivent, dans la même journée, à faire des reportages sur ces gilets jaunes remplissant des cars de toute la France, se levant à 3h du matin pour arriver à Paris et prendre part à la manif. A nous faire des portraits de personnes allant manifester pour la première fois de leur vie, et certains découvrant Paris pour l’occasion. Puis, dans la foulée, nous sortir qu’il s’agit d’un épiphénomène parisien et déconnecté du monde rural et du reste du mouvement.

    Sans oublier qu’en ce 1er décembre, de nombreux gilets jaunes un peu partout en France ont également opté pour des opérations bien plus violentes que précédemment : aéroports bloqués, voitures incendiées, préfectures envahies et même incendiées... De Marseille à Nantes en passant par Charleville Mezière, Tours ou Puy-en-Velay , le mouvement s’est durci. Et reflète le niveau d’épuisement et de colère de toute une partie de la population.

  3. ACTE 4, ÉPILOGUE ?
    La prochaine séquence (qui a déjà commencé) va être encore plus incertaine que les précédentes. Le pouvoir va monter d’un cran dans la peur et la menace, et tenter de diviser de partout les gilets jaunes. Impossible de savoir à quoi ressemblera l’acte 4 du 8 décembre. Mais il nous appartient d’imprimer notre propre calendrier, nos propres modalités d’actions et de revendications.Qu’ils instaurent l’état d’urgence, qu’ils interdisent les rassemblements, qu’ils criminalisent le mouvement... La force des gilets jaunes, jusqu’à présent, a été de refuser le jeu très codé et normé d’un mouvement avec des interlocuteurs, avec des lieux de rassemblement déclarés, avec un parcours, avec un service d’ordre.

    Cette révolte décentralisée, sans tête, comporte son lot de dérives et d’incohérences politiques. Mais c’est aussi sa force et ce qui la rend aussi incontrôlable par les forces de police et par le pouvoir.

    Que le mouvement garde son ADN initial. Que les forces progressistes et sociales continuent de s’y greffer s’en tenter de les contrôler. Et que chacun prenne position et prenne ses responsabilité lorsque l’acte 4 arrivera. Il sera alors temps d’envisager un acte 5.


Sur les champs des gilets

Le mouvement des gilets jaunes divise au sein des forces progressistes et révolutionnaires. La journée du 17 novembre aura conforté celles et ceux qui y voient un mouvement régressif et quasi contre révolutionnaire, avec de multiples actes racistes, sexistes et homophobes.

Elle aura aussi conforté celles et ceux qui, au sein de la gauche radicale, y voit une chance de convaincre de nouvelles personnes de la nécessité de mettre nos forces en commun pour renverser un pouvoir qui ne sert que ses intérêts et celui des plus riches.

Face à ce constat et cette division des forces anti-racistes et anticapitalistes, je ne voyais qu'une solution pour le rassemblement du 24 novembre : aller sur place pour se faire ma propre opinion et, peut-être, apporter mon soutien au mouvement. Rejoignant un appel et réflexions lancés par certains autonomes (Génération Ingouvernable, Nantes Révoltés, Rouen dans la Rue, Cerveaux Non Disponibles), j'ai donc décidé de rejoindre les gilets jaunes sur les Champs Élysées. Et je ne regrette pas ce choix tant la journée fut riche et constructive pour la suite.

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J'avais donc fait le choix de ne pas écouter la préfecture et d'aller à la Concorde, lieu initial du rassemblement. Très vite, je me suis rendu compte que beaucoup, beaucoup de personnes avaient pris la même décision, malgré l'interdiction.

Il est totalement impossible de compter le nombre de gilets jaunes présents à Paris ce 24 novembre. Des groupes de plusieurs centaines de personnes se constituaient et déambulaient tout autour des champs, allant jusqu'à Madeleine, Hausman voir même St Lazare. Mais les chiffres de la préfecture (et des médias) ont largement sous estimé la réalité. Par moment, de véritables marées jaunes se constituaient (et pas que sur les champs).

Si les CRS bloquaient les principaux axes d'entrée sur les Champs, ils ne pouvaient empêcher les gilets jaunes d'accéder à "la plus belle avenue du monde" par d'autres petites rues. Résultat : malgré les très nombreuses charges, canon à eau et centaine de gaz lacrymo, les Champs sont devenus le terrain d'occupation de milliers de manifestants. Parfois coupés entre eux par des CRS. Au point que par moment, ce sont les CRS qui se retrouvaient "nassés". Des énormes barricades se montent. Des feus prennent de partout. Tout cela dans une ambiance assez "festive" et "déterminée".

Contrairement à ce que certains médias ont affirmé ce samedi, ce rassemblement n'a pas du tout été orchestré ou pris en main par l’extrême droite. Pas plus qu'il n'a été pris en otage par des autonomes / anarchistes.

Durant toute la journée, j'ai été très attentif à cette menace fasciste. Si je ne peux pas prétendre avoir été partout à tout moment de la journée, je peux tout de même témoigner n'avoir assisté à aucun dérapage raciste/sexiste/homophobe. J'ai bien vu quelques drapeaux français et quelques dizaines de royalistes ou autres militants clairement marqués à droite. Mais ces individus, voire ces petits groupes, n'ont en aucun cas été meneurs du mouvement. Ils étaient présents, très minoritaires.

Plusieurs Marseillaises ont été chantées, par des milliers de personnes, y compris ceux qui étaient en train de monter les barricades, allumer les feux ou affronter les CRS. Clairement, ces Marseillaises étaient plus proches de celle entendues cet été pendant la coupe du monde que de celles chantées aux meetings du Front National.

L'une des choses les plus frappantes aura été la solidarité totale des gilets jaunes entre eux. Solidarité face aux attaques policières. Mais solidarité aussi dans les pratiques de luttes. Si tous n'ont pas monté de barricades ou allumé de feux, personne ne s'y est opposé, bien au contraire. Il est assez étonnant d'avoir passé plus de dix heures dans le quartier des Champs Elysées, sans avoir entendu une seule remarque critiquant les méthodes des gilets jaunes les plus offensifs.

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Les médias et le gouvernement tenteront sûrement d'expliquer que les "débordement des champs" ont été le fait de 200 ou 300 casseurs. Tous ceux présents ce samedi 24 novembre aux Champs peuvent affirmer le contraire. Il n'y avait pas 300 casseurs d'un côté et 10 000 gilets jaunes de l'autre. Il y avait 20 000 ou 30 000 gilets jaunes déterminés et laissant chacun exprimer sa colère selon ses préférences. Surtout, au fur et à mesure de la journée, les gilets jaunes semblaient de plus en plus convaincus de la nécessité de ce type de pratique pour arriver à devenir une force face à un pouvoir muet et déconnecté des réalités des personnes présentes.

Ce qui frappe le plus dans cette journée, c'est la force inouïe de ce mouvement. Jamais nous ne pensions qu'il serait possible d'occuper les Champs Élysées malgré l'interdiction de la préfecture et les CRS présents en masse. Jamais nous ne pensions que des barricades aussi immenses pourraient tenir des heures durant. Rarement nous n'avions senti les forces de l'ordre en telle difficulté. Et tout cela grâce à un mouvement sans aucun organe de direction, totalement décentralisé. Il est vraiment étonnant de voir comment une foule totalement autonome, sans syndicat, sans parti politique, sans association, a pu triompher dans ses stratégies de contournement, de blocage et d'occupation.

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Cette journée sur le terrain avec les gilets jaunes me conforte dans l'idée que la construction de l'image du mouvement faite par les médias est caricaturale et mensongère.

Ce mouvement est composé de personnes aux profils, convictions et méthodes très diverses. L'unique point commun pourrait être celui du "ras le bol". Mais on distingue aussi ce rejet d'un pouvoir des riches pour les riches, par les riches. Cela ne fait pas des gilets jaunes un mouvement de gauche, ni un mouvement anti-capitaliste. Mais de nombreux gilets jaunes ont en eux ce dégout pour l'injustice sociale.

Au sein des groupes autonomes et de la gauche radicale, nous sommes de plus en plus à penser qu'il est de notre devoir de continuer à être dans cette lutte, sans tenter de l'instrumentaliser ni de la récupérer. Mais d'essayer de convaincre les gilets jaunes que le combat contre l'injustice sociale ne peut se faire que de façon globale et radicale.


Calm over the horizon

Many years ago, I worked for my parents who own a video production company. Because it is a family business, you inevitably end up wearing many hats and being the czar of many different jobs. I mainly managed projects and worked as a video editor. On production, there were times that I was called on to work as an audio tech and was made to wear headphones on long production days. In those days, having a really good set of headphones that picked up every nuance of sound was essential to making sure the client got what they needed.

First impressions.

Naturally, my first impression of these headphones is based off of the look of them. They have a classic over-the-ear style that is highlighted by a blue LED light that indicates the power for the noise canceling. The padding on the ear pieces seems adequate for extended usage periods.

They are wired headphones, but the 3.5mm stereo mini-plug cable is detachable. Something else I noticed right of the bat was the very nice carrying case that comes with them. It has a hard plastic exterior with a soft cloth interior that helps to protect the surface of the headphones from scratches. I never truly appreciated cases for headphones until I started carrying them from place-to-place. Now I can’t imagine not having a case.

A perfect fit.

Once I gave the headphones a thorough once-over exam, I tried them on. As I mentioned, they have a classic over-the-ear style and just looking at them, the padding on the ear pieces seem adequate and the peak of the headband seemed to be a bit lacking, but you don’t really know comfort unless you try on the product. So, I slipped the headphones on and found them to be exquisitely comfortable.

Quality.

Now that I had the headphones on my head, I was finally ready to plug and play some music. I plugged the provided cable into the jack on the headphones and then the one on my iPhone 6. Then I called up Pandora. I tend to have a very eclectic music purview and have many stations set up for different moods. From John Williams to Fallout Boy, the sound quality of these headphones was remarkable. There is an amazing depth of sound and incredible highs and lows that make listening to music a truly breathtaking experience.

It’s safe to say that because of my unique professional experiences, I’ve tested out a lot of headphones.

In order to test how voices sounded, and the overall art of sound mixing, I pulled up Netflix on my iPad Air 2 and watched a few minutes of a movie to hear all the nuances of the film. None of them were lost. In fact, I ended up hearing sounds that I hadn’t heard before. Echoes…birds chirping…wind blowing through trees…breathing of the characters…it was very impressive what the headphones ended up bringing out for me.

I would highly recommend these to any sound mixing specialist.


I was recently quoted as saying, I don’t care if Instagram has more users than Twitter. If you read the article you’ll note there’s a big “if” before my not giving of said thing.
Of course, I am trivializing what Instagram is to many people. It’s a beautifully executed app that enables the creation and enjoyment of art, as well as human connection, which is often a good thing. But my rant had very little to do with it (or with Twitter). My rant was the result of increasing frustration with the one-dimensionality that those who report on, invest in, and build consumer Internet services talk about success.
Numbers are important. Number of users is important. So are lots of other things. Different services create value in different ways. Trust your gut as much (or more) than the numbers. Figure out what matters and build something good.